Des mesures ciblées devraient aider les jeunes à trouver et à conserver des emplois de qualité

Business people discussing over plan on glass wall in office

Bien que la majorité des jeunes n’aient pas été considérés comme le principal groupe à risque en ce qui concerne la COVID-19, ils faisaient partie de ceux qui ont ressenti le plus fortement les conséquences des mesures sociales et économiques déployées pour lutter contre la propagation du virus.

L’Union européenne (UE) et les États membres devraient mettre en œuvre toute une série de mesures relatives au marché du travail afin de contribuer à garantir des emplois de qualité aux jeunes entrant sur le marché du travail, en les faisant précéder d’une éducation susceptible de les doter des compétences appropriées pour s’y insérer.

2022 étant l’Année européenne de la jeunesse, c’est l’occasion idéale de promouvoir les possibilités d’emploi existantes pour les jeunes et d’en ouvrir de nouvelles. Il convient également de veiller à ce que les jeunes aient leur mot à dire dans les décisions qui ont une incidence sur leur avenir. Tels sont les points soulignés lors d’une audition organisée par le Comité économique et social européen (CESE) le 28 mars.

Mieux répondre aux préoccupations de nos jeunes et mieux les écouter est le meilleur moyen de rendre notre marché du travail plus cohésif, plus dynamique, plus uni et donc plus résilient, a déclaré le président de la section Emploi, affaires sociales et citoyenneté du CESE, Laurenţiu Plosceanu.

La manifestation, placée sous le thème Participation des jeunes au marché du travail et organisée par l’Observatoire du marché du travail (OMT) du CESE, a réuni des organisations de la société civile et des partenaires sociaux qui ont débattu de la manière de renforcer le recrutement et l’emploi des jeunes dans l’UE.

Bien que les chiffres globaux de l’Union en matière d’emploi des jeunes retrouvent désormais leurs niveaux d’avant la pandémie, la situation demeure incertaine en raison des effets de l’inflation consécutive à la pandémie qui devraient maintenant se faire sentir sur le marché du travail de l’UE. L’Union devra également faire face aux répercussions socio-économiques d’une guerre à sa frontière, qui se traduit, entre autres, par un afflux sans précédent de réfugiés sur son sol à la suite de l’invasion brutale de l’Ukraine par la Russie.

En période de récession économique, les jeunes sont les plus vulnérables et les plus durement touchés. La crise de la COVID-19 a eu sur eux des répercussions inégales et cette génération est susceptible d’en ressentir les effets pendant des décennies, a déclaré Biliana Siriakova, coordonnateur européen des activités relatives à la jeunesse à la direction générale de l’éducation, de la jeunesse, du sport et de la culture de la Commission européenne.

La COVID-19 a eu sur les jeunes une incidence pluridimensionnelle qui marquera les différentes étapes de leur vie. Elle a eu des effets négatifs sur leurs perspectives d’emploi et d’éducation ainsi que sur leur capital social et leur santé, mentale principalement, a déclaré Massimiliano Mascherini, chef de l’unité Politiques sociales d’Eurofound. L’isolement provoqué par les confinements a rendu de nombreux jeunes anxieux et déprimés, avec pour conséquence un état d’épuisement psychique et le sentiment de ne pas avoir d’avenir.

Pour les aider à retrouver leur place sur les marchés du travail, il est nécessaire de mettre en place une coopération à plusieurs niveaux et une participation effective des organisations de jeunesse à toute réforme et à toute décision. Un certain nombre d’initiatives ont déjà ciblé directement l’emploi des jeunes et visent à stimuler l’employabilité, telles que le renforcement de la garantie pour la jeunesse et le nouveau programme Erasmus, doté d’un budget doublé et mettant fortement l’accent sur l’inclusion sociale. L’initiative du corps européen de solidarité permet également aux jeunes d’apporter une contribution significative à la société grâce au volontariat.

L’espace européen de l’éducation et le plan d’action en matière d’éducation numérique visent quant à eux à accroître l’employabilité en permettant aux jeunes de recevoir un enseignement de qualité. De plus, la plateforme mise en place par la Commission, l’Alliance européenne pour l’apprentissage, assure la promotion de la formation professionnelle et la nouvelle Académie de la politique de l’entrepreneuriat des jeunes sera axée sur les jeunes entrepreneurs.

Les plans nationaux pour la reprise et la résilience (PNRR), présentés dans le cadre de la facilité pour la reprise et la résilience, comportent également des mesures visant à renforcer les systèmes de formation et à soutenir les programmes d’apprentissage.

L’angle de la prévention ayant été renforcé, nous voulons que les pays fassent en sorte, en premier lieu, que les jeunes ne perdent pas leur emploi ou soient inactifs. Cela signifie qu’il faut leur offrir des conseils d’orientation et un soutien bien plus en amont, même lorsqu’ils sont encore scolarisés. Nous sommes fermement convaincus qu’investir dans la jeunesse est le meilleur moyen de construire une société résiliente et inclusive, a souligné Pablo Cornide, responsable de politiques à la direction générale de l’emploi, des affaires sociales et de l’inclusion de la Commission européenne.

Il y a autant de réalités différentes qu’il y a de jeunes

La crise de la COVID-19 a encore creusé les inégalités sur le marché du travail, notamment parmi les jeunes, dans la mesure où les femmes et les groupes défavorisés tels que les minorités ou les personnes handicapées ont été le plus touchés.

Nous recevons des données montrant que les jeunes sont confrontés à de nombreux obstacles pour accéder au marché du travail. Si j’ajoute à cela un facteur de handicap, les obstacles sont multipliés. Nous butons sur des barrières au sein de la société et le marché du travail est mal adapté au handicap, a déclaré Kamil Goungour, président du Comité des jeunes au sein du Forum européen des personnes handicapées.

M. Goungour dit espérer que les activités prévues dans le cadre de l’Année européenne de la jeunesse tiendront compte du fait que tous les jeunes ne sont pas dans la même situation, mais qu’il existe de nombreux groupes différents qui vivent des réalités très diverses.

Les participants ont souligné que les initiatives proposées pour favoriser l’emploi des jeunes étaient judicieuses, mais qu’il restait à voir comment elles seraient mises en œuvre. Il convient d’adopter une approche fondée sur les droits afin de garantir l’inclusion de tous les sous-groupes et organisations de jeunes.

Associer les jeunes migrants ou les jeunes qui ne suivent ni études ni formation (NEET) à la cocréation de programmes de formation qui les préparent au monde du travail est la meilleure garantie qu’ils bénéficieront réellement de la formation reçue.

Toutefois, la situation actuelle montre que les organisations de jeunesse ou les partenaires sociaux, par exemple, n’ont pas été associés de manière adéquate à un dialogue national sur les plans nationaux pour la reprise et la résilience, bien qu’ils aient, pour certaines de leurs composantes, un lien direct avec la jeunesse, a déclaré Nicoletta Merlo, membre du CESE.

Le point de vue des employeurs, des PME et des syndicats

Anna Kwiatkiewicz-Mory, conseillère principale pour les affaires sociales à BusinessEurope, souligne que le taux d’inactivité est assez élevé chez les jeunes. De l’avis des employeurs, il est important de veiller à ce que les jeunes puissent exercer diverses formes d’emploi et bénéficier de formules de travail souples. Une autre condition préalable à une intégration réussie sur le marché du travail est une transition en douceur entre l’école et le monde du travail.

Tea Jarc, présidente du comité de la jeunesse de la Confédération européenne des syndicats (CES), a mis en garde contre les mesures d’austérité telles que celles qui ont été appliquées pendant la crise financière de 2008. Nous voulons proposer un changement par rapport à cette approche. Nous n’avons jamais eu une génération de jeunes aussi instruite; ils méritent des possibilités et des emplois décents, a déclaré Mme Jarc, ajoutant que les politiques européennes devraient être plus ambitieuses et plus fortes, dès lors qu’à l’heure actuelle, aucune attention n’est accordée aux offres sur mesure à leur intention.

Selon Liliane Volozinskis, directrice des affaires sociales et de la politique de formation à l’organisation européenne des PME et de l’artisanat, SMEunited, le taux de chômage des jeunes reste trop élevé dans de nombreux États membres, ce qui peut en partie s’expliquer par le fait que, souvent, les systèmes d’éducation et de formation ne parviennent pas à doter les étudiants des compétences requises sur le marché du travail. Il s’agit notamment de compétences de base telles que le calcul, l’alphabétisation et les compétences numériques, mais aussi de compétences non techniques telles que la créativité et l’adaptabilité.

Elle souligne que SMEunited soutient le concept de fonds de formation, gérés conjointement par les partenaires sociaux en fonction des besoins du marché du travail. Les services publics de l’emploi ont également un rôle à jouer dans le développement de possibilités de formation.

En conclusion de l’audition, M. Lech Pilawski, président de l’Observatoire du marché du travail (OMT), a déclaré: Nous devons veiller à ce que l’éducation soit en mesure de garantir l’emploi des jeunes. Nous avons besoin de données agrégées pour pouvoir prendre les mesures qui s’imposent en fonction des différents besoins. L’Année européenne de la jeunesse est une excellente occasion d’aider les jeunes, non seulement sur le marché du travail, mais aussi dans de nombreux autres domaines.