Chères lectrices, chers lecteurs,

Je vous souhaite chaleureusement une bonne reprise. Le mois de septembre est toujours synonyme d’énergie renouvelée et de nouveaux objectifs. Si les défis auxquels l’Europe est confrontée n’ont pas diminué au cours de l’été — on pourrait même, malheureusement, considérer qu’ils se sont accentués — notre détermination collective à les relever n’a pas faibli non plus.

Ce mois-ci, en Europe, tous les regards étaient tournés vers le discours sur l’état de l’Union présenté par Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne. Dans ma réaction, j’ai souligné que cette intervention présentait une image réaliste des difficultés qui attendent l’Europe, tout en dessinant un avenir au cours duquel notre Union pourra être plus forte, plus résiliente, et plus autonome. L’accent mis sur la compétitivité, l’achèvement du marché unique, la résilience au changement climatique et la protection de la démocratie fait écho à de nombreuses priorités que le CESE a toujours défendues. 

Je salue tout particulièrement la reconnaissance du fait que la transition écologique et la préparation de l’Europe aux défis liés au climat doivent rester au cœur de l’élaboration des politiques. Dans le même temps, cette transition doit être socialement équitable, protéger les travailleurs et offrir aux entreprises les conditions nécessaires pour innover, investir et être compétitives. 

L’Initiative européenne pour l’eau et les mesures de résilience au changement climatique qui ont été proposées constituent des avancées positives pour atteindre ces objectifs. Dans ce contexte politique, j’ai été ravi de lancer il y a quelques jours la plateforme européenne des parties prenantes sur la résilience dans le domaine de l’eau avec Jessika Roswall, commissaire européenne, et Carlos Moedas, vice-président du groupe PPE au Comité européen des régions. Il s’agit là d’une étape essentielle de la concrétisation des ambitions de l’Union dans le domaine de l’eau. 

Un autre aspect important du discours sur l’état de l’Union concernait les jeunes et l’environnement numérique. Protéger les enfants en ligne et soutenir leur bien-être sont des questions qui méritent une attention permanente. Nos enfants hériteront de l’Europe que nous construisons aujourd’hui. Chacun d’entre nous doit donc faire en sorte qu’ils puissent prospérer en toute sécurité dans un environnement numérique en constante évolution. 

Mme von der Leyen a également évoqué la sécurité économique de l’Europe et la nécessité de rééquilibrer les dépendances stratégiques, y compris en ce qui concerne la Chine. Ce sujet a été soulevé durant la table ronde UE-Chine qui s’est tenue à Hangzhou le 14 septembre, lors de laquelle j’ai dirigé une délégation du CESE. Nous avons discuté activement de divers sujets avec le Conseil économique et social chinois, dont le commerce, l’intelligence artificielle et la réduction de la pauvreté. Des différences subsistent, mais le dialogue et les échanges interpersonnels restent le moyen le plus efficace de renforcer la compréhension mutuelle et de recenser les intérêts communs. Une relation plus équilibrée entre l’UE et la Chine est essentielle, mais l’engagement de la société civile doit rester un élément clé de l’approche européenne. 

En ce qui concerne mes activités futures, je me rendrai au Monténégro le mois prochain pour rencontrer des responsables politiques, mais aussi bien sûr des représentants de la société civile organisée, dont l’engagement est indispensable à la réussite du processus d’élargissement. L’élargissement reste l’une des plus grandes réalisations de l’Union, mais il ne peut être guidé par les seules institutions. La société civile doit être au cœur du processus.

Le CESE continue également de travailler en étroite coopération avec la présidence irlandaise du Conseil de l’Union, ce qui reflète une volonté commune de faire en sorte que les politiques européennes restent liées aux réalités vécues par les citoyens, les travailleurs et les entreprises. J’ai eu l’occasion de participer à la réunion informelle des ministres de l’emploi et de la politique sociale de l’Union (Conseil EPSCO) en juillet et à celle des ministres de l’agriculture (Conseil AGRI) en septembre, au cours desquelles les discussions ont porté respectivement sur l’inclusion sociale et l’avenir du bétail au sein de l’Union. Cet engagement se poursuivra dans les mois à venir, sur des sujets tels que le logement, l’égalité et la compétitivité, ou encore la pauvreté intergénérationnelle. 

Un moment clé de notre calendrier d’automne sera notre conférence sur la pauvreté, qui aura lieu en octobre. Malgré les progrès de l’Europe, trop de personnes continuent d’être confrontées à la pauvreté, à l’exclusion sociale et à l’insécurité. Chaque statistique cache une histoire humaine, et ce sont ces histoires qui me motivent. Alors que l’Europe débat de la compétitivité, de l’autonomie stratégique et de la transformation technologique, nous ne devons pas perdre de vue la dimension sociale de notre Union.

La conférence réunira des décideurs politiques, des organisations de la société civile et des parties prenantes de toute l’Europe afin d’aborder des solutions pratiques et de renforcer notre engagement qui vise à réduire la pauvreté et l’exclusion. 

Une nouvelle saison de travaux commence, et je reste optimiste quant à l’avenir de l’Europe. Les défis sont importants, mais notre capacité à réagir l’est aussi, lorsque nous travaillons main dans la main. Le CESE continuera à jouer son rôle en plaçant les points de vue de la société civile organisée au cœur du processus décisionnel européen et en contribuant à construire une Europe compétitive, résiliente, démocratique et inclusive pour tous. 

Séamus Boland

Président du Comité économique et social européen