Une société civile forte et des médias indépendants constituent un pare-feu contre la désinformation

Le 12 juin, le CESE a lancé sa première manifestation consacrée à la lutte contre la désinformation, donnant ainsi le coup d’envoi d’une campagne de sensibilisation dans la perspective des élections au Parlement européen de 2024. Cette manifestation, qui a réuni des personnalités de premier plan de la société civile, des médias et des organisations de jeunesse, a mis en évidence la nécessité d’adopter une approche plus ascendante, fondée sur un réseau de la société civile solide pour lutter contre la désinformation sur le terrain. Toutefois, la sensibilisation politique et un cadre législatif robuste ainsi que des médias indépendants sont également essentiels dans la lutte contre la pénétration des fausses informations.

Intitulée «Les citoyens peuvent vaincre la désinformation», la première d’une série de manifestations organisées par la section «Relations extérieures» (REX) du CESE en collaboration avec le Conseil économique et social bulgare, a eu lieu à Sofia le 12 juin 2023.

Le lancement de la campagne de sensibilisation contre la désinformation a été intentionnellement organisé à Sofia, étant donné que, selon une enquête Eurobaromètre, plus de la moitié des Bulgares (55 %) pensent qu’ils sont souvent victimes de désinformation et de fausses informations. Cela signifie que la Bulgarie figure en tête de la liste des États membres de l’UE dans lesquels les citoyens se sentent les plus exposés à la désinformation.

La montée de la désinformation est une tendance particulièrement préoccupante dans la perspective des prochaines élections au Parlement européen. Oliver Röpke, président du Comité économique et social européen, a souligné que: La désinformation, à laquelle vient désormais s’ajouter la propagande de guerre, est utilisée pour brouiller la réalité et semer la discorde, ce qui rend impossible tout débat objectif. Je suis très conscient des grands défis à venir. L’année prochaine aura lieu le plus important événement démocratique en Europe. Un moment aussi charnière dans notre vie démocratique doit être soigneusement préparé, afin que chacun ait la possibilité d’être entendu. Les citoyens européens ont le droit de faire leur choix sur la base d’informations factuelles, et je pense que nous devons tous contribuer à une campagne dans laquelle la désinformation et l’ingérence étrangère n’ont pas de place.

L’orateur principal Kiril Valchev, directeur général de l’Agence de presse bulgare (BTA), a souligné que la désinformation ne devrait pas être combattue par la censure mais plutôt au moyen d’un renfort d’informations. Les sanctions et les mesures pourraient fonctionner pendant un certain temps. Nous devrions permettre la libre circulation des informations et les rendre accessibles au public. Il a également plaidé en faveur d’un journalisme «authentique» responsable et de qualité en lieu et place des influenceurs, et fait remarquer que les sources jouent un rôle important dans la lutte contre la désinformation.

Un effort conjoint des organisations de la société civile, du gouvernement et des médias indépendants est nécessaire pour mettre en place un pare-feu contre la manipulation de l’information, qui ne cesse de gagner du terrain et est utilisée comme une arme d’ingérence étrangère.

Comme l’a expliqué Alice Stollmeyer, fondatrice et directrice exécutive de Defend Democracy: Les sociétés civiles ne peuvent, seules, vaincre la désinformation. En revanche, elles peuvent organiser et mettre en œuvre conjointement des actions incitant les grandes entreprises technologiques qui possèdent des plateformes de médias sociaux à assumer davantage leur responsabilité. Dans le même temps, elles devraient demander au gouvernement d’adopter davantage de réglementations et de renforcer le cadre législatif de ces plateformes.

Évoquant le point de vue des jeunes, Miroslav Tsekov, président du Forum national de la jeunesse de Bulgarie, a mis l’accent sur le rôle de l’éducation et de la pensée critique. Les jeunes devraient être au centre des préoccupations car ils ont besoin des compétences et des connaissances nécessaires pour traiter ce volume important d’informations. Il convient de réformer le paradigme général des systèmes d’enseignement en Bulgarie et dans les pays de l’Est, où l’approche critique fait défaut.

La discussion a également mis en évidence le rôle essentiel des médias indépendants dans la lutte contre la désinformation.

Le journaliste russe indépendant Tikhon Dzyadko, rédacteur en chef de Dozhd TV (TV Pluie), a expliqué qu’il travaillait d’arrache-pied pour fournir des informations factuelles et fondées sur des éléments probants aux citoyens russes dans le cadre de la lutte contre la propagande russe. Le gouvernement russe ne veut pas que les gens sachent la vérité. Bien que la chaîne ait été fermée par les autorités de la Fédération de Russie et ait dû se relocaliser en Europe, elle conserve encore 13 millions de téléspectateurs en Russie.

En guise de conclusion, Zornitsa Roussinova, présidente du Conseil économique et social bulgare, a souligné une fois de plus l’importance de démontrer amplement le danger des fausses informations, étant donné qu’elles affectent la vie quotidienne des citoyens. Des campagnes de sensibilisation contre la désinformation devraient être organisées dans tous les États membres de l’UE.

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Strong civil society and independent media are the firewall against disinformation