European Economic
and Social Committee
Le CESE presse l’Union européenne d’agir en faveur d’un avenir équitable et compétitif pour le secteur automobile
Le Comité économique et social européen (CESE) a récemment adopté un avis dans lequel il salue le plan d’action industriel de la Commission européenne, qui vise à aider l’industrie automobile de l’Union à traverser une période de profondes mutations. La transition vers des véhicules plus propres et plus numériques doit être organisée de manière à protéger les emplois, soutenir les entreprises et s’assurer qu’aucun travailleur ni aucune région ne soit laissé pour compte.
Le secteur automobile représente quelque 3,5 millions d’emplois directs et 4,5 millions de postes indirects, et affichait un excédent commercial de près de 90 milliards d’EUR en 2024. Il est cependant confronté à des mutations technologiques rapides, à l’évolution des attentes des consommateurs et à une concurrence mondiale accrue.
«Le secteur automobile passe du matériel au logiciel, de la mécanique à l’électronique et des motorisations conventionnelles aux motopropulseurs électriques. L’industrie automobile doit saisir les possibilités qu’offre la transformation écologique et numérique de l’écosystème automobile et en faire des atouts concurrentiels», explique le corapporteur Guido Nelissen.
Si le CESE soutient les objectifs climatiques de l’Union, il souligne néanmoins l’importance d’assortir la transition vers des véhicules à émissions nulles de mesures sociales et économiques fortes. Il appelle à l’élaboration d’une stratégie européenne axée sur le développement des compétences, l’innovation, les infrastructures et l’économie circulaire, en accordant une attention particulière aux PME, qui constituent l’épine dorsale de la chaîne d’approvisionnement. Une reconversion à grande échelle, soutenue par des fonds de l’Union tels que le Fonds social pour le climat, sera essentielle pour éviter les perturbations. Le Comité propose ainsi un passeport européen des compétences et une coopération renforcée entre l’industrie et l’enseignement.
Si l’innovation constitue un atout essentiel du secteur automobile, 15 % de sa valeur ajoutée étant investie dans la R&D, l’Europe reste à la traîne en ce qui concerne les logiciels et les technologies numériques. Le CESE appelle dès lors à augmenter les investissements dans les batteries, les véhicules autonomes et connectés et des normes logicielles communes.
Il insiste également sur la nécessité d’une meilleure coordination des politiques d’électrification, notamment en ce qui concerne l’accélération du déploiement des infrastructures de recharge, l’intégration des réseaux intelligents et le soutien au secteur de la réparation et de l’entretien.
Le Comité évoque pour finir les pressions commerciales et les importations en provenance de Chine, qui mettent en péril la compétitivité de l’Union. Il appelle à une défense commerciale renforcée, à la relocalisation de parties essentielles et à la conclusion de nouveaux accords commerciaux durables. (gb/dm)