Une application insuffisante des règles européennes communes, des menaces qui pèsent sur la confiance des consommateurs, une complexité excessive pour les PME ou encore une perte de compétitivité dans le secteur numérique comptent parmi les défis les plus lourds auxquels le marché unique se trouve confronté.

Le 3 juin dernier, le Comité économique et social européen (CESE), le Comité européen des régions (CdR) et le Parlement européen (PE) ont organisé conjointement une conférence intitulée «Une Europe, un marché: passer de la stratégie à la mise en œuvre». L’événement s’est penché sur la manière dont la nouvelle feuille de route de l’Union «Une Europe, un marché», lancée par les responsables politiques de l’UE en avril, pourrait se traduire en résultats concrets pour les citoyens et les entreprises.

La conférence a réuni des membres du CESE et du CdR, des députés au PE, des acteurs de la société civile et des experts pour débattre de l’avenir du marché unique européen: alors même qu’il forme l’un des piliers de l’intégration européenne, le marché unique reste fortement fragmenté, ce qui entrave la compétitivité et la croissance économique de l’Europe.

«Le marché unique est sous pression. Au CESE, nous avons cette capacité d’entendre sans filtre les préoccupations des entreprises, des travailleurs et de la société civile, à savoir de celles et ceux qui devraient bénéficier pleinement du marché unique, mais qui ont le sentiment de rester encore au milieu du gué», a déclaré Antje GERSTEIN, présidente de la section «Marché unique, production et consommation» du CESE.

«Pour créer le marché unique, il n’y a pas de formule magique! Le travail à accomplir est beaucoup plus difficile et plus terre-à-terre. Chaque dysfonctionnement doit être analysé très concrètement», a expliquéAnna CAVAZZINI, présidente de la commission IMCO du PE.

«Dans le contexte du prochain cadre financier pluriannuel et des futurs programmes de financement de l’Union, il s’impose de reconnaître que la politique de cohésion et le marché unique ne sont pas des priorités concurrentes: bien au contraire: elles se renforcent mutuellement. l’un ne peut réussir durablement sans l’autre», a déclaré Emma BLAIN, conseillère municipale de Dublin et membre du CdR.

La table ronde sur le thème «Sécurité et conformité des produits: renforcer la surveillance du marché pour améliorer les produits et la protection des consommateurs», axée sur les produits dangereux ou non conformes entrant sur le marché européen par l’entremise de places de marché en ligne — beaucoup parmi eux étant en provenance de Chine. Les intervenants ont souligné que le régime de responsabilité actuel ne reflète aucunement le commerce numérique, ce qui sape la confiance des consommateurs et entraîne d’importantes pertes financières.

Le débat sur les objectifs en matière de marchés publics, de durabilité et d’économie circulaire a mis en évidence la nécessité de règles plus simples, plus rapides et plus accessibles en matière de marchés publics, en particulier pour les PME. Les intervenants ont déploré que des procédures complexes et axées sur les prix dissuadaient souvent les petits opérateurs de soumissionner, et pouvaient avoir pour conséquence d’exclure des projets portés par des citoyens.

Lors de la table ronde sur le thème «Construire un marché unique plus intelligent et plus simple à l’ère numérique», la nécessité de règles prévisibles, de systèmes interopérables et de soutiens pratiques aux PME ont été mis en avant. Les entreprises demeurent confrontées à des obstacles liés à des systèmes nationaux incompatibles, à des règles fragmentées en matière de données, ainsi qu’à une interopérabilité insuffisante, tandis que la question d’une réglementation plus ou moins importante est restée ouverte. (ll)