Marija Hanževački, vice-présidente du CESE chargée de la communication, a accueilli la 18e édition du séminaire «Connecter l’UE», la manifestation phare du CESE en matière de communication, organisée conjointement avec le Conseil économique et social de Bulgarie et tenue à Sofia en juillet. En tant que première interlocutrice de notre couverture du séminaire, elle aborde avec nous ses principales discussions et conclusions.

Les 6 et 7 juillet, nous avons organisé le séminaire «Connecter l’UE» dans la capitale bulgare afin d’y discuter pendant deux jours de certaines des questions les plus urgentes auxquelles l’Europe est confrontée. Organisé conjointement par le CESE et le Conseil économique et social de la République de Bulgarie à l’université Saint-Clément-d’Ohrid de Sofia, le séminaire a réuni des membres du CESE et des communicateurs de la société civile, parmi lesquels des responsables de la communication et attachés de presse des associations d’employeurs, des syndicats et des organisations de la société civile, ainsi que des journalistes, des chercheurs et des représentants des institutions européennes et nationales.

Dans la section «Coup de projecteur» de ce numéro de septembre de CESE info, nous vous présentons les faits marquants de l’édition 2026 du séminaire «Connecter l’UE», au cas où vous auriez manqué l’événement ou souhaitez simplement un récapitulatif.

Le thème choisi cette année, à savoir «Défendre les valeurs européennes: les pouvoirs de la société civile», reflète la période difficile que traverse actuellement l’Europe. Les hypothèses qui ont façonné notre continent depuis des décennies sont de plus en plus remises en question, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de nos frontières.
Nous faisons face à des tensions géopolitiques et à des défis en matière de sécurité croissants, à une pression toujours plus forte pour renforcer notre compétitivité et à des menaces de plus en plus graves pour la démocratie.

Notre première discussion a porté sur la nouvelle boussole économique de l’Europe. Nous nous sommes demandé comment l’Europe pourrait aligner les efforts visant à renforcer la compétitivité de son économie sur son modèle social spécifique et sur les ambitions environnementales qui la distinguent depuis longtemps. Les présidents et représentants des trois groupes du CESE — Sandra Parthie, Florian Marin et Cillian Lohan — ont ouvert le débat en discutant de ce à quoi devrait ressembler une Europe compétitive, sociale et durable. La table ronde qui a suivi a permis de confronter différents points de vue sur la réglementation, le niveau de vie des travailleurs, les garanties environnementales et les conditions dont l’Europe a besoin pour construire une économie plus forte.

Ces questions ne peuvent être dissociées de la place que nous occupons dans le monde. Dans son discours liminaire, le journaliste et auteur Dave Keating a abordé la dépendance de l’Europe à l’égard des États-Unis et fait valoir qu’elle devait développer sa capacité à façonner son propre avenir. À l’heure où les alliances de longue date évoluent et où les dépendances économiques et sécuritaires comportent de plus en plus de risques, l’Europe doit décider de ce que devrait signifier une plus grande souveraineté dans la pratique.

Notre deuxième grand débat a porté sur la démocratie. L’ingérence étrangère, la désinformation, le populisme et l’influence croissante des plateformes en ligne déterminent ce que les Européens voient et façonnent leurs convictions et, en fin de compte, la manière dont ils votent. La présentation du rapport sur La TikTokcratie dans les Balkans par le Balkan Free Media Institute (BFMI) a montré comment la manipulation algorithmique et des réseaux coordonnés de faux comptes peuvent influencer les élections et exploiter les faiblesses de la surveillance des plateformes.

Nous avons examiné si la vérification des faits, la réglementation des médias et des initiatives telles que le bouclier européen de la démocratie étaient suffisantes pour contrer ces menaces. Mais la défense de la démocratie ne consiste pas seulement à lutter contre les fausses informations. Elle implique également de rétablir la confiance, de renforcer les médias indépendants et la société civile, et de communiquer de manière plus convaincante sur la manière dont la démocratie européenne améliore la vie des citoyens.

Il y a cependant de bonnes raisons de ne pas céder au pessimisme. Plus de la moitié des Européens continuent de faire confiance à l’UE, 57 % sont satisfaits du fonctionnement de la démocratie au niveau de l’Union et 73 % considèrent cette dernière comme un lieu de stabilité dans un monde troublé. La démocratie mérite toujours d’être défendue, et les Européens continuent d’y croire.

Le deuxième jour, nous sommes passés des débats aux outils pratiques. Nos sessions consacrées à l’IA ont porté sur la façon dont l’intelligence artificielle transforme la manière dont les informations sont produites, diffusées et vérifiées. Les participants se sont penchés à la fois sur son potentiel et sur les risques qu’elle comporte, notamment dans le cadre de la vérification des faits et de la vérification numérique, ou encore de l’utilisation d’agents d’IA dans le travail de communication quotidien. Nous avons conclu par un atelier pratique LinkedIn sur la création de contenus percutants, l’établissement de liens professionnels constructifs et la manière d’utiliser l’IA sans perdre sa propre voix.

Notre ambition n’était pas de résoudre tous les problèmes de l’Europe en deux jours. Néanmoins, j’espère que nous avons quitté Sofia avec une meilleure compréhension des défis à venir, de nouvelles idées et des moyens plus efficaces de communiquer sur l’Europe. La société civile a un rôle essentiel à jouer, non seulement pour défendre les valeurs européennes, mais aussi pour faire en sorte que les citoyens puissent reconnaître la valeur de celles-ci dans leur vie quotidienne.

 

Vous trouverez plus d’informations sur le séminaire «Connecter l’UE 2026» sur le site web de l’événement, où il vous sera possible de visionner les enregistrements de toutes les tables rondes et sessions. Ils sont également disponibles sur la chaîne YouTube du CESE.