European Economic
and Social Committee
Le CESE plaide en faveur d’un "Next Generation EU" pour les PME
La crise de la COVID-19 a constitué un véritable tsunami pour les PME. La proposition de nouvelle stratégie de l’UE axée sur les PME, qui a été élaborée avant la crise, ne permet pas de relever les immenses défis devenus prioritaires depuis lors, affirme le Comité économique et social européen (CESE) dans un avis récemment adopté.
La pandémie de COVID-19 a porté un sérieux coup aux PME dans toute l’Europe, et bon nombre d’entre elles risquent désormais le dépôt de bilan.
Comment la nouvelle stratégie de l’UE axée sur les PME, qui a été présentée avant la pandémie et n’a pas été remaniée depuis lors, peut-elle aider le secteur à faire face aux conséquences de la crise, s’interroge le CESE dans un avis sur la proposition de stratégie de la Commission européenne adopté lors de sa session plénière de septembre.
«Ce dont nous avons réellement besoin aujourd’hui, c’est une sorte de 'Next Generation EU' pour les PME, qui regroupe toutes les mesures en faveur des PME au sein du large éventail de prêts et de subventions qu’offre le plan de relance pour l’Europe, et ce, en vue d’atténuer les effets négatifs des mesures de confinement, de distanciation sociale et de sécurité sanitaire et d’aider les entreprises à se rétablir rapidement», déclare Milena Angelova, rapporteure de l’avis.
Les organisations de PME, dernier maillon de la chaîne
Pour être mise en œuvre avec succès, la stratégie doit accorder un rôle central aux organisations de PME. Celles-ci peuvent en effet veiller à ce que tous les groupes de PME bénéficient des mesures prises et participer à l’élaboration des mesures de suivi qui pourraient s’avérer nécessaires.
Au lieu de cela, la stratégie s’appuie principalement sur les représentants nationaux des PME, un nouveau représentant de l’UE pour les PME et le réseau Entreprise Europe.
Or, le CESE souligne que le réseau des représentants nationaux des PME, qui agissent au nom des entités responsables de la politique des PME au sein des États membres, n’est pas pleinement opérationnel dans tous les États membres.
Il précise également que les représentants des PME étant issus de l’administration, il est indispensable, si l’on veut que leur action soit utile, qu’ils restent en permanence en contact avec les organisations de PME et tiennent dûment compte de leurs conseils.
Le nouveau représentant de l’UE pour les PME, qui doit assurer le lien entre l’UE et les autorités nationales, ne peut nullement garantir que la réglementation sera favorable aux PME.
Tel qu’il est conçu actuellement, le réseau Entreprise Europe, dont la mission est d’aider les entreprises à se développer à l’échelle internationale, ne parvient pas à atteindre les PME et certainement pas les entreprises de l’artisanat.
«Ni les autorités européennes, ni les autorités nationales ou locales ne peuvent réussir seules», ajoute Mme Angelova. «Seules les organisations représentatives peuvent constituer le maillon final de la chaîne qui permettra d’atteindre les PME, de façon à mener à bien les actions probablement les plus ambitieuses que l’UE ait jamais réussi à déployer.»
La question pressante de la liquidité
Selon Panagiotis Gkofas, corapporteur de l’avis, «les PME vont se trouver confrontées à d’énormes problèmes de liquidité dans les mois à venir». «Nombre d’entre elles attendent un signal de soutien fort pour éviter l’effondrement.»
Le CESE appelle l’UE à réagir rapidement aux problèmes de liquidité, afin d’éviter que les systèmes de crédit nationaux et les intermédiaires financiers n’imposent des retards injustifiés et ne prennent des décisions arbitraires à l’encontre des microentreprises et des petites entreprises qui ont des besoins urgents de liquidité.
Au-delà de la situation d’urgence liée à la crise de la COVID-19, le CESE estime qu’il est absolument nécessaire de créer un réseau de médiateurs financiers afin d’aider les PME à mieux appréhender les règles du système bancaire et de promouvoir d’autres sources de financement, telles que les marchés des actions et des capitaux.
Contexte
La Commission européenne a publié sa «stratégie axée sur les PME pour une Europe durable et numérique» le 10 mars dernier, au moment où l’Europe entrait en confinement.
Cette stratégie vise à aider les PME à faire face à la double transition vers la neutralité climatique et le leadership numérique.
Au lendemain de la crise de la COVID-19, la Commission n’a pas l’intention de réviser sa stratégie, mais simplement de la réorienter, en se concentrant sur les mesures les plus pertinentes dans le contexte actuel, telles que celles visant à faciliter l’accès au financement et à mettre en œuvre la directive sur le retard de paiement.
Le CESE soutient les mesures financières mises en œuvre par les gouvernements et les partenaires sociaux au cours de la pandémie, étant donné qu’elles ont permis d’atténuer les difficultés financières des PME, et insiste pour que ce soutien se poursuive.
Les 25 millions de PME de l’UE constituent l’épine dorsale et le moteur de l’économie européenne. Elles emploient environ 100 millions de personnes et représentent plus de la moitié de son PIB. Au cours des cinq dernières années, les PME ont créé 85 % des nouveaux emplois et ont fourni deux tiers de l’ensemble des emplois du secteur privé dans l’UE.