Selon le CESE, la protection civile et l’aide humanitaire doivent être mieux coordonnées

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Les capacités du mécanisme de protection civile de l’UE, créé en 2001, ne semblent plus suffisantes pour réagir aux catastrophes liées au changement climatique et à de nombreux autres événements tragiques, telle que la guerre qui fait rage à l’heure actuelle en Ukraine. Dans l’avis intitulé «Consolider le mécanisme de protection civile de l’Union», les représentants de la société civile du CESE proposent la création d’une agence européenne qui établirait un lien plus cohérent entre la protection civile et l’aide humanitaire. Dans le même temps, elle pourrait ouvrir la voie à des actions renforcées en matière de politique étrangère.

Le mécanisme de protection civile de l’Union (MPCU) fournit un réseau d’assistance mutuelle et de solidarité en matière de gestion des risques de catastrophes à l’intérieur et à l’extérieur des frontières de l’UE. Il rassemble les 27 États membres de l’UE et 6 États participants: l’Islande, la Macédoine du Nord, le Monténégro, la Norvège, la Serbie et la Turquie.

Malgré le renforcement et l’adaptation juridique du MPCU en mai 2021, la guerre en Ukraine a démontré qu’il était urgent d’intensifier ce mécanisme et de relier de manière plus cohérente la protection civile et l’aide humanitaire.

L’avis intitulé «Consolider le mécanisme de protection civile de l’Union afin d’améliorer la capacité de l’UE à réagir face aux évènements extrêmes, y compris en dehors de son territoire» a été publié à la demande de la présidence française, qui a inscrit cette question parmi ses principales priorités dans ce domaine. L’avis a été examiné lors de la session plénière de mars du CESE.

Christophe Quarez, membre du CESE et rapporteur de l’avis, a expliqué: Avec tous les nouveaux défis auxquels nous faisons face, en particulier la guerre en Ukraine, nous estimons que les outils dont dispose le mécanisme ne sont pas suffisamment nombreux ni efficaces. L’agence européenne de protection civile et d’aide humanitaire qu’il est proposé de mettre sur pied permettrait d’aider au mieux la population ukrainienne, dont les besoins sont colossaux et augmentent chaque jour. Elle permettrait également de mieux traiter d’autres questions liées aux catastrophes et aux situations de crise humanitaire.

Violeta Jelić, corapporteure de l’avis, a souligné la différence entre la réaction d’urgence et l’aide humanitaire, et a fait observer que la protection civile doit être mieux reconnue et valorisée par tous les pays participants à travers ce pur acte de solidarité et ce sentiment d’appartenance.

L’avis indique clairement que le lien entre la protection civile et l’aide humanitaire doit être plus structurel. En outre, le CESE estime que la création d’une agence européenne pour la protection civile et l’aide humanitaire pourrait permettre un traitement plus efficace des questions telles que les catastrophes naturelles liées au changement climatique, la lutte contre la pollution maritime et les risques industriels, ainsi que les conséquences des cyberattaques sur les infrastructures de distribution d’eau et d’électricité.

Le CESE soutient également l’idée de mettre en place une équipe transnationale d’intervention d’urgence pour une gestion conjointe des catastrophes, dotée de ressources propres, d’une formation commune et de moyens ainsi que d’équipements normalisés.

Le mécanisme de protection civile et la politique étrangère

Le CESE estime que la dimension diplomatique de la protection civile dans l’UE n’est pas suffisamment développée à l’égard de son voisinage immédiat, notamment les Balkans, ni des pays africains ou des pays limitrophes de la Russie.

Étant donné que l’Union européenne envoie de l’aide humanitaire aux pays voisins, endossant ainsi un rôle dirigeant, le mécanisme de protection civile peut devenir un instrument puissant qui viendra s’ajouter aux outils dont dispose l’UE pour exercer sa politique étrangère de manière plus dynamique.

Cette dimension de politique étrangère devrait être exploitée de plusieurs manières, par exemple en renforçant le processus de préadhésion des pays candidats à l’UE, en réduisant l’incidence de la Chine et de la Russie sur les pays d’importance géopolitique, et en coopérant avec les pays sous influence de la Russie.

Dans ce contexte, le CESE est également favorable à une proposition de modification législative visant à autoriser des réactions automatiques et immédiates dans le cadre du mécanisme en cas de catastrophe d’origine humaine sur le territoire de l’Union ou en dehors de celui-ci. Cette ressource, organisée sous la forme d’un groupe de travail, peut contribuer à renforcer les relations extérieures de l’UE au moyen de la protection civile.

À cette fin, le champ d’application du mécanisme doit être revu, dès lors que ses règles, qui sont alignées sur les valeurs fondamentales européennes, doivent être respectées par les pays candidats à l’adhésion.

Dimitris Dimitriadis, président de la section «Relations extérieures» du CESE, a également souligné l’importance du mécanisme et fait observer que la protection civile doit être renforcée, dans la mesure où il s’agit d’un outil important pour les relations extérieures de l’UE.

Les circonstances actuelles liées au changement climatique et aux catastrophes imprévues d’origine humaine nécessitent un mécanisme de protection civile de l’UE solide, amélioré, bien structuré et dynamique, capable de réagir immédiatement aux événements extrêmes survenant sur son territoire et à l’extérieur de ses frontières.

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Civil protection and humanitarian aid need better coordination, says the EESC