European Economic
and Social Committee
Les employeurs et les syndicats se joignent aux ONG: il est maintenant urgent de s’attaquer au changement climatique
La nouvelle stratégie de l’UE pour l’adaptation au changement climatique constitue une étape cruciale vers la neutralité et la résilience climatiques d’ici à 2050. La société civile européenne soutient fermement l’engagement de la Commission d’intensifier ses efforts en matière de prise en compte du changement climatique, de renforcement de la résilience, de prévention et de préparation à ce changement. Les inondations survenues en Europe occidentale, quelques semaines après une vague de chaleur record aux États-Unis et au Canada, nous rappellent à nouveau le rythme dévastateur de ce changement.
Dans son avis sur la nouvelle stratégie, adopté lors de la session plénière de juillet, le Comité économique et social européen (CESE) a souligné qu’une adaptation axée sur l’équité est essentielle pour protéger la vie et les moyens de subsistance des citoyens européens, en particulier ceux des plus vulnérables, afin que personne ne soit laissé pour compte.
Par conséquent, le CESE insiste sur la nécessité d’accorder une importance égale au financement de l’atténuation et de l’adaptation, ainsi que sur l’adoption de lignes directrices spécifiques en matière d’adaptation, d’outils de suivi, de critères de référence et d’indicateurs. La stratégie doit être assortie d’objectifs concrets et mesurables, de mesures juridiquement contraignantes et de délais. Ces outils contribueront à assurer la transparence et à évaluer les progrès accomplis en matière d’adaptation au changement climatique, tout en renforçant les capacités locales, nationales et régionales.
Le Comité appelle également de ses vœux des actions spécifiques supplémentaires pour les groupes vulnérables, en accordant une attention particulière au genre, à l’âge et aux minorités, et demande la participation des partenaires sociaux afin de favoriser l’adaptation dans le monde du travail
, a souligné Isabel Caño Aguilar, présidente du groupe d’étude.
La bioéconomie et la transition vers une économie circulaire sont des approches essentielles et concrètes d’adaptation au changement climatique à mesure que l’Europe se redresse.
L’UE doit davantage prendre en compte et souligner l’importance de l’innovation, des investissements et des échanges commerciaux qui favorisent le développement durable. L’adaptation au changement climatique et ses coûts doivent également faire partie intégrante de la stratégie industrielle de l’UE
, a déclaré Dimitris Dimitriadis, rapporteur du CESE pour cet avis.
Où trouver les ressources pour les mesures d’adaptation?
Les coûts humains et économiques des catastrophes liées au climat sont énormes; les pertes économiques se chiffrent en centaines de milliards de dollars. Le rapport des Nations unies intitulé «Human Costs of Disasters» [«Coûts humains des catastrophes»] brosse également un tableau saisissant: «L’on a enregistré, entre 2000 et 2019, 7 348 événements catastrophiques graves, qui ont causé 1,23 million de morts et touché plus de 4 milliards de personnes». En outre, les catastrophes ont entraîné des pertes économiques d’environ 2 097 milliards de dollars à l’échelle planétaire».
Il existe plusieurs canaux par lesquels l’UE finance l’adaptation, notamment le pacte vert pour l’Europe, le cadre financier pluriannuel et le programme Next Generation EU. Le CESE demande davantage de clarté sur les différentes options, ainsi que des procédures conviviales pour garantir un accès rapide au financement à un niveau pratique.
En outre, la suppression des subventions en faveur des combustibles fossiles et la mise en œuvre d’une réforme budgétaire verte pourraient libérer des ressources considérables provenant des budgets publics, remédier aux incohérences systémiques et engendrer de nouvelles recettes pour financer l’adaptation au changement climatique
souligne le corapporteur de l’avis, Kęstutis Kupšys.
Afin que l’UE se révèle pionnière en matière de normes à l’échelon mondial dans le domaine des finances durables, la Commission devrait mettre la barre haut et suivre les principes d’approche fondée sur la science et de neutralité technologique, y compris dans la taxinomie de l’UE.
Contexte
L’atténuation est une intervention humaine visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre et/ou à renforcer les puits de carbone. L’adaptation est un processus d’ajustement aux effets actuels et futurs du changement climatique. Même si nous parvenions aujourd’hui à réduire de 100 % les émissions de gaz à effet de serre, cela n’empêcherait pas les impacts climatiques qui se produisent déjà et qui sont susceptibles de se poursuivre pendant des décennies.
C’est pourquoi la Commission européenne a adopté la nouvelle stratégie de l’UE pour l’adaptation au changement climatique à la suite d’une évaluation réalisée en 2018 de la stratégie précédente qui remonte à 2013. Les conclusions de cette évaluation ont mis en évidence l’insuffisance des progrès réalisés, due aux lacunes dans les données, aux faiblesses dans la planification, le suivi, l’établissement de rapports et l’évaluation, à la lenteur des mesures qui résulte d’investissements publics et privés insuffisants, à l’incapacité de lutter contre les effets du changement climatique produits en dehors de l’UE, et à la nature non contraignante de l’engagement des États membres à l’époque.
L’objectif de la stratégie est donc de remédier aux lacunes de la stratégie précédente, de mettre l’accent non plus sur la compréhension du problème, mais sur l’élaboration de solutions, et de passer de la planification à la mise en œuvre.