Le CESE sera un partenaire actif et engagé de la présidence allemande du Conseil de l’UE

This page is also available in

Lors d’un échange de vues sur les priorités de la présidence allemande avec Peter Altmaier, le ministre fédéral allemand de l’économie et de l’énergie, le CESE s’est félicité des objectifs très ambitieux fixés et s’est dit prêt à mettre ses forces à contribution

Le Comité économique et social européen (CESE) appuiera pleinement les efforts de la présidence allemande du Conseil de l’UE pour mener l’Europe sur la voie de la reprise après la crise de la COVID-19, dont les effets ont été dévastateurs, et il contribuera à bâtir une meilleure Union, plus résiliente et responsable devant ses citoyens.

Les priorités de la présidence allemande, la treizième depuis la signature des traités de Rome et probablement la plus difficile à ce jour, ont été présentées par Peter Altmaier, ministre fédéral allemand de l’économie et de l’énergie, lequel s’est adressé à l’assemblée plénière du CESE par liaison vidéo.

Luca Jahier, président du CESE, a accueilli chaleureusement M. Altmaier, déclarant que dans cette crise sans précédent, alors que tous les regards sont tournés vers la présidence allemande, mais aussi vers l’Union européenne, l’on peut compter sur le CESE pour être un partenaire actif et engagé.

Les enjeux ne pourraient être plus grands, mais tels sont également les espoirs que la présidence allemande dégagera un consensus sur la gestion de la pandémie et de ses conséquences, tout en rendant l’Europe plus résiliente et parée pour l’avenir. Vous pouvez compter sur nous: le CESE fournira sa part d’efforts, conformément à la devise de la présidence allemande, «Tous ensemble pour relancer l’Europe», qui résume la vision d’une Union européenne agissant dans l’intérêt de ses citoyens, a déclaré M. Jahier.

Succédant à la Croatie à la tête du Conseil de l’UE le 1er juillet dernier, l’Allemagne a dévoilé un programme directement axé sur la lutte contre la pandémie de COVID-19 et sur la conception de la relance économique et sociale de l’Union.

Le ministre allemand s’est adressé à l’assemblée plénière par ces mots: «Nous sommes tous conscients que nous ne pouvons lutter efficacement contre cette pandémie qu’en travaillant de concert. Nous ne pouvons espérer y parvenir que si l’Union et ses États membres restent unis, si nous faisons preuve de solidarité envers les plus faibles et si nous refusons de céder à la division. C’est pour cette raison que la gestion de cette crise constitue notre priorité absolue. Nous voulons garantir l’existence d’une réelle solidarité pour nos citoyens, qu’ils puissent eux-mêmes la voir et la ressentir.»

L’adoption rapide d’un cadre financier pluriannuel révisé et ambitieux et du plan de relance «Next Generation EU», proposé par la Commission pour faire face aux conséquences sociales et économiques de la pandémie, constituerait un premier pas dans cette direction. Selon M. Altmaier, cela montrerait que l’objectif est d’apporter une aide dans les plus brefs délais et d’endiguer la plus grave crise qu’aient subie nos économies de notre temps.

M. Jahier a souligné que le CESE fonde de grands espoirs sur le fait que l’Allemagne jouera un rôle moteur pour contribuer à trouver un compromis solide et satisfaisant sur le budget renforcé de l’UE, en éliminant le risque d’un recul de l’ambition et de la détermination affichées par l’Union au cours de ces derniers mois.

Outre les négociations sur le CFP, l’on escompte de l’Allemagne qu’elle accomplisse aussi des avancées sur d’autres questions pressantes, telles que la protection du climat et le pacte vert pour l’Europe, la transformation numérique, l’état de droit et le rôle de l’Europe dans le monde. C’est également au cours de ce mandat allemand que la relation future de l’Union européenne avec le Royaume-Uni devrait être fixée.

M. Altmaier a fait savoir que la présidence allemande s’attachera tout particulièrement à rendre l’industrie et l’économie européennes plus respectueuses de l’environnement, tout en maintenant un niveau élevé d’activité industrielle et en préservant la compétitivité de l’industrie sur les marchés mondiaux.

Nous sommes convaincus qu’une économie verte est nécessaire pour mettre en œuvre le pacte vert, et nous devons pouvoir montrer que nous sommes capables de transformer notre économie et notre industrie. Nous avons à cœur que notre présidence contribue à faire de la neutralité climatique une réalité d’ici à 2050, a-t-il souligné.

La présidence allemande souhaite également mettre l’accent sur le renforcement et la consolidation du marché intérieur européen, ainsi que sur des secteurs tournés vers l’avenir comme la numérisation et les biotechnologies. Elle s’efforcera de préserver l’ouverture des marchés européens, d’encourager une concurrence saine et d’accroître la résilience des chaînes d’approvisionnement européennes.

Le CESE travaillera main dans la main avec la présidence allemande dans plusieurs domaines, et il a déjà été invité à élaborer dix avis sur des thèmes tels que l’économie des plateformes, les chaînes d’approvisionnement durables et le travail décent dans le commerce international, les entreprises sociales à but non lucratif et leur potentiel pour une Europe socialement équitable, ou encore la numérisation et la durabilité.

M. Jahier a fait valoir que, tout comme les efforts visant à bâtir une Union meilleure et résiliente, le dialogue entre la société civile et les responsables politiques est un pilier important du processus de relance; aussi s’est-il félicité que l’une des priorités de la présidence allemande soit de parvenir à un accord concernant la conférence sur l’avenir de l’Europe.

Les citoyens de notre Union devraient aussi participer à façonner son avenir. Nous devons bâtir une Union meilleure et plus efficace pour nos concitoyens, et le meilleur moyen d’y parvenir est d’écouter ce qu’ils ont à dire, a déclaré M. Jahier.

Le CESE considère la conférence sur l’avenir de l’Europe comme une priorité essentielle et devrait y jouer un rôle central et stratégique. Initialement prévue au cours de la présidence croate, la conférence a été reportée en raison de la pandémie. Sur proposition de l’Allemagne et de la France, la conférence est envisagée comme un exercice démocratique majeur au cours duquel les citoyens de l’UE seront invités à débattre des priorités et des défis essentiels, dans l’objectif de remédier aux lacunes que connaît la gouvernance de l’UE et de tracer une voie à suivre pour l’avenir de l’Europe.

Lors du débat avec le ministre allemand, les membres du CESE ont affirmé que l’adoption rapide du budget à long terme de l’UE remanié pourrait s’avérer cruciale pour déterminer l’avenir de l’Union. La question de la migration et d’autres enjeux pressants ont également été abordés.

Stefano Mallia, président faisant fonction du groupe des employeurs du CESE, a déclaré: Nous sommes convaincus que les priorités de la présidence allemande du Conseil de l’UE constituent des choix judicieux pour relever les défis auxquels nous sommes actuellement confrontés, tels que la sortie de la crise liée à la COVID-19, le Brexit et la poursuite de l’intégration du marché unique. Le fonds de relance proposé par la France et l’Allemagne reflète précisément l’approche audacieuse et prospective qu’il nous faut pour permettre à l’économie européenne de redémarrer. Nous avons besoin de mesures économiques extraordinaires, inédites, mais aussi d’une unité européenne qui soit réelle et inconditionnelle vis-à-vis du prochain budget de l’UE. Il ne fait aucun doute que, dans les jours et les semaines à venir, la solidité de notre accord sur le CFP et le fonds de relance déterminera si l’Union ressortira plus forte ou non de la crise de la COVID-19.

S’exprimant au nom du groupe des travailleurs du CESE, son président, Oliver Röpke, a indiqué que les travailleurs européens feront tout leur possible pour contribuer à la réussite de la présidence allemande, et il a souligné qu’il était fondamental de disposer d’un fonds de relance ambitieux.

Les semaines et les mois à venir seront d’une importance capitale pour mener l’Europe hors de cette crise sans précédent qui requiert un niveau de solidarité extraordinaire. L’octroi de subventions, et pas uniquement de prêts, au titre du fonds de relance sera essentiel, et cet accord, s’il est correctement mis en œuvre, constituera un investissement dans l’avenir. Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour garantir que le plan de relance à venir et le prochain budget participent à réduire les inégalités et les disparités entre les États membres.

Arno Metzler, président du groupe «Diversité Europe» du CESE, qui représente les organisations de la société civile, a souligné: Au sein de la société civile, nous estimons que le problème de la migration doit être résolu sur son lieu d’origine, qu’il doit être traité à la racine, et nous sommes prêts à faire pression pour que le partenariat régional et local fasse appel au pouvoir et à la créativité de la société civile dans le cadre de ces efforts.