Le groupe des employeurs et la présidence polonaise tracent ensemble les contours d’une compétitivité axée sur la sécurité

16 mai 2025 — Le groupe des employeurs du CESE a tenu à Varsovie une réunion extraordinaire sous l’intitulé «Le moment est venu de débloquer la compétitivité axée sur la sécurité». L’objectif était de faire valoir que la sécurité — comprise au sens large comme un état de stabilité économique, technologique, énergétique, sociale et géostratégique — apparaît désormais comme une composante fondamentale de la compétitivité.

Cette manifestation qui, dans le cadre de la présidence polonaise de l’UE, était coorganisée avec le ministère polonais du développement et des technologies et les organisations polonaises membres de notre groupe — Business Centre Club, la confédération Lewiatan, Employeurs de Pologne, l’Association de l’artisanat polonais et l’Association polonaise des entrepreneurs et des employeurs — a rassemblé des employeurs et des responsables politiques venus de toute l’Europe.

En ouverture de la conférence, le président du groupe, M. Stefano Mallia, a insisté sur le fait que retrouver le chemin de la compétitivité n’était pas seulement une nécessité économique pour l’Europe, mais aussi une question de sécurité, de souveraineté et de survie.

«Face à la rivalité grandissante qui oppose les États-Unis et la Chine, l’Union européenne doit tracer sa propre voie vers la souveraineté. L’ouverture ne doit pas être synonyme de naïveté. Nous devons donc renforcer notre position au niveau des technologies critiques et de rupture», a déclaré le ministre polonais du développement et des technologies, M. Krzysztof Paszyk.

L’Europe se trouve à la croisée des chemins sur le plan stratégique. Il faut à l’évidence approfondir l’intégration économique, mais cet impératif se heurte à la montée des menaces géopolitiques et des tensions commerciales et à l’intensification de la concurrence que nous livrent les pays tiers. Dans cette situation nouvelle, la sécurité — comprise au sens large comme un état de stabilité économique, technologique, énergétique, sociale et géostratégique — est devenue une composante indissociable de la compétitivité, comme l’ont fait remarquer les intervenants à la conférence, parmi lesquels M. Michał Jaros, secrétaire d’État polonais, Mme Małgorzata Darowska, coordinatrice pour les affaires européennes à WB Group, M. Grzegorz Brona, président de Creotech Instruments, et M. Henryk Orfinger, président du conseil de surveillance de Dr Irena Eris.

M. Mallia a insisté sur le fait que l’on ne pourra atteindre l’autonomie stratégique sans une base industrielle forte, un marché unique performant et un environnement réglementaire propice aux investissements et à l’expansion des entreprises.

Le ministre, M. Paszyk, a tenu le même discours: «Ce n’est pas juste une question d’ambition, c’est un impératif pour la survie du modèle économique et social de l’Europe au XXIe siècle. Nous devons investir dans l’innovation, mais dans le même temps aussi protéger notre savoir-faire, nos infrastructures critiques et notre indépendance technologique. C’est pourquoi la dimension économique de la sécurité — y compris l’accès aux matières premières, à l’énergie, aux infrastructures et aux données — est si importante.»

Des entreprises comme Creotech Instruments et WB Group ont fait valoir qu’elles avaient développé, en Pologne, des capacités d’envergure mondiale en matière de technologies satellitaires, d’applications d’informatique quantique, de drones et de défense, mais que la fragmentation des marchés, le périmètre étroit des marchés publics et les lenteurs dues à la réglementation les avaient ralenties et handicapées dans leur montée en puissance.

Pendant ce temps, aux États-Unis et en Chine, des entreprises comparables bénéficient d’écosystèmes bien mieux intégrés, de marchés publics plus vastes et de procédures d’autorisation réglementaire plus rapides. En Europe, les start-up dans le secteur des technologies non polluantes lèvent trois fois moins de capital-risque que leurs homologues américaines.

Nous avons trop longtemps été attentistes face aux technologies de rupture, et le temps est venu de prendre les devants et de mettre au point nos propres solutions disruptives si nous ne voulons pas perdre en compétitivité dans un monde où l’évolution des technologies s’accélère, a déclaré M. Pietro De Lotto, président de la commission consultative des mutations industrielles (CCMI) du CESE, indiquant aussi que nous avons besoin d’un véritable pendant européen de la DARPA aux États-Unis, l’agence de recherche et développement du ministère américain de la défense, responsable du développement des technologies émergentes.

M. Grzegorz Brona, président de Creotech Instruments, a précisé que les institutions de l’UE et les pouvoirs publics doivent agir pour permettre l’avènement des nouvelles technologies et des incubateurs d’entreprises qui permettront à des start-up de passer à la vitesse supérieure. «L’UE devrait être leur premier client, comme c’est le cas du gouvernement américain pour les technologies avancées.»

Lors de la table ronde consacrée à la suppression des entraves sur le marché intérieur, Mme Émilie Prouzet, vice-présidente de la section «Marché unique, production et consommation» du CESE, a pointé du doigt les multiples obstacles qui grèvent le marché unique, comme la complexité, la fragmentation et les contraintes territoriales. Mais l’aspect le plus critique, a-t-elle indiqué, est peut-être celui du manque d’appropriation de ce marché unique par les États membres, et elle s’attend à ce que dans la nouvelle stratégie relative au marché unique qu’elle proposera la semaine prochaine, la Commission mette aussi en avant des mesures pour remédier à ce problème, moyennant un recours effectif aux procédures d’infraction ou encore la nomination d’un sherpa pour le marché unique.

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