European Economic
and Social Committee
La liberté de rester commence par des conditions propices à la croissance des entreprises
Le 23 juin 2026, le groupe des Employeurs du CESE a accueilli la Journée SGI 2026, l’événement phare annuel de notre organisation partenaire SGI Europe, consacré à la liberté de rester, en présence de Mme Roxana Mînzatu, vice-présidente exécutive de la Commission européenne chargée des droits sociaux et des compétences, de l’emploi de qualité et de la préparation.
Comme l’a souligné la présidente du groupe des Employeurs du CESE, Sandra Parthie, dans ses remarques d’ouverture, la liberté de rester n’est pas seulement une ambition sociale, mais aussi un élément de l’agenda de compétitivité. Toutefois, avoir le droit de rester n’est pas une raison suffisante pour rester. Pour que cela fonctionne, il faut des opportunités permettant aux citoyens et aux entreprises de rester et de prospérer.
Cette réalité est particulièrement visible pour les petites et moyennes entreprises (PME), notamment dans les régions déjà sous pression. Ces entreprises constituent l’épine dorsale de l’économie et du tissu social européens : elles emploient près des deux tiers de la main-d’œuvre européenne et génèrent plus de la moitié de la valeur ajoutée. Elles ancrent les communautés et soutiennent l’emploi, les compétences et la cohésion au niveau local. Pourtant, elles sont trop souvent confrontées à un paradoxe : elles supportent l’essentiel du poids de la réglementation européenne tout en bénéficiant moins des opportunités du marché unique. Dans ces conditions, le marché unique risque d’être perçu non pas comme un moteur de croissance, mais comme une contrainte supplémentaire.
C’est ici que le débat sur la liberté de rester doit évoluer. Le défi n’est pas de créer de nouvelles couches de soutien, mais de lever les obstacles qui freinent les entreprises. Des procédures complexes, des exigences administratives lourdes et un accès limité au financement ou à des orientations pratiques continuent de restreindre la capacité des PME à croître, à investir et à exercer leurs activités au-delà des frontières. Cette préoccupation est cohérente avec l’appel de longue date du groupe des Employeurs à réduire la charge réglementaire et à rendre le marché unique plus efficace dans la pratique.
La question plus large concerne l’état même du marché unique. Un marché unique pleinement fonctionnel devrait permettre aux entreprises d’opérer au-delà des frontières dans des conditions équitables, d’accéder à des clients dans toute l’Union européenne et de s’appuyer sur la reconnaissance mutuelle des qualifications et des règles. Lorsque cela fonctionne, les entreprises n’ont pas besoin de se relocaliser pour se développer. Des régions autrefois considérées comme périphériques peuvent devenir des bases d’investissement viables. En ce sens, la suppression des obstacles ne renforce pas seulement la compétitivité, elle soutient aussi la cohésion en rendant possible la création d’opportunités au niveau local.
Dans le même temps, la liberté de rester doit aller de pair avec la liberté de circulation. Un marché unique qui permet la libre circulation des marchandises, des services et des capitaux, mais qui ne garantit pas une réelle mobilité de la main-d’œuvre, reste incomplet. Il est essentiel que la mobilité fonctionne dans la pratique, notamment grâce à une meilleure reconnaissance des qualifications. L’objectif n’est pas de maintenir les personnes sur place, mais de veiller à ce qu’elles disposent d’un véritable choix : rester parce que des opportunités existent, ou partir parce qu’elles le peuvent.
La liberté de rester peut contribuer à préserver ce cercle vertueux, mais seulement si elle repose sur de véritables opportunités économiques. Pour le groupe des Employeurs, cela signifie se concentrer sur l’essentiel : renforcer les PME et veiller à ce que les entreprises soient libres de rester, de croître et d’investir en Europe dans des conditions équitables et prévisibles.