Nouvelle stratégie de l’UE relative à l’adaptation au changement climatique

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Avis du CESE: Nouvelle stratégie de l’UE relative à l’adaptation au changement climatique

Points clés

  • Le Comité économique et social européen soutient vivement l’adoption de la stratégie de l’UE pour l’adaptation au changement climatique, en ce qu’elle constitue une étape essentielle dans la réalisation de l’objectif du pacte vert pour l’Europe qui vise la neutralité climatique et la résilience à l’horizon 2050. Il aurait toutefois souhaité que les domaines d’action envisagés ne soient pas seulement esquissés de manière générale, mais soient aussi illustrés par des exemples concrets. Le public doit pouvoir se faire une idée plus claire des changements susceptibles de se produire.
  • Le risque de préjudice économique et de pertes de vies dû à l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des effets météorologiques extrêmes liés au climat perdurera. Le risque que les effets du changement climatique et les efforts d’adaptation à ce changement aggravent les inégalités existantes est tout aussi important. L’adaptation, qui repose sur l’équité, est dès lors essentielle pour protéger la vie, l’emploi  et les moyens de subsistance des citoyens européens, en particulier ceux des plus vulnérables, qui sont généralement plus durement touchés par le changement climatique. Les organisations de la société civile ont un rôle essentiel à jouer dans le contexte d’une transition juste. Il convient en particulier de garantir la participation des partenaires sociaux afin de réussir les adaptations dans le monde du travail et de préserver des conditions de travail décentes grâce au dialogue social et à la négociation collective.
  • La mise en œuvre de la stratégie d’adaptation de l’UE, ainsi que celle du pacte vert pour l’Europe, devrait être fondée sur une approche systémique. Le Comité demande en particulier que l’on accorde une importance égale au financement de l’atténuation et à celui de l’adaptation.
  • Le CESE estime qu’il est nécessaire de disposer de lignes directrices, d’objectifs et d’outils de suivi, de critères de référence et d’indicateurs spécifiques pour contribuer à assurer la transparence de l’affectation des ressources, à anticiper et à gérer les effets du changement climatique, et pour évaluer les progrès accomplis en matière d’adaptation à ce changement, tout en renforçant les capacités locales, nationales et régionales en vue d’utiliser tous ces outils.
  • Le CESE considère les solutions fondées sur la nature, la bioéconomie et la transition vers une économie circulaire comme des approches essentielles pour l’adaptation au changement climatique et, dans le même temps, comme une occasion pour l’UE de se rétablir d’une manière durable sur les plans environnemental et social.
  • Le Comité invite la Commission à s’efforcer de mieux aligner les politiques d’adaptation au changement climatique sur la justice climatique dans le cadre des futurs travaux sur les politiques d’adaptation. Le Comité reconnaît que le changement climatique peut avoir des incidences sociales, économiques, de santé publique et d’autres incidences négatives sur les communautés, et préconise de s’attaquer aux inégalités existantes au moyen de stratégies d’atténuation et d’adaptation à long terme, de sorte que personne ne soit laissé de côté.
  • Pour soutenir les entreprises dans leur propre adaptation et dans les efforts qu’elles déploient pour fournir à la société des solutions d’adaptation, l’Union européenne doit renforcer et favoriser des conditions propices à l’innovation, à l’investissement et au commerce, qui améliorent le développement durable. L’adaptation au changement climatique et ses coûts devraient également faire partie intégrante de la stratégie industrielle de l’UE.
  • Le CESE estime que l’agriculture, la sylviculture et la pêche comptent parmi les secteurs les plus directement touchés, alors qu’ils sont susceptibles de contribuer dans le même temps aux solutions d’adaptation, à la séquestration du carbone et à la sécurité alimentaire. Une recherche et une innovation intensives, mais aussi des primes pour les puits de carbone mis en place, sont nécessaires pour soutenir ces secteurs.
  • Les pertes économiques annuelles dues aux catastrophes climatiques s’élèvent à des centaines de milliards de dollars. Le rapport des Nations unies intitulé «Human Costs of Disasters» [«Coûts humains des catastrophes»] brosse également un tableau saisissant: «L’on a enregistré, entre 2000 et 2019, 7 348 événements catastrophiques graves, qui ont causé 1,23 million de morts, touché 4,2 milliards de personnes (dont beaucoup à plusieurs reprises), et entraîné des pertes économiques mondiales d’environ 2 970 milliards de dollars.» Plusieurs sources de financement de l’UE sont disponibles pour supporter l’adaptation: le budget du pacte vert pour l’Europe, le CFP et NextGenerationEU. Le CESE plaide en faveur d’une plus grande clarté des différentes options, ainsi que de procédures simples d’utilisation pour garantir que les acteurs au niveau pratique aient un accès aux financements en temps utile. En outre, la suppression des subventions en faveur des combustibles fossiles et la mise en œuvre d’une réforme budgétaire verte pourraient libérer des ressources considérables provenant des budgets publics, remédier aux incohérences systémiques et générer de nouvelles recettes pour financer l’adaptation au changement climatique. Le CESE critique le fait qu’aucune feuille de route concrète n’ait encore été présentée en vue de la suppression des subventions préjudiciables à l’environnement.
  • Le CESE plaide également en faveur de mesures qui feront de l’orientation des investissements vers l’industrie des combustibles fossiles la stratégie la moins favorable aux institutions financières et inciteront à affecter des flux financiers privés à des activités en faveur de l’atténuation du changement climatique et de l’adaptation à celui-ci. C’est important pour les investissements tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’UE; afin que cette dernière se révèle pionnière en matière de normes à l’échelon mondial dans le domaine des finances durables, la Commission devrait mettre la barre haut et suivre les principes d’approche fondée sur la science et de neutralité technologique, y compris dans la taxinomie de l’UE.
  • La stratégie reconnaît la nécessité de financements internationaux supplémentaires en faveur de l’adaptation au changement climatique, y compris de sources publiques; toutefois, le CESE demande instamment à la Commission de préciser la manière dont elle supprimera les obstacles à l’accès aux financements pour les pays, les communautés et les secteurs les plus vulnérables à l’échelle mondiale, ainsi que la manière dont elle inclura des propositions pour l’intégration de la dimension de genre et la lutte contre les inégalités aux niveau régional et local.
  • Dans l’ensemble, le Comité considère la stratégie comme une base en vue d’une initiative juridiquement contraignante qui obligerait les États membres à élaborer des plans et stratégies nationaux pour l’adaptation au changement climatique. La loi européenne sur le climat jouera un rôle déterminant dans la mise en place de politiques contraignantes en matière de climat.
  • Les collectivités locales et régionales, en tant qu’autorités chargées de la mise en œuvre de la plupart des initiatives en matière d’adaptation, devraient être dotées de ressources suffisantes pour développer des capacités dans ce domaine, y compris dans la conception de la politique d’adaptation.

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