European Economic
and Social Committee
Déclaration sur la situation des migrants en Bosnie-Herzégovine
Nous exprimons notre profonde préoccupation face à la crise humanitaire que subissent actuellement en Bosnie-Herzégovine des milliers de migrants afghans, iraniens et pakistanais. Malheureusement, d’autres migrants subissent également le même traitement inhumain à d’autres frontières extérieures de l’Union et dans des pays comme la Libye et la Turquie, où ils se retrouvent bloqués sur leur trajet vers l’UE.
Depuis des semaines, quelque 2 500 personnes, dont un grand nombre de mineurs non accompagnés, de familles avec enfants et de personnes âgées ayant besoin d’une assistance médicale, ont été laissées sans abri de base et luttent pour survivre à la faim, à la soif et aux températures glaciales des Balkans, le camp de réfugiés de Lipa, dans le nord-est de la Bosnie-Herzégovine, ayant été fermé après sa destruction par les flammes.
Nous saluons la décision de l’UE de fournir 3,5 millions d’EUR supplémentaires en plus des 88 millions d’EUR déjà alloués à la Bosnie-Herzégovine ces trois dernières années pour l’accueil des migrants et des réfugiés. Les responsabilités des autorités de Bosnie-Herzégovine, à tous les niveaux, sont extrêmement graves. En particulier, afin d’offrir aux migrants un abri approprié, il conviendrait de rouvrir immédiatement le centre de Bira – situé à seulement 30 km de celui de Lipa –, qui a été rénové et adapté aux conditions hivernales grâce à l’aide de l’UE.
Les incitations financières ne sauraient constituer la seule réponse à la gestion des migrations aux frontières extérieures de l’UE. Nous devons mettre en œuvre des solutions durables fondées sur la responsabilité et la solidarité entre les États membres et les pays voisins. Il faut également des voies migratoires sûres et de meilleures conditions de vie dans les pays d’origine, ce qui peut être réalisé au moyen de mesures politiques, économiques et sociales.
Nous sommes particulièrement satisfaits des discussions qui ont eu lieu avec la commissaire Ylva Johansson à l’occasion de la dernière session plénière du CESE, les 27 et 28 janvier dernier, où nous avons étudié des pistes pour aller de l’avant en vue de l’adoption du nouveau pacte de l’UE sur la migration et l’asile. Au cours de cette session plénière, le CESE a adopté son avis relatif à un nouveau pacte sur la migration et l’asile, qui contient un certain nombre de propositions visant à trouver un meilleur équilibre entre solidarité et responsabilité entre les États membres en matière de gestion des flux migratoires. Pour ce qui est des détails de ces propositions, le CESE adoptera sa position dans deux autres avis portant respectivement sur la gestion de l’asile (SOC/669) et la procédure d’asile (SOC/670), lors de sa session plénière des 24 et 25 février.
L’UE doit envoyer un message clair aux Européens pour leur signifier que la migration peut être mieux gérée lorsqu’elle l’est collectivement.
Le nouveau pacte est l’occasion pour nous d’aller – enfin – de l’avant et de créer une base commune solide pour agir sur les questions de migration et d’asile. Il ne faut pas gâcher cette occasion.