Veiller à la participation de tous à la transition des secteurs vers une industrie ferroviaire numérisée (avis d’initiative)

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Avis du CESE: Veiller à la participation de tous à la transition des secteurs vers une industrie ferroviaire numérisée (avis d’initiative)

La numérisation est sur toutes les lèvres, souvent évoquée comme une force irrésistible de changement. On nous dit que par son ampleur, sa rapidité et sa complexité, la quatrième révolution industrielle (Industrie 4.0) est sans commune mesure avec tout ce que l’humanité a connu auparavant. Ces changements sont en train de transformer la nature du travail et le comportement individuel des usagers en Europe, sans considération de la place et du rôle du facteur humain.

 

Or, tous les types de transport et de logistique sont concernés par l’automatisation et la numérisation. Certaines estimations pessimistes prédisent des pertes d’emplois dans l’ensemble de l’économie de l’ordre de 40 à 50 %, tandis que des prévisions plus optimistes les situent entre 8 et 10 %. Des professions entières, comme les chauffeurs et les dockers, pourraient disparaître dans le secteur des transports. Les services de transport dans un environnement fermé et prévisible devraient être les premiers concernés, notamment toutes les tâches répétitives qui peuvent être facilement programmées et reprises par des ordinateurs ou des robots. Les nouveaux emplois consisteront entre autres à superviser les ordinateurs et à les programmer. Une tendance à la disqualification de certains emplois est possible, par exemple dans le domaine de la maintenance, tout comme l’est une tendance à la qualification à la hausse d’autres emplois. Potentiellement, il devrait y avoir davantage de possibilités de travail dans l’aide et les services à la clientèle. La numérisation permet une délocalisation plus efficace des tâches de service de transport, puisque même la supervision des machines ou des navires, des trains et des camions peut être délocalisée. Elle a aussi un impact considérable sur la santé et la sécurité au travail (risques psychosociaux): connectivité permanente et possibilités accrues de contrôle et de suivi des performances. La protection des données des travailleurs pose également un problème.