Le 7 octobre est la Journée mondiale pour le travail décent

Cette année, la célébration de la Journée mondiale pour le travail décent le 7 octobre, est plus pertinente que jamais. La pandémie du Covid-19 a exacerbé les failles existantes dans nos sociétés en termes d'emploi, de salaires et de revenus décents. Elle a mis en évidence les effets secondaires désastreux d'une mondialisation non réglementée, tels que le manque d'approvisionnement en produits de soins de santé essentiels et l'accès inégal à ces derniers dans de nombreuses régions du monde, avec des conséquences dramatiques en ce qui concerne la fourniture des soins de santé aux plus démunis et aux citoyens qui ne bénéficient pas de filets de sécurité sociale adéquats. Une fois encore, certaines catégories de la population, qui figuraient déjà parmi les plus vulnérables, ont été affectées par la crise de manière disproportionnée : les jeunes occupant des emplois précaires, les femmes surreprésentées dans les secteurs les plus touchés ou restant à la maison pour instruire leurs enfants à domicile ou s'occuper des membres de leur famille, les travailleurs indépendants ou les travailleurs des plateformes, les travailleurs faiblement rémunérés, les migrants et les personnes effectuant un travail non déclaré.

En cette Journée mondiale pour le travail décent, le groupe des travailleurs est uni dans la solidarité pour défendre la dignité de tous les travailleurs et des personnes socialement vulnérables. Nous nous joignons à la CSI et à la CES pour faire appel en faveur d'un nouveau contrat social pour la reprise et la résilience afin de remédier aux effets de la crise du COVID-19 de manière durable en répondant enfin aux besoins et aux attentes des citoyens. 

La crise a montré que les emplois les plus utiles d'un point de vue social, ceux qui ont permis aux citoyens de vivre et d'être soignés tout au long de cette crise sanitaire, que ce soit dans les domaines de la santé, de la distribution alimentaire ou du nettoyage, sont les moins bien payés et sont occupés majoritairement par des femmes. C'est à ces travailleurs que nous songeons en premier, lorsque nous exigeons des salaires décents et des conditions de travail équitables.

Un véritable renouveau du projet européen impose des investissements sociaux importants pour compléter les politiques économiques, en se concentrant sur la préservation et la création d'emplois de qualité, sur la garantie de salaires équitables et sur la nécessité de mettre un terme aux emplois précaires.

La Commission doit poursuivre la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux et, en particulier, les initiatives sur le salaire minimum équitable, le revenu minimum, la transparence des salaires et le renforcement des réglementations en matière de santé et de sécurité au travail. Dans ce cadre, la négociation collective et les intérêts des travailleurs précaires et vulnérables doivent être assurés.

Nous incitons également la Commission à garantir un travail décent dans l'économie des plateformes: il est primordial d'assurer l'équité dans un secteur qui rapporte d'énormes profits aux entreprises, alors que ses travailleurs sont confrontés à une situation extrêmement précaire en termes de droits du travail, de salaires et de conditions de travail. Nous avons besoin d'un niveau minimum de réglementation et de droits garantis pour ces travailleurs, qui sont soumis à une pression encore plus importante en raison de la pandémie.

En ce jour de célébration de la Journée mondiale pour le travail décent, il est important d'envoyer aux travailleurs européens le signal que nous pouvons répondre à leurs attentes en tirant les bonnes leçons de la crise COVID-19. 

Work organisation

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