Les femmes toujours sous-représentées dans les secteurs écologique et numérique

Il est ressorti d’un débat organisé par le Comité économique et social européen (CESE) qu’en dépit de récentes initiatives à cet égard, les hommes demeurent nettement plus nombreux dans les domaines des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques. L’Union européenne doit adopter de nouvelles mesures spécifiquement conçues pour promouvoir la participation des femmes et ainsi garantir une transition écologique et numérique juste.

Les secteurs de premier plan pour ce qui est des nouvelles technologies incluent encore des lieux de travail parmi les moins diversifiés et inclusifs. Les disciplines «STIM» (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques) restent à prédominance masculine et les politiques menées actuellement en matière d’emplois verts risquent d’ancrer davantage encore les inégalités entre les hommes et les femmes sur le marché du travail et d’entraver la mise en place d’une transition juste.

Organisé le 19 décembre 2023 par la section «Transports, énergie, infrastructures et société de l’information» (TEN) du CESE, le débat thématique sur «Une transition écologique qui ne pénalise pas les femmes» a mis en lumière des données alarmantes.

Des études ont montré que, dans le secteur de l’énergie, la main-d’œuvre compte environ 80 % d’hommes. Concernant les énergies renouvelables en particulier, les femmes représentent en moyenne 35 % de la main-d’œuvre, ce qui est légèrement plus élevé mais reste très déséquilibré.

Cet écart ne découle pas nécessairement d’une faible participation des femmes aux programmes d’éducation dans le domaine des STIM. La majorité des étudiants qui suivent des masters en sciences sont des femmes; le problème réside dans le fait qu’elles sont généralement plus nombreuses à quitter le secteur. Ce phénomène bien connu est désigné sous le nom de «tuyau percé».

En outre, comme partout ailleurs sur le marché du travail, les inégalités entre les hommes et les femmes subsistent, et les femmes sont toujours surreprésentées dans les secteurs moins bien rémunérés et sous-représentées aux postes décisionnels.

Combler l’écart entre les hommes et les femmes

Dans l’ensemble, même si des inégalités persistent, l’Union européenne a accompli ces dernières années des progrès significatifs en la matière. En 2020, la Commission européenne a adopté sa stratégie européenne en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes 2020-2025, laquelle met en évidence les normes sociales discriminatoires et les stéréotypes qui touchent aux compétences des femmes et des hommes, et fait également observer que le travail des femmes est sous-évalué dans certains secteurs.

La finalité de cette stratégie est de parvenir à une Europe respectueuse de l’égalité entre les femmes et les hommes, une Union où femmes et hommes, dans toute leur diversité, sont libres de suivre la voie de leur choix et bénéficient des mêmes chances dans notre société.

En outre, dans le cadre de l’Année européenne des compétences 2023, la Commission a fixé l’objectif de faire coïncider les aspirations et les compétences des citoyens avec les possibilités offertes sur le marché du travail, soulignant la nécessité de réduire le fossé entre le nombre de femmes diplômées en STIM et leur taux d’emploi dans ces carrières.

De même, lors de la révision intervenue en 2023 des plans nationaux en matière d’énergie et de climat, les États membres ont été invités à présenter des plans d’action spécifiques visant à promouvoir des emplois destinés aux femmes dans le domaine de l’énergie propre, et à réduire les déséquilibres entre hommes et femmes au sein de ce secteur.

Des mesures spécifiques pour garantir la participation des femmes

L’Union européenne a un rôle essentiel à jouer pour progresser vers davantage d’égalité entre les hommes et les femmes et d’inclusion. À cette fin, elle a besoin d’initiatives plus nombreuses, en particulier pour contrer le phénomène du «tuyau percé» et assurer une transition juste du point de vue du genre.

Il nous faut des interventions ciblées pour garantir des transitions numérique et écologique inclusives, et permettre aux femmes de contribuer à réaliser le pacte vert pour l’Europe, a déclaré Baiba Miltoviča, présidente de la section TEN. L’un des moyens d’y parvenir est d’encourager la participation des femmes dans les domaines techniques, en favorisant l’équilibre entre les hommes et les femmes dans les différents rôles et en leur garantissant une rémunération égale pour un même travail.

Le débat, auquel ont participé Ana Carrero, de la DG EMPL de la Commission européenne, et Rasma Pīpiķe, représentante de l’Association lettonne des jeunes chercheurs, s’est tenu dans le cadre de l’édition 2023 de la Semaine européenne de l’égalité entre les hommes et les femmes.

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