Sauver du gouffre les petites entreprises, producteurs et artisans qui contribuent à la vitalité des petites localités de France est la mission que s’est donnée la plate-forme citoyenne «Bouge Ton Coq» lorsque la crise du COVID-19 a frappé la France de plein fouet. Corentin Emery, porte-parole de l’organisation, explique à CESE info la genèse de son action et ses projets pour l’avenir.

Quest-ce qui vous a incité à lancer votre projet ou votre initiative?

Notre mission est d’améliorer le quotidien dans les villages. Lorsque, moins d’une semaine après le confinement, nous avons été alertés par des associations locales et des élus ruraux sur la fragilité des acteurs de la vie de tous les jours dans les villages (la brasserie, le restaurant, le café, le centre équestre, etc.), nous nous sommes tout de suite mis en ordre de marche. Car dans ces lieux de vie, ces petits entrepreneurs font le ciment de la vie sociale! Il y avait urgence et nous voulions y répondre le plus rapidement possible pour éviter que le tissu social ne se déchire dans de nombreuses localités.

Comment votre projet a-t-il été accueilli? Avez-vous obtenu un retour d’information de la part des personnes que vous avez aidées?

Le projet a été tout de suite validé et pris en main, avec beaucoup de volontarisme, par l’Association des maires ruraux de France (AMRF), un réseau de 10 000 maires ruraux présents dans toute la France, avec qui nous avons mené cette opération d’urgence, et les maires au niveau local se sont intensément mobilisés auprès des commerçants et artisans de leur commune. Nous avons eu des retours extrêmement touchants de personnes qui n’avaient pas pour habitude de solliciter des aides extérieures et d'autres pour qui il s’agissait d’une vraie occasion à saisir pour préparer leur commerce à la reprise. Il nous est parvenu beaucoup de mots et de vidéos de remerciements et d’invitations dans les villages.

Comment utiliserez-vous ce financement particulier pour aider davantage encore le public concerné? Avez-vous déjà prévu de lancer de nouveaux projets? 

Ce financement nous sera utile pour donner encore plus d’ampleur à notre nouvelle opération en faveur du commerce de proximité dans les zones rurales. Nous sommes en train de mettre en œuvre un programme d’envergure qui vise à ouvrir 2 000 épiceries citoyennes et participatives dans les villages qui en ont le plus besoin. Nous sollicitons bien sûr les communes que nous avons soutenues lors du confinement pour implanter un commerce de ce type dans leur village afin d’améliorer leur attractivité et de diversifier leurs services auprès des habitants.

Quels conseils donneriez-vous à d’autres organisations pour obtenir des résultats dans le cadre d’actions et de programmes de ce genre?

De mettre tout leur cœur dans la cause! Aucun engagement n’est mieux récompensé que lorsqu’il est sincère et motivé par l’intérêt général. Nous croyons énormément en l’action collective et la mutualisation des ressources entre des partenaires aux métiers et aux capacités différents mais complémentaires. C’est ce qui nous a permis d’être en lien direct avec nos bénéficiaires et d’agir au plus vite.