Premier organe à avoir mis en œuvre un tel dispositif novateur, le Comité économique et social européen (CESE) affirme son rôle pionnier en matière de participation des jeunes et voit son test jeunesse salué par le commissaire européen Glenn Micallef lors d’un débat à Bruxelles.

S’exprimant lors de la session plénière de juillet du CESE, M. Micallef, commissaire à l’équité intergénérationnelle, à la jeunesse, à la culture et au sport, a indiqué que le Comité montrait la voie à suivre à l’égard des jeunes, en les traitant comme des partenaires d’égal à égal et non comme de simples voix consultatives dans le processus d’élaboration des politiques européennes.

«Les enjeux du logement, de la santé mentale, d’une éducation de qualité et de l’emploi des jeunes ne sont pas les préoccupations de demain: ce sont les priorités d’aujourd’hui. La confiance des jeunes ne coule pas de source; il faut la mériter en leur conférant un réel pouvoir et une véritable responsabilité», a-t-il déclaré.

Le test jeunesse des politiques publiques de l’UE, lancé en septembre 2024, examine si les nouveaux avis du CESE reflètent adéquatement les besoins des jeunes. À ce jour, 40 avis ont fait l’objet du processus — dont 27 avec succès — et plus de 70 organisations de jeunesse issues de l’ensemble de l’Union et des pays candidats y sont désormais associées. L’initiative a servi d’inspiration à la Commission pour sa propre évaluation d’impact du point de vue des jeunes, qu’elle mènera en 2025, et bénéficie d’ores et déjà de la reconnaissance de la Commission et du Parlement.

Le commissaire Micallef a cité de nouvelles mesures, dont une proposition d’augmentation de 50 % du budget d’Erasmus+, démontrant ainsi la détermination de la Commission à passer du stade de la consultation à celui des politiques concrètes.

Selon Oliver Röpke, président du CESE, le groupe sur les jeunes du CESE a joué un rôle décisif pour insuffler ce changement: «Nous devons faire en sorte que les jeunes, tout comme les personnes âgées, puissent être des acteurs à part entière de la société et de l’économie. L’avenir de l’Europe ne s’attend pas les bras croisés — il nous appartient de le construire ensemble.»

Créé en 2023, le groupe sur les jeunes, composé de 12 membres du CESE, supervise le test jeunesse et coordonne la participation des jeunes tout au long du processus législatif européen. Sa présidente, Katrīna Leitāne, a parlé d’un projet exigeant, mais dont «le retentissement se fait déjà entendre aux quatre coins de l’Europe».

Les responsables d’organisations de jeunesse ont également appelé à des réformes en profondeur. Rareș Voicu, président du Forum européen de la jeunesse, a exhorté l’Union européenne à intégrer officiellement l’évaluation d’impact du point de vue des jeunes dans sa boîte à outils pour une meilleure réglementation, tandis qu’Ozer Sahoglu, représentant du conseil consultatif de la jeunesse auprès du président du CESE, a mis en garde contre l’aggravation de la pauvreté, le coût inabordable du logement et le sous-financement de l’éducation, ajoutant que «les jeunes ne doivent pas seulement être entendus, ils doivent devenir une priorité».

Le CESE a une longue expérience des initiatives en faveur de la jeunesse, comme en témoignent sa désignation d’un délégué de la jeunesse à la COP et son événement annuel «Votre Europe, votre avis!». Le dispositif de sélection d’un délégué de la jeunesse à la COP, lancé en 2021, demeure unique en son genre à l’échelle de l’Union européenne et a récolté près de 500 candidatures cette année. (ks)