Plan européen pour vaincre le cancer: vers un approvisionnement sûr en radio-isotopes à usage médical

Plan européen pour vaincre le cancer: vers un approvisionnement sûr en radio-isotopes à usage médical

Information pratique

  • Composition du groupe d'étude
  • Administrateur Maja RADMAN, Assistante Maria Grazia RUOCCO
  • Prévu pour la réunion de la section TEN du 16 mai 2024
  • Prévu pour la réunion plénière des 30-31 mai 2024

 

Contexte

Le plan européen pour vaincre le cancer témoigne de l’engagement politique à ne rien négliger dans la lutte contre cette maladie. Les technologies radiologiques et nucléaires sont indispensables dans ce contexte, en ce qu’elles apportent une contribution importante à toutes les étapes des soins prodigués aux patients, y compris le dépistage précoce, le diagnostic, le traitement et les soins palliatifs. Chaque année, jusqu’à dix millions de patients européens ont recours à l’imagerie médicale nucléaire aux fins du diagnostic d’un cancer, d’une affection cardiaque, etc. Des dizaines de milliers de patients atteints d’un cancer ont besoin d’une thérapie par radionucléides, laquelle constitue souvent le seul traitement disponible. Les usages thérapeutiques se développent et la demande ne cesse de croître.

Des entreprises et des chercheurs européens ont mis au point certains des derniers traitements par radionucléides contre le cancer, par exemple la thérapie à base de Lutetium-177 contre les tumeurs endocrines et le cancer de la prostate. Bien qu’il joue un rôle de premier plan dans l’approvisionnement en radio-isotopes à usage médical sur le marché mondial, le réseau européen de réacteurs de recherche utilisé pour produire des radio-isotopes est assez ancien (il a en moyenne environ 50 ans) et plusieurs de ces réacteurs devraient cesser définitivement leurs activités au cours de la prochaine décennie. Selon les projections actuelles, l’Union doit se doter d’au moins un nouveau réacteur de recherche pour couvrir ses propres besoins à l’avenir.

Par ailleurs, l’UE dépend totalement des États-Unis (pour 80 % environ) et de la Russie (pour les quelque 20 % restants) concernant la fourniture d’uranium métallique faiblement enrichi à forte teneur (enrichi à 19,75 % en uranium-235) qui est employé dans les réacteurs de recherche comme combustible et comme cible pour la production de radio-isotopes. Elle est fortement dépendante en ce qui concerne l’approvisionnement en cibles d’isotopes stables qui permettent de produire certains radio-isotopes à usage médical. L’Union dépend notamment à 100 % de la Russie pour son approvisionnement en isotopes stables destinés à la production de certains radio-isotopes thérapeutiques modernes, par exemple l’Yterbium-176 stable utilisé pour produire du Lutetium-177.

Compte tenu des besoins croissants en radio-isotopes, l’Union doit garantir un approvisionnement à long terme en radio-isotopes à usage médical, afin de maintenir l’accès des patients européens à des procédures thérapeutiques vitales et de soutenir la mise au point de nouveaux traitements contre le cancer. Le plan d’action SAMIRA est le plan d’action global de l’UE qui vise à soutenir une utilisation sûre, fiable et de qualité des technologies radiologique et nucléaire dans le secteur des soins de santé. Il définit les actions de l’Union dans trois domaines clés: sécuriser l’approvisionnement en radio-isotopes à usage médical, améliorer la qualité et la sûreté radiologiques dans le domaine médical, et faciliter l’innovation et le développement technologique d’applications médicales utilisant des rayonnements ionisants.

L’avis d’initiative devrait porter essentiellement sur les moyens de satisfaire la demande de radio-isotopes à usage médical compte tenu des dépendances de l’Europe, du vieillissement de son parc nucléaire, du manque de ressources humaines dans ce secteur et surtout de la demande croissante. Il devrait apporter des pistes de réponse concernant la manière d’atténuer les dépendances et réfléchir à la nécessité de prendre des mesures au niveau de l’UE, y compris le renforcement de la coopération avec les partenaires mondiaux.

Cette thématique présente un intérêt particulier pour la section TEN, car elle définit la façon dont une source d’énergie peut être utilisée dans d’autres domaines. Elle concerne en outre l’autonomie stratégique, la primauté industrielle, l’approvisionnement et les infrastructures énergétiques, la recherche, l’éducation et la création d’emplois.