Vers une stratégie de l’Union européenne pour une consommation durable (avis d’initiative)

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Note d’information: Vers une stratégie de l’Union européenne pour une consommation durable (avis d’initiative)

Informations pratiques


Contexte

Selon le rapport 2019 sur le développement durable en Europe, les pays européens jouent un rôle moteur à l’échelle mondiale en ce qui concerne les objectifs de développement durable des Nations unies (ODD), mais aucun d’entre eux ne semble actuellement en bonne voie pour atteindre ces objectifs d’ici à 2030. La mise en œuvre de l’ODD 12 sur la consommation et la production durables représente un véritable défi pour l’Europe, alors même que cette dimension est cruciale pour la réalisation du Programme 2030 dans son ensemble.

La manière dont nous consommons aujourd’hui – à un niveau très élevé et selon la trajectoire linéaire «prendre, fabriquer et éliminer» – ne sont pas durables au vu du caractère limité de la planète. Si les modes de consommation européens devaient s’appliquer à l’ensemble de la planète, il faudrait l’équivalent de trois fois la Terre pour soutenir l’économie mondiale. En fait, pour rester dans les limites de notre planète, d’ici 2050 , chaque Européen devra réduire de 80 % la quantité de ressources naturelles qu’il utilise actuellement pour sa nutrition, son logement, sa mobilité et ses loisirs.

Selon l’OCDE, les gouvernements jouent un rôle essentiel pour encourager les populations à intégrer le facteur environnemental dans leur vie quotidienne et leurs achats. L’Union a beau disposer d’un certain nombre d’outils politiques de qualité sur lesquels elle pourrait s’appuyer, notamment la directive sur l’écoconception, les réglementations relatives à l’écolabel ou à l’EMAS, ou encore le plan d’action de 2008 pour une consommation et une production durables et pour une politique industrielle durable, il nous manque encore cette approche globale de la consommation durable qui devrait être au cœur du pacte vert pour l’Europe. Jusqu’à ce jour, la plupart des interventions ont ciblé des mesures axées sur l’offre visant à atténuer les effets négatifs de l’économie linéaire actuelle, notamment en améliorant l’efficacité de l’utilisation de l’énergie et des ressources lors de la production et de la gestion des produits en fin de vie. Le côté de la demande a été davantage négligé, et les incidences environnementales liées à la consommation restent excessivement élevés.

Cet avis se donnera pour objectif d’élaborer des recommandations pour une politique européenne globale en faveur d’une consommation durable couvrant, par exemple, la nutrition, la mobilité, le logement et les modes de vie, dans le cadre du pacte vert européen et en complément du train de mesures sur l’économie circulaire. Il accordera une attention particulière à l’impact d’une telle politique sur les populations vulnérables et les ménages à faible revenu. Une stratégie de consommation durable est nécessaire pour fournir un cadre aux États membres et faire en sorte que le secteur privé puisse répondre aussi bien à la consommation des ménages qu’à celle du secteur public. L’avis insistera sur le fait qu’une telle politique devra s’appliquer à trouver un équilibre entre les trois dimensions de la durabilité, et contribuer non seulement à l’ODD 12, mais encore à la réalisation de tous les ODD d’ici 2030. Le renforcement du caractère durable de la consommation ne devra pas se faire au détriment d’autres objectifs sociétaux tels que la justice sociale, la santé, le bien-être et la qualité de vie.