Les politiques en matière de climat et de sécurité ne doivent plus être dissociées

Lors de sa session plénière de juillet, le CESE a adopté un avis sur l'interdépendance entre la paix et le changement climatique. Cet avis souligne la nécessité de renforcer la coopération multilatérale et d’investir dans le développement écologique pour en faire un mécanisme de paix.

La hausse des températures, les phénomènes météorologiques extrêmes et la rareté des ressources ne sont pas seulement des préoccupations environnementales, mais aussi d’importants catalyseurs de conflits. Il est dès lors impératif de considérer les politiques en matière de climat et de sécurité comme des éléments d’un avenir mondial durable et pacifique qui se renforcent mutuellement.

L’avis intitulé «Prendre en compte les corrélations entre la paix et le changement climatique: de la nécessité d’une diplomatie mondiale rénovée» recommande une approche globale et intégrée pour répondre à l’interdépendance croissante entre changement climatique, santé, risques de sécurité et gouvernance mondiale.

Compte tenu du retrait des États-Unis des dispositions et obligations internationales en matière de climat, les rapporteurs de l’avis, Dimitris Dimitriadis et Peter Schmidt, estiment que l’Union européenne doit s’attacher à consolider les alliances qui protègent les politiques climatiques des turbulences géopolitiques.

Comme le déclare M. Dimitriadis: «Le moment est venu de renouveler la diplomatie mondiale. À mesure que les risques liés au climat s’aggravent, l’UE doit renforcer ses réponses diplomatiques et institutionnelles pour faire face aux effets du climat sur la paix et la stabilité, tout particulièrement dans le nouvel ordre géopolitique.»

Peter Schmidt, corapporteur de l’avis, souligne pour sa part que «la diplomatie climatique de l’Union doit reposer sur la justice, la confiance et la solidarité — l’Europe se positionnant en chef de file pour promouvoir la paix dans le monde par la voie de la sécurité climatique et de la résilience».

Le CESE est convaincu que la transition vers une énergie verte est essentielle à la stabilité géopolitique, à l’autosuffisance et à la consolidation de la paix. Il invite l’UE à se doter d’une stratégie en faveur de l’action climatique, en définissant des plans nationaux et européens pour atteindre les objectifs du pacte vert pour l’Europe en matière de décarbonation, de préservation de la biodiversité, de protection de l’utilisation des terres et d’économie circulaire, ainsi que pour mettre en œuvre d’autres mesures.

L’Union européenne a également besoin d’une stratégie diplomatique renouvelée, fondée sur trois principes directeurs. Premièrement, les considérations climatiques devraient être pleinement intégrées dans les stratégies visant à prévenir les conflits. Deuxièmement, l’Union doit donner la priorité à la coopération régionale et multilatérale: les partenariats régionaux et les collaborations sur le terrain peuvent consolider les stratégies d’adaptation au changement climatique qui réduisent l’instabilité. Troisièmement, nous devons investir dans le développement écologique pour en faire un mécanisme de paix: des politiques économiques durables, qui encouragent les énergies renouvelables, peuvent contribuer à stabiliser les régions fragiles. En fournissant aux communautés des moyens de subsistance durables, nous pouvons réduire le risque de conflits liés aux ressources.

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  • Climate and security policy should no longer be treated in isolation