Délégation du groupe des employeurs du CESE à l’édition 2025 du Forum économique de Delphes

Du 9 au 12 avril 2025, une délégation du groupe des employeurs du CESE a participé pour la première fois au Forum économique de Delphes en Grèce, faisant ainsi du Comité un partenaire institutionnel de cette manifestation éminente qui réunit des personnalités importantes de la politique, des affaires, du milieu universitaire et de la société civile pour débattre et façonner les politiques qui traceront l’avenir de l’Europe et du monde, y compris des questions liées à la compétitivité, à la géopolitique, à la durabilité et au commerce mondial.

Lors de la table ronde intitulée From Letta to Draghi: Two Reports, One Clear Path for the Future of European Competitiveness («De Letta à Draghi: deux rapports, une voie claire pour l’avenir de la compétitivité européenne»), Winand QUAEDVLIEG, vice-président du groupe des employeurs du CESE, a souligné que le paysage géopolitique changeant a considérablement évolué depuis la parution des deux rapports, notamment en ce qui concerne notre partenaire le plus proche, l’administration américaine, devenue très imprévisible.

M. Quaedvlieg a également insisté sur le fait que l’Europe ne peut plus compter sur des acteurs extérieurs pour se procurer de l’énergie, des capacités de défense et des technologies, et que pour être compétitive, elle doit être forte, capable de défendre ses intérêts stratégiques, de préserver la cohésion sociale et de protéger les valeurs qui définissent notre Union.

Dans ce contexte, les initiatives présentées par la Commission européenne, telles que le pacte pour une industrie propre, le plan d’action pour une énergie abordable et le premier train de mesures de simplification «omnibus», sont des mesures positives qui témoignent d’une réelle intention d’agir, mais la stratégie à elle seule ne suffit pas. Les discussions menées à Bruxelles ne se traduisent pas encore par un soulagement concret pour les entreprises. La surréglementation, les coûts élevés de l’énergie et les pénuries de main-d’œuvre restent les principaux obstacles à la croissance.

C’est pourquoi la simplification est la priorité absolue. Aujourd’hui, plus de 60 % des entreprises citent la réglementation parmi les obstacles majeurs à l’investissement. La complexité et le volume de la réglementation de l’Union sont devenus insoutenables, en particulier pour les PME. Les entreprises sont contraintes à réaffecter leurs ressources vers la mise en conformité, à engager des consultants externes et à interrompre l’innovation. La simplification est le levier le plus puissant pour rendre l’Europe plus attrayante aux yeux des innovateurs et des jeunes pousses.

Comme l’a précisé notre membre Antonio GARCÍA DEL RIEGO, les obstacles internes en matière de TVA et de réglementation relative à la protection des consommateurs équivalent à des droits de douane allant jusqu’à 45 % pour les biens et jusqu’à 110 % pour les services, selon le rapport Draghi. Une augmentation de 2,4 % des échanges intra-Union compenserait une baisse de 20 % des exportations vers les États-Unis.

Dimitris DIMITRIADIS, président de la section REX du CESE, a fait observer, lors de la table ronde intitulée The Great Economic Mindshift: What it Means for Global Trade («Le grand changement d’esprit économique: ce qu’il signifie pour le commerce mondial»), que les droits de douane de 20 % annoncés par les États-Unis sont injustifiés et disproportionnés, mais que le commerce n’est pas un jeu à somme nulle. Au contraire, un commerce ouvert et équitable constitue un moteur essentiel de l’innovation, du développement et de la croissance. Par conséquent, nous devons promouvoir activement le dialogue et la coopération, y compris par l’intermédiaire des canaux de la société civile.

Un autre sujet important à l’ordre du jour du Forum concernait l’élargissement. Lors de la table ronde intitulée Responding to the Permacrisis - Will Europe be Able to Enlarge and Reform? («Répondre à la permacrise: l’Europe parviendra-t-elle à s’élargir et à se réformer?»), Winand QUAEDVLIEG, vice-président du groupe des employeurs du CESE, a indiqué que si la politique d’élargissement réformée de l’UE est bien conçue, elle est toutefois confrontée à des populations déçues, et parfois à des gouvernements qui poursuivent d’autres objectifs. Par conséquent, il est essentiel de dialoguer étroitement avec la société civile.

Dans le même temps, M. Quaedvlieg a insisté sur le fait que l’attention particulière accordée à la dimension géopolitique et économique ne peut avoir pour effet de compromettre l’état de droit et la démocratie. L’UE doit assurer une médiation beaucoup plus active et plus énergique pour désamorcer les conflits entre les États membres et les pays candidats, afin d’éviter les revers dans le processus d’adhésion.

Pour en savoir plus, visionnez le message vidéo de Stefano MALLIA, président du groupe des employeurs du CESE.

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