European Economic
and Social Committee
SOYEZ VOUS-MÊME
Diana Magling est le visage de l’exposition photographique To Belong («Appartenir») du photographe danois Andreas Haubjerg, actuellement présentée au CESE, qui capture avec force les réalités des personnes porteuses d’un handicap. Diana, productrice de contenus passionnée, travaille pour TV Glad, la première chaîne de télévision danoise à être gérée par des personnes handicapées pour les personnes handicapées, au nom de laquelle elle interviewe des célébrités danoises pour le programme populaire En Særlig Samtale («Une conversation spéciale»). Lors d’un échange avec CESE info, Diana nous a confié ce qui lui donne le sentiment d’«appartenir», précisément, à la société et expliqué ce qu’il conviendrait de faire pour que les personnes porteuses d’un handicap se sentent entendues et comprises.
Qu’est-ce qui vous a conduit à travailler pour TV Glad?
Dans mon ancienne école, je n’étais pas bien traitée. L’endroit n’était pas fait pour moi. C’est alors que mon père a découvert TV Glad, pour laquelle je travaille avec grand bonheur depuis lors.
Comment est née l’idée d’En Særlig Samtale [NdR: une série d’entretiens menés par Diana]?
Il existe une entreprise de médias appelée Strong Productions, qui collabore avec DR, la société publique danoise de radiodiffusion. TV Glad s’est associée à elle. Ensemble, elles réalisent des entretiens qui font l’objet d’une préparation minutieuse destinée à connaître la personne interrogée. Ces entretiens s’inscrivent dans une démarche bienveillante et respectueuse.
Certains entretiens réalisés pour En Særlig Samtale vous ont-ils particulièrement marquée?
Oui, plusieurs. J’ai notamment été particulièrement touchée par l’échange que j’ai eu avec le célèbre chanteur danois Thomas Helmig. Il avait perdu son fils six mois auparavant, et notre entretien était la première fois qu’il se confiait à ce sujet.
Pensez-vous que votre personnalité et votre parcours donnent une touche particulière à vos entretiens? Les gens s’ouvrent-ils davantage à vous?
Oui, c’est tout à fait le cas. Cela fait une différence. J’obtiens des réponses qu’on ne trouve pas ailleurs.
Vous avez déclaré que TV Glad vous donnait un sentiment d’appartenance. Devrait-il y avoir davantage de projets de ce type en Europe?
Oui, mille fois oui! Ce serait à la fois fabuleux et tellement important. Des projets tels que TV Glad aident les personnes présentant des besoins spécifiques à être entendues et comprises.
De tels projets contribueraient-ils à combler le fossé qui sépare les personnes présentant des besoins spécifiques et le grand public?
Oui, sans aucun doute.
Des projets tels que TV Glad devraient-ils recevoir davantage de soutien direct de la part de l’UE?
Oui, absolument. Je n’ai jamais constaté la moindre implication claire de l’UE au cours de ma carrière. Si elle existe, elle n’était pas visible.
Si vous pouviez vous adresser directement aux dirigeants de l’UE, que leur diriez-vous?
Je leur dirais d’écouter et de respecter les personnes présentant des besoins spécifiques. Le plus important, c’est de mieux nous comprendre.
Vous avez évoqué le fait que les gens ne comprenaient pas votre situation à l’école. Les établissements scolaires devraient-ils en faire davantage pour soutenir les élèves présentant des besoins spécifiques?
Absolument. Je vivais dans l’angoisse, j’ai fait deux crises de panique et j’ai même commencé à perdre mes cheveux parce que je n’étais pas écoutée. Les enseignants doivent comprendre que certains besoins ne sont pas visibles. Ils doivent être réellement à l’écoute de leurs élèves.
La photo de vous qui est présentée dans le cadre de l’exposition marque les esprits. Que ressentez-vous à l’idée de savoir qu’elle sera vue par tant de monde?
C’est épatant. Les gens viennent vers moi pour me parler de cette photo. Elle est très forte sur le plan émotionnel, et je suis absolument ravie qu’elle soit exposée au CESE.
Sur la photo, vous serrez quelqu’un dans vos bras. Quelle est l’histoire qui se cache derrière ce cliché?
Il s’agissait d’un moment très particulier. La personne que je serre dans mes bras est porteuse du syndrome de Tourette et ne voulait pas être touchée par qui que ce soit. Mais elle m’a permis de l’enlacer, ce qui signifiait beaucoup.
Vous êtes une fan absolue du Grand Prix Melodi, l’épreuve danoise qui détermine qui représentera le pays au concours Eurovision de la chanson. Quels sont les aspects que vous appréciez?
C’est tellement important pour moi! Je suis une grande admiratrice de Roberto Bellarosa. J’aime la musique, les costumes — c’est une soirée phénoménale qui ne s’arrête jamais.
Pensez-vous que la culture joue un rôle dans l’intégration des personnes présentant des besoins spécifiques?
Bien sûr, elle joue un rôle fondamental.
Avez-vous l’impression de servir de modèle actuellement?
[En souriant:] Oui, je pense que j’en suis un. Mais j’espère pouvoir servir d’exemple à tout le monde.
Quel message souhaiteriez-vous transmettre à ceux qui se sentent exclus ou qui ont vécu des expériences similaires à la vôtre?
Soyez vous-même. Tout simplement: soyez vous-même.
Diana Magling, 24 ans, est une présentatrice danoise de télévision active dans les secteurs du journalisme, de la représentation culturelle et de la narration inclusive. Elle est porteuse du syndrome de Williams, une maladie génétique rare. L’exposition de clichés du photographe danois Andreas Haubjerg, dans laquelle figure également Diana, se tiendra au CESE jusqu’au 19 septembre. Son lancement marque le début de la présidence danoise du Conseil de l’UE.