Par le groupe des travailleurs du CESE

Cet été, la cruelle réalité des incendies de forêt a de nouveau donné un tour extrêmement concret au débat sur la «préparation» et «l’état de préparation» de l’Europe. Au-delà du jargon quelque peu abscons utilisé par les instances de l’Union européenne, nos sociétés restent marquées par de dures réalités, qui posent des problèmes tangibles et urgents à traiter.

À la date du 27 août 2025, le nombre d’hectares partis en fumée dans l’ensemble de l’Union européenne s’élevait à plus d’un million, soit près de cinq fois plus qu’en 2024. Du fait des sécheresses prolongées et des températures et conditions météorologiques extrêmes, le bilan humain est d’ores et déjà encore plus lourd que lors d’un été ordinaire, en particulier dans le sud de l’Europe, avec notamment le décès de pompiers professionnels et volontaires qui étaient en première ligne pour lutter contre les incendies.

Le changement climatique est déjà bien visible, avec des effets qui se renforcent d’eux-mêmes. Les 38,68 Mt de CO2 dégagées jusqu’à présent par les incendies équivalent aux émissions annuelles de plus de huit millions de voitures. Cela montre, s’il fallait encore le prouver, qu’adopter des politiques en matière de changement climatique n’est pas une option: ses conséquences sont déjà bien présentes.

La question va néanmoins au-delà du simple changement climatique: après des années d’austérité, de coupes budgétaires et de myopie et chamailleries politiques, les pays de l’Union se trouvent dans un mauvais état de préparation, y compris pour faire face à des conditions normales en matière d’incendies de forêt — sans parler des phénomènes exceptionnels, qui, à une vitesse alarmante, tendent à devenir la norme. Si la solidarité manifestée au niveau de l’Union sous la forme d’un partage des ressources s’avère très positive, il n’en reste pas moins que la capacité opérationnelle des services d’urgence se trouve très affaiblie, du fait du degré de fragmentation politique au sein des États membres, du manque de ressources et de personnel, ainsi que des querelles intestines constantes dans la vie politique.

À mesure que le changement climatique s’aggrave et que les débats budgétaires s’intensifient, en particulier en ce qui concerne les dépenses de défense, il importe plus que jamais de reconnaître la nécessité de prévoir des effectifs et des ressources suffisants pour les pompiers et tous les travailleurs intervenant en situation d’urgence. Avec la récurrence des épisodes, ces forces se révèlent vitales en temps de crise, comme nous l’avons vu pendant la pandémie, mais trop souvent, on leur prête un hommage de pure forme avant de les oublier dès que la crise est passée.