European Economic
and Social Committee
L’union des compétences : les salles de classe comme points de départ d’une Union compétitive
Le nouvel avis du CESE sur l’union des compétences propose une trajectoire claire: la compétitivité de l’Europe sur la scène mondiale dépend de sa capacité à développer et à conserver une main-d’œuvre qualifiée, flexible et inclusive. En tant que rapporteure représentant le groupe des employeurs, j’aimerais souligner les priorités qui revêtent la plus grande importance pour les entreprises.
Les compétences et la formation comme bases de la compétitivité
L’avis souligne qu’une éducation inclusive et de qualité n’est pas simplement un objectif social, mais bien une nécessité pour la puissance industrielle à long terme de l’Europe. Lorsque les compétences de base sont faibles, surtout au début de l’éducation, cela crée des goulets d’étranglement tout au long du parcours d’apprentissage — de l’enseignement et de la formation professionnels (EFP) à la formation des adultes, en passant par l’enseignement supérieur. Le CESE est favorable à la proposition de créer une boîte à outils pour les compétences de base dans le cadre des apprentissages, qui pourra soutenir aussi bien les prestataires que les employeurs.
Les systèmes d’EFP doivent être réformés, afin de les rendre plus attrayants et de mieux les aligner sur les réalités du marché du travail. Il est essentiel d’associer davantage les employeurs, pour s’assurer que les mesures d’EFP correspondent aux besoins des entreprises et aux objectifs de réindustrialisation de l’Europe.
Le déblocage de l’innovation grâce aux STIM et à l’esprit d’entreprise
L’Europe doit accélérer son développement des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM), mais aussi former des entrepreneurs talentueux pour rester compétitive à l’échelle mondiale. Les entreprises ont besoin de compétences avancées dans les domaines de l’intelligence artificielle (IA), des technologies propres, des sciences de la vie et des infrastructures numériques. L’avis précise qu’il faut de toute urgence attirer plus de femmes dans les STIM et intégrer les compétences en matière de finance et d’entrepreneuriat dans les programmes d’éducation.
Il est aussi vital d’avoir des connaissances en intelligence artificielle. Les employeurs soutiennent les initiatives visant à doter les apprenants et les travailleurs des compétences permettant de comprendre l’IA et de l’utiliser de façon responsable.
Un perfectionnement professionnel qui bénéficie aux employeurs comme aux travailleurs
Seuls 39,5 % des adultes prennent part annuellement à des activités de formation. Pour de nombreuses PME, le manque de temps et de ressources reste un obstacle à la formation. L’avis plaide en faveur d’un soutien ciblé aux employeurs, par exemple sous la forme d’incitations fiscales, de mise en commun des ressources des PME, de modèles de formation et de financements publics, afin de renforcer la capacité des entreprises et la compétitivité.
Les formations sur le lieu de travail et l’apprentissage informel doivent être davantage reconnus. Les employeurs demandent que différents parcours d’apprentissage qui développent des compétences pratiques soient reconnus, surtout au sein des PME et de l’économie sociale.
De l’éducation à l’emploi: soutenir les jeunes talents
L’avis prône la mise en œuvre complète de la garantie pour la jeunesse, et l’amélioration de la transition de l’éducation au monde du travail. Les employeurs peuvent soutenir cette démarche en proposant des formations sur le lieu de travail, des programmes de mentorat et des postes de débutants à court terme, qui offrent aux jeunes de réelles possibilités de carrière et contribuent à réduire l’inadéquation des compétences.
La mobilité de la main-d’œuvre et les talents du monde entier
Pour remédier aux pénuries dans les secteurs stratégiques, l’Union doit réduire les obstacles à la mobilité de la main-d’œuvre et à la reconnaissance des qualifications. La simplification des procédures et l’apprentissage mutuel entre les États membres sont essentiels. Pour attirer des talents qualifiés du monde entier, les employeurs sont aussi favorables à une simplification de la politique des visas et à des programmes de formation en vue de recrutements (train to hire programmes), qui garantissent l’équité tout en renforçant la réserve de talents de l’Europe.
Une gouvernance plus intelligente, des investissements plus importants
La gouvernance se doit absolument d’être cohérente. Le groupe des employeurs est favorable à une plus forte participation des partenaires sociaux, à tous les niveaux de l’élaboration des politiques. Nous devons également faire face au sous-investissement dans l’éducation. Les programmes de l’Union tels qu’Erasmus+, le Fonds social européen plus (FSE+) et le programme pour une Europe numérique devraient être renforcés pour aider les États membres à financer les compétences dont ils ont besoin pour être compétitifs à l’échelle mondiale.
Conclusion
La compétitivité dépend avant tout de personnes. Les compétences ne sont pas seulement une question de main-d’œuvre: elles sont au cœur de l’avenir économique de l’Europe. Le groupe des employeurs continuera de plaider en faveur d’une politique des compétences axée sur les entreprises, inclusive et tournée vers l’avenir. Nous nous réjouissons à la perspective de réagir à la recommandation à venir de la Commission et de faire en sorte que l’union des compétences soit bénéfique pour les travailleurs comme pour l’industrie.
Par Mariya Mincheva, membre du CESE et rapporteure de l’avis SOC/837 sur le thème «Union des compétences».