European Economic
and Social Committee
L’autonomie par la compétitivité : les PME au cœur de la préparation stratégique de l’Europe
Dans le cadre de la présidence chypriote du Conseil de l’UE 2026, le Groupe des employeurs du CESE a organisé une conférence intitulée « L’autonomie par la compétitivité : les PME au cœur de la préparation stratégique de l’Europe » à Nicosie, le 7 mai 2026.
La conférence a examiné comment les PME peuvent être la clé de la préparation stratégique de l’Europe, avec la participation de Michael Damianos, ministre de l’Énergie, du Commerce et de l’Industrie de Chypre ; du professeur Nikos Varsakelis de l’Université Aristote de Thessalonique ; de Demetris Georgiades, président du Conseil chypriote de l’économie et de la compétitivité ; de Michalis Persianis, président du Conseil budgétaire de Chypre ; et de Maria Heracleous, ancienne représentante du FMI à Chypre et ancienne membre du conseil d’administration de la Banque centrale de Chypre.
La discussion a analysé la manière dont l’attention croissante de l’UE portée à l’autonomie stratégique et à la préparation redéfinit la notion de compétitivité européenne, en la positionnant comme une condition préalable à la résilience, à la sécurité et à une croissance durable. Intégrer la préparation dans la politique de compétitivité suppose de renforcer la capacité des PME non seulement à résister aux chocs, mais aussi à s’adapter et à se repositionner rapidement.
Les PME jouent un rôle central, à la fois en tant que moteurs essentiels de l’emploi, de l’innovation et de la création de valeur, et en tant qu’acteurs exposés à des contraintes structurelles telles que la complexité réglementaire, les coûts de l’énergie, les lacunes de financement et les pénuries de compétences. Veiller à ce qu’elles puissent investir et se développer est indispensable pour traduire l’autonomie stratégique en réalité économique.
Dans ce contexte, l’Industrial Accelerator Act peut contribuer à restaurer la compétitivité et à accroître la productivité, mais, comme l’a souligné la présidente du Groupe des employeurs du CESE, Sandra Parthie, il faut veiller à ce qu’il ne se transforme pas en simple mesure administrative pour l’industrie, mais qu’il demeure un véritable accélérateur industriel.
Dans le même temps, nous approchons d’un moment critique en matière de dette publique. Le débat ne devrait pas porter uniquement sur le montant des dépenses publiques, mais aussi sur leur destination. Il conviendrait d’encourager, voire d’exonérer totalement, les investissements qui renforcent la résilience économique, tels que l’innovation, les infrastructures et les compétences.
L’Europe est également confrontée à un déficit de talents et d’ambition. Trop peu d’étudiants s’orientent vers les filières STEM, et trop de nos esprits les plus brillants partent ailleurs. Encourager l’entrepreneuriat doit devenir aussi attractif que l’emploi traditionnel, surtout si nous voulons préserver et développer notre capacité d’innovation.
L’accès au financement demeure un obstacle majeur. Le capital-risque européen accuse un net retard par rapport aux États-Unis, poussant les start-ups à se relocaliser là où les financements sont disponibles. Si nous voulons de la croissance, nous devons repenser les incitations, notamment la manière dont la fiscalité influe sur le retour sur investissement. Un marché unique des capitaux, unifié et doté de points d’entrée accessibles aux investisseurs particuliers, pourrait contribuer à réorienter l’épargne vers les entreprises européennes.
Enfin, compétitivité et résilience sont désormais indissociables. L’énergie, l’eau et la préparation générale aux situations d’urgence ne sont plus des questions secondaires : ce sont des fondamentaux économiques. Et dans un contexte de hausse des dépenses de défense, la pérennité du modèle social européen dépendra d’une seule chose : la croissance. Libérer le potentiel des PME ne relève pas d’une réforme isolée, mais d’un changement systémique.