European Economic
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Diplomatie culturelle: passer de la théorie à la pratique
Dans le cadre des efforts déployés pour promouvoir le rôle de la culture en tant que vecteur important des relations extérieures de l’UE, le CESE a organisé, le 20 avril 2022, une audition sur la thématique de son prochain avis intitulé «La diplomatie culturelle en tant que vecteur des relations extérieures de l’UE. Nouveaux partenariats et rôle des organisations de la société civile» (rapporteur: Luca Jahier).
L’audition, qui a réuni des intervenants prestigieux, a mis l’accent sur la nécessité d’une approche structurée, d’un plan d’action concret, d’une vision claire et d’une certaine continuité de l’action pour tirer pleinement parti du vaste potentiel que recèle la diplomatie culturelle.
Pour construire la nouvelle stratégie, nous avons besoin d’une approche commune qui associe activement la société civile, adopte une approche interpersonnelle et crée de véritables dialogues
, a déclaré Gaia Danese, du Service européen pour l’action extérieure (SEAE). S’agissant du principe de subsidiarité, l’Union européenne doit apporter une valeur ajoutée dans le cadre d’un dialogue permanent avec les États membres.
La culture étant l’un des piliers de la stratégie «Afrique, Caraïbes et Pacifique» (ACP), Ibrahim Norbert Richard, secrétaire général adjoint de l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP), a souligné que les réseaux culturels pouvaient jouer le rôle de moteurs et de multiplicateurs en matière de coopération.
La culture est un ciment qui favorise la compréhension mutuelle
, a déclaré Agnieszka Skuratowicz, de la DG INTPA de la Commission européenne. Mme Skuratowicz et Olivier Fontaine, de la DG EAC, ont présenté les initiatives et programmes de la Commission européenne visant à soutenir la culture en tant que vecteur de la politique extérieure de l’UE.
Nous devons nous concentrer sur la préparation et faire en sorte que la culture soit plus résiliente
, a affirmé Louise Haxthausen, directrice du bureau de liaison de l’UNESCO à Bruxelles; elle a également insisté sur le potentiel que recèle la culture pour contribuer à la paix dans des contextes mondiaux difficiles, sur l’importance de la promotion de la culture en tant que catalyseur du développement durable et sur son potentiel en matière de croissance sociale et économique.
Évoquant l’action générale du réseau des Instituts culturels nationaux de l’Union européenne (EUNIC), son directeur, Andrew Manning, a indiqué qu’il était nécessaire de disposer d’un véritable plan d’action pour opérer un changement de paradigme radical et mettre à jour, au niveau de l’UE, le thème de la culture dans le cadre des relations extérieures de l’UE. «La société civile mène le débat», a-t-il ajouté.
Dans un monde de plus en plus divisé, où le dialogue a progressivement perdu en importance, la culture peut jouer un rôle essentiel pour rétablir la communication sur la scène internationale. S’il ne doit pas servir des objectifs politiques, ce plan d’action ne peut toutefois se borner à être purement technique; il requiert un accord politique, des orientations et une réflexion approfondie, notamment dans le cadre de la boussole stratégique
, a souligné Stefano Manservisi, président du Fonds mondial pour la mobilisation et la résilience communautaire (GCERF) et ancien directeur général de la DG Coopération internationale et développement (DEVCO).
Parmi les mesures à envisager figurent la restitution du patrimoine culturel, la facilitation du financement des industries créatives, le renforcement des relations entre les villes, la promotion de la mobilité et le renforcement du rôle des points de contact au sein des délégations de l’UE.
Le patrimoine culturel est le signe d’identité le plus visible, et les conflits actuels montrent que non seulement ce patrimoine subit souvent des dommages collatéraux, mais qu’il est aussi une cible
, a indiqué Valéry Freland, directeur exécutif de l’Alliance internationale pour la protection du patrimoine dans les zones en conflit (ALIPH). M. Freland a mis l’accent sur l’action de l’ALIPH, qui vise à promouvoir et à protéger le patrimoine au moyen de partenariats publics et privés, de projets concrets, d’actions de sensibilisation, de la collaboration avec les communautés locales et de la coopération avec les partenaires internationaux.
Teresa Patricio, présidente du Conseil international des monuments et des sites (ICOMOS), a insisté sur l’importance de préserver le patrimoine culturel pour les générations futures, d’encourager le dialogue et la solidarité et de promouvoir les échanges et les initiatives culturelles inclusives d’une manière pluridisciplinaire.
Tout en soulignant l’importance croissante que revêt la politique d’élargissement de l’UE, Sneška Quaedvlieg-Mihailović, secrétaire générale d’Europa Nostra, a appelé de ses vœux un «saut qualitatif» et une augmentation des investissements dans la culture et le patrimoine dans le cadre des relations que l’UE entretient avec ses partenaires et ses voisins sur la base des valeurs européennes et universelles.