Le CESE a adopté une série de recommandations pour faire face à la crise du coût de la vie en Europe, soulignant la nécessité d’agir simultanément en faveur d’une aide immédiate et de réformes destinées à s’inscrire dans le long terme. La hausse des factures énergétiques, la flambée des prix des denrées alimentaires et les logements inabordables frappent durement les ménages, ce qui met en lumière les faiblesses structurelles des systèmes économiques et sociaux européens.

Dans son avis, qui s’insère dans un train de mesures plus large, le CESE plaide en faveur d’une action urgente de l’Union et de ses États membres pour protéger les groupes vulnérables, mettre en avant l’équité et conforter la résilience. «L’inflation a certes commencé à ralentir, mais les prix restent nettement supérieurs aux niveaux d’avant crise. Le problème touche non seulement les plus vulnérables d’entre nous, mais aussi l’épine dorsale de notre société», a mis en garde Thomas Kattnig, rapporteur.

Le CESE fait valoir que le soutien à court terme doit se combiner à un changement structurel, en mettant en évidence cinq domaines clés: garantir l’accès aux services essentiels tels que le logement, l’énergie et la santé; réformer les marchés de l’énergie et supprimer progressivement les subventions allouées aux combustibles fossiles; reconstruire la base industrielle et la résilience de l’approvisionnement de l’Europe; simplifier la réglementation dans l’optique de réduire les coûts sans pour autant abaisser les normes; et enfin, fournir une aide sociale ciblée, y compris des régimes de revenu minimum et des subventions à la location.

C’est d’ailleurs au logement que l’avis donne la priorité, le rapporteur Krzysztof Balon préconisant une extension à grande échelle du logement abordable et du logement social, ainsi qu’à une plus grande souplesse des règles européennes en matière d’aides d’État. L’emploi et les compétences sont aussi essentiels à ses yeux, et il plaide en faveur de salaires équitables, de politiques inclusives, de soutien à l’économie sociale et de possibilités d’apprentissage tout au long de la vie.

Il croit aussi beaucoup à la nécessité d’une économie «parée pour l’avenir». Le rapporteur Krister Andersson, pour sa part, fait valoir que le renforcement du marché unique, la promotion des investissements et la gestion équitable des transitions écologique et numérique sont cardinaux, tant pour la compétitivité que la cohésion. (tk)