European Economic
and Social Committee
Trafic de migrants
Points clés
Le CESE:
- attire l’attention sur l’augmentation du trafic d’êtres humains au cours des 20 dernières années, en raison des violations des droits de l’homme, des conflits, de facteurs économiques, environnementaux et autres dans les pays d’origine, mais aussi du manque de moyens légaux pour entrer sur le territoire de nombreux pays;
- se félicite du plan d’action renouvelé de l’UE contre le trafic de migrants (2021-2025) et de l’approche globale qu’il propose; comprend que la protection des frontières extérieures est une priorité pour l’Union, mais estime qu’elle doit toujours se faire dans le respect des droits de l’homme;
- insiste sur l’importance d’éviter toute criminalisation de la solidarité, et considère que le rôle joué par les acteurs de la société civile, les entités sociales et les ONG dans l’aide et le soutien aux victimes du trafic de migrants devrait être reconnu comme une action humanitaire, dans l’esprit de renforcer les principes de l’Union;
- estime que la lutte contre le trafic d’êtres humains devrait s’inscrire dans le cadre d’une approche axée sur «l’ensemble de la route», ce qui implique en autres d’améliorer la coopération judiciaire et policière et de renforcer les actions visant à prévenir l’exploitation des personnes victimes de trafic et à assurer leur protection; juge nécessaire d’accorder une attention particulière aux victimes de trafic, et notamment aux personnes les plus vulnérables, comme les mineurs (non accompagnés);
- souligne que l’existence de canaux légaux, efficaces et sûrs, ainsi que la défense du droit d’asile, est essentielle pour enrayer une grande partie de cette activité illicite; est d’avis que la lutte contre le trafic de migrants exige aussi de renforcer l’application de la directive relative aux sanctions à l’encontre des employeurs, étant donné que des liens peuvent être établis entre le travail clandestin et les réseaux de trafic d’êtres humains;
- condamne l’instrumentalisation qui fait des migrants et des demandeurs d’asile des éléments de déstabilisation;
- souligne la nécessité de soutenir les travaux de la plateforme pluridisciplinaire européenne contre les menaces criminelles (EMPACT) et ceux de l’agence de l’Union européenne pour la coopération judiciaire en matière pénale (Eurojust), et d’améliorer la collecte d’informations et les campagnes d’information organisées en amont et portant sur les risques liés au trafic de migrants;
- se félicite que l’approche proposée prévoit d’approfondir la coopération et le dialogue avec les pays voisins en matière de lutte contre les réseaux de passeurs; considère en outre qu’il pourrait être intéressant de développer des partenariats opérationnels de lutte contre le trafic de migrants avec des pays tiers mais met en garde contre la conclusion de tels partenariats avec des pays sujets à des violations systématiques des droits de l’homme;
- estime qu’afin de renforcer les actions visant à prévenir l’exploitation des personnes victimes de trafic et à assurer leur protection, il convient de développer des actions pilotes prévoyant la participation des administrations et des acteurs sociaux des pays d’origine, de transit et de destination.