« Pas seulement vert ou numérique: l’avenir de l’Europe doit aussi être plus démocratique», tel est le message qui se dégage des Journées de la société civile

La reconstruction d’après la pandémie doit être l’occasion de réédifier l’Europe sur une nouvelle base de participation démocratique. Ce serait une énorme erreur si le sort et l’avenir d’un si grand nombre devaient être décidés par si peu de personnes, ont entendu les Journées de la société civile 2021 du CESE.

Les Journées de la société civile du CESE ont pris fin aujourd’hui après cinq jours de débats interactifs en ligne auxquels ont participé plus de 1 400 personnes, avec des spectateurs connectés depuis des régions aussi lointaines que l’Afrique, l’Asie et l’Amérique du Nord et du Sud.

Les intervenants ont quand même dégagé un aspect positif de la pandémie, car même si elle a imposé le report de la conférence sur l’avenir de l’Europe, elle a par ailleurs mis en lumière le rôle des organisations de la société civile en tant qu’alliées de taille des gouvernements qui luttent pour faire face à une crise profonde. Selon eux, ne s’agit-il pas là de la meilleure preuve que la société civile mérite un siège à la table qui décidera de l’avenir de l’Europe?

«Je me réjouis que la Commission attache une telle importance à la participation des citoyens à la conférence sur l’avenir de l’Europe», a déclaré Christa Schweng, présidente du CESE. «La conférence est une excellente occasion de nouer des liens avec les citoyens et ceux qui sont actifs au sein des organisations de la société civile», a-t-elle poursuivi. «Vous pouvez compter sur le Comité pour apporter une contribution substantielle aux débats en associant les travailleurs, les employeurs et la société civile organisée, et en tant que multiplicateurs et ambassadeurs qui suscitent le débat dans les organisations de nos membres».

Reflétant le rôle moteur joué par les organisations de jeunes dans les ateliers, Brikena Xhomaqi, coprésidente du groupe de liaison qui a coorganisé la manifestation, a clôturé les travaux en déclarant: «J’invite chacun à faire de la solidarité intergénérationnelle notre cheval de bataille pour une relance durable pour l’avenir de l’Europe.»

Les conclusions des huit ateliers organisés au cours des quatre derniers jours ont tracé la voie d’un avenir meilleur pour les citoyens européens, fruit de la variété et de la richesse des organisations de la société civile représentées lors de la conférence.

Les conclusions clés soulignent, entre autres, la nécessité:

  • de renforcer les organisations intermédiaires (organisations de la société civile, partis, syndicats, etc.) afin de créer des synergies positives entre le public et les gouvernements, de stimuler l’éducation civique et numérique afin d’encourager la participation du public et de créer des assemblées décisionnelles de citoyens pour renforcer la démocratie;
  • de sensibiliser à l’économie sociale en tant que modèle économique viable pour une reprise durable qui voie plus loin que le profit et qui contribue à lutter contre les inégalités et le changement climatique. Des fonds spécifiques doivent être prévus dans le plan de relance et Next Generation EU pour les investissements nationaux dans ce secteur;
  • d’investir dans la culture et l’éducation en tant qu’atouts essentiels pour bâtir un avenir plus résilient et plus durable pour l’Europe, avec des fonds spécifiques alloués dans le cadre des plans nationaux pour la reprise et la résilience. Il ne suffit pas d’investir dans les infrastructures matérielles: ce sont les individus qu’il faut placer au cœur de la relance;
  • de mieux étudier la possibilité de mettre en place des systèmes universels de revenu de base et de garantie de l’emploi en tant que solution viable au bénéfice des personnes et de la planète. La question doit être dépolitisée et des études de cas doivent être réalisées dans différents États membres;
  • de donner aux jeunes la possibilité de participer de manière utile et de poursuivre ces efforts dans toute l’Europe, et de faire entendre leur voix non seulement sur des questions spécifiques à la jeunesse, mais aussi en ce qui concerne toute une gamme de domaines d’action différents. Les possibilités de financement dans le cadre des nouveaux plans de l’UE devraient également être accessibles aux organisations menées par des jeunes;
  • de veiller à ce que le pacte vert pour l’Europe contribue plus efficacement à éradiquer la pauvreté, l’injustice et les inégalités entre les hommes et les femmes;
  • d’accélérer la rénovation des bâtiments en Europe en sensibilisant aux défis et aux possibilités qu’elle présente et en mobilisant des groupes clés de la société civile, tels que des représentants des propriétaires de bâtiments et des architectes, afin d’atteindre les objectifs de la vague de rénovations en Europe;
  • d’associer étroitement les organisations de la société civile à la mise en œuvre des plans nationaux de relance, en inversant la tendance établie lors de la phase préparatoire où leur participation était limitée. La valeur du volontariat doit être comprise par les décideurs politiques non seulement en termes de rendement des heures investies, mais aussi comme une expression des valeurs européennes et un exemple pour les autres de changement en faveur de la société européenne que nous voulons, fondée sur la solidarité, l’inclusion et les principes démocratiques.

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