Actions en réponse à la crise de la pandémie menées par la GSEE

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Ioannis PANAGOPOULOS
Confédération générale des travailleurs de Grèce

Réagissant de la manière la plus rapide et opportune, la Confédération générale des travailleurs de Grèce (GSEE) a mobilisé la totalité de ses structures afin de fournir aux travailleurs les instructions et les précisions qui s’imposaient pour protéger leurs droits.

C’est à cette fin qu’elle a créé une «cellule anti-COVID-19 d’information et de soutien en faveur des travailleurs» et, grâce à une page web spéciale et à un formulaire ad hoc, a mis l’ensemble de ses services à leur disposition pour les informer, mais aussi pour transmettre leurs plaintes.

Tous les jours, des questions lui sont adressées, soit par des travailleurs d’entreprises dont le fonctionnement avait été suspendu ou interdit ou qui, au contraire, étaient restées ouvertes ou avaient repris leurs activités, soit par des salariés du secteur public qui se sont trouvés largement exposés au danger à cause de l’absence prolongée de mesures d’hygiène et de sécurité.

Les dépôts de plaintes ont concerné toutes les branches de l’économie et leurs motivations ressortissaient à toute une série de catégories: non-octroi de congés spéciaux, résiliations de contrats de travail effectuées avant la date à laquelle ont été annoncées les dispositions sur la préservation de l’emploi, modifications de contrats, ayant pour effet que des temps pleins ont été convertis en emplois à horaires concentrés ou à temps partiel, mises en disponibilité et congés sans rémunération, entreprises restées ouvertes alors qu’il leur avait été interdit de poursuivre leurs activités, non-fourniture d’équipements de protection individuelle, horaires de travail épuisants et sous-payés dans la grande distribution, ou encore entreprises du secteur des centres d’appels téléphoniques dans lesquels des travailleurs s’entassaient par centaines.

À la date du 19 mai, la cellule d’information de la GSEE avait ainsi enregistré plus de 10 000 doléances de ce type. Les plus nombreuses, en l’occurrence 32,5 % du total, se rapportaient à quelque 3000 salariés qui ont été contraints de travailler durant la période de suspension de l’activité ou qui n’ont pas perçu la rémunération spéciale à laquelle ils avaient droit. Les plaintes visaient des entreprises qui, tout en ayant mis leurs salariés au chômage, leur demandaient de travailler comme à l’ordinaire. Il s’agit là d’une nouvelle forme de travail non déclaré, qui est apparue durant la période de confinement et qui menace à présent les salariés du secteur du tourisme, des transports, de la culture et du sport, étant donné qu’ils sont maintenant les seuls qui puissent être placés en chômage temporaire durant l’été.

Les éléments ainsi réunis par la cellule anti-COVID-19 d’information et de soutien en faveur des travailleurs que la GSEE a mise en place confirment qu’un nouveau climat, fort difficile, est en train de s’installer sur le marché du travail.

La catégorie qui suit immédiatement est celles des plaintes qui ont été déposées pour violation du droit du travail, concernant principalement les horaires d’activités, les heures supplémentaires et les temps de repos compensatoire. Sur la masse des 10 000 plaintes reçues, 13 % des travailleurs concernés entrent dans ce cas de figure: en d’autres termes, nous avons affaire à 1300 personnes ayant dénoncé des comportements abusifs qui sont classiques de la part des employeurs, qu’il s’agisse, par exemple, des dépassements d’horaires de travail, de travaux ou heures supplémentaires sans rémunération et déclaration, du non-octroi de temps de repos mais aussi de travail qui n’a pas été déclaré ou ne l’a été, de manière fallacieuse, que comme emploi à temps partiel.

Il convient de souligner que la GSEE, en concertation avec le ministère de la santé, a pris part à l’effort national déployé pour lutter contre la crise provoquée par le coronavirus et préserver la santé des citoyens. Pour soutenir le régime national de santé, elle a offert sur-le-champ cinq postes ultramodernes de soins intensifs, avec lits et moniteurs, deux respirateurs, un échographe portatif à ultrasons et une sonde échographique.

Les syndicats grecs se sont donc mobilisés d’emblée et de la manière la plus concrète pour la cause de la santé publique et la protection des droits des travailleurs.