Le CESE met en garde contre un développement des pensions complémentaires qui affaiblirait les systèmes publics de retraite et plaide en faveur d’une approche équilibrée qui renforce les deux régimes.

Dans son avis relatif au train de mesures sur les retraites complémentaires de la Commission européenne, qui vise à améliorer les revenus de retraite tout en orientant davantage l’épargne privée vers l’économie, le CESE se range derrière ces objectifs, mais insiste sur le fait que l’adéquation, la sécurité et la confiance doivent primer. 

«Les retraites complémentaires peuvent avoir un rôle important à jouer, mais elles sont là pour compléter, et non affaiblir, les régimes publics», a déclaré María del Carmen Barrera Chamorro, rapporteure de l’avis. «La priorité doit rester claire: faire en sorte que chaque citoyen puisse jouir de sa retraite dans la dignité et la sécurité, en disposant d’un revenu adéquat.»

L’avis a été examiné et adopté à l’occasion d’un débat de haut niveau organisé lors de la session plénière d’avril, en présence de Maria Luís Albuquerque, commissaire européenne aux services financiers et à l’union de l’épargne et des investissements, Elma Saiz Delgado, ministre espagnole chargée de l’inclusion, de la sécurité sociale et de la migration, et Damian Boeselager, député au Parlement européen.

Dans son avis, le CESE demande que les retraites complémentaires soient rendues plus accessibles et compréhensibles, en particulier pour les personnes qui ne sont actuellement pas couvertes. Il recommande des règles plus claires, une meilleure information des épargnants et des garanties plus solides. Il plaide notamment en faveur d’une surveillance accrue au niveau de l’Union et de conseils plus transparents pour encadrer le choix des produits de retraite. Une éducation financière et des outils simples sont également nécessaires pour aider les citoyens à comprendre leurs droits et à prendre des décisions éclairées.

Le CESE attire l’attention sur les écarts importants en matière de pensions complémentaires, en particulier entre les hommes et les femmes, les femmes recevant parfois jusqu’à 40 % de moins de la part des régimes privés. Il demande que des mesures ciblées soient élaborées dans le cadre du dialogue social afin d’améliorer l’équité et de réduire le risque de pauvreté.

Tout en reconnaissant le rôle des retraites complémentaires pour soutenir l’investissement et la croissance économique, le CESE met en garde contre une prise de risque excessive avec l’épargne des citoyens. Il souligne par ailleurs que les réformes doivent respecter la diversité des systèmes nationaux et garantir la pleine participation des employeurs et des syndicats à la conception, à la mise en œuvre et au suivi des régimes de retraite professionnelle.

Mme Albuquerque a expliqué que «les pensions complémentaires sont pensées pour permettre aux citoyens de renforcer leur sécurité à long terme et leur apporter une aide bienvenue au moment de la retraite. C’est l’idée qui sous-tend le train de mesures sur les retraites complémentaires de la Commission européenne. Nous respectons pleinement les compétences des États membres et le rôle central des pratiques sociales. Notre objectif est de soutenir les pratiques partagées et de contribuer à créer des conditions ou des solutions favorables pour les citoyens.»

Mme Saiz Delgado a quant à elle déclaré: «Les régimes de pension complémentaire doivent reposer sur le principe de complémentarité. Ils n’ont en aucun cas vocation à remplacer les retraites légales. Il y a là un équilibre à trouver pour que le développement des régimes complémentaires ne se substitue pas à notre responsabilité d’assurer une prise en charge adéquate des retraités.» (tk)