Orientations stratégiques pour le développement durable de l’aquaculture dans l’Union européenne

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Avis du CESE: Orientations stratégiques pour le développement durable de l’aquaculture dans l’Union européenne

Points clés

  • Le CESE soutient les efforts et initiatives déployés par la Commission européenne pour aider le secteur à se développer et à devenir plus durable. Malgré cela, le secteur aquacole de l’Union européenne n’atteint pas son véritable potentiel de croissance. Le CESE est préoccupé par le fait que 65 % des produits aquatiques consommés en Europe proviennent d’importations.
  • Les choix des consommateurs ont évolué vers un mode de vie qui accorde davantage d’importance à la nutrition, le poisson et les produits de l’aquaculture figurant en tête de leurs préférences. Il s’agit là d’une opportunité de croissance importante pour le secteur, mais aussi d’une responsabilité pour assurer la sécurité alimentaire future de l’Union européenne. La garantie d’une alimentation sûre, saine et durable dans l’Union devrait être l’une des principales priorités.
  • Un effort coordonné de la Commission européenne et des États membres est nécessaire pour renforcer la capacité de production et la rentabilité du secteur. La simplification immédiate des procédures administratives doit être complétée par des normes environnementales élevées, afin de préserver les écosystèmes et la biodiversité et d’améliorer la qualité de l’eau. Le CESE se félicite de la proposition de la Commission de mettre en place des guichets uniques pour les licences aquacoles dans tous les États membres.
  • Le CESE considère qu’il convient de trouver un juste équilibre entre la préservation de la biodiversité de la Terre et le respect des exigences alimentaires nécessaires, en tenant compte des incidences sociales, d’une vie saine et de la protection de l’environnement. Il s’impose de préserver et de protéger les eaux marines et intérieures, tout en promouvant des activités aquacoles durables, susceptibles de garantir la nourriture dont la population de l’UE a besoin.
  • La disponibilité d’espace constitue un obstacle important au développement du secteur. Le CESE estime qu’il convient de développer davantage les installations aquacoles, en particulier dans les zones côtières et rurales de l’Union, là où d’autres activités économiques ne sont pas appropriées. Le CESE invite les États membres à mettre en place des projets coordonnés d’aménagement du territoire, y compris la planification au niveau des bassins maritimes, la restauration des installations aquacoles abandonnées et les systèmes d’analyse des mégadonnées.
  • Le CESE estime que la participation des partenaires sociaux et des organisations de la société civile concernées à la future stratégie de développement du secteur créera une valeur ajoutée pour l’Union. Ils peuvent fournir à la fois une expertise de haut niveau et d’excellentes possibilités de communication.
  • Le CESE considère que la relation entre les parties prenantes tout au long des chaînes de valeur doit être une relation éthique. Il s’impose d’accorder aux PME et aux start-up un soutien sans faille afin qu’elles puissent se développer et créer des emplois de qualité et de nouveaux modèles économiques durables, et de doter les partenariats public-privé d’instruments de financement qui couvrent les engagements à long terme.
  • Les programmes d’éducation et de formation professionnelle peuvent contribuer à répondre aux besoins du secteur en termes de main-d’œuvre hautement qualifiée. À cet égard, les appels à propositions pour le secteur de l’aquaculture peuvent être financés par le Fonds social européen.
  • Les exigences en matière d’étiquetage jouent un rôle très important dans l’information des consommateurs sur la qualité des produits de l’aquaculture. Il convient de fournir aux citoyens européens des informations fiables, en particulier sur les produits provenant de pays dont le cadre législatif est faible ou inexistant. Les exigences en matière de traçabilité devraient être traitées en amont, jusqu’aux couvoirs, pour tous les produits du marché intérieur. L’objectif final devrait être de créer des conditions de concurrence égales à 100 % dans le marché unique.
  • Une communication sur les efforts et les progrès réalisés par le secteur en matière de performance environnementale et climatique est primordiale pour garantir l’acceptation sociale et familiariser les consommateurs avec les efforts déployés. Des systèmes de gestion des déchets sont nécessaires de toute urgence s’agissant d’un secteur qui possède un fort potentiel de réduction de son empreinte environnementale. Le secteur dispose également d’un potentiel considérable pour intégrer la circularité et les ressources aquatiques renouvelables, tout en s’efforçant de réduire la consommation d’énergie et les émissions de carbone.
  • Des investissements publics et privés rapides et à grande échelle sont nécessaires, en particulier dans les activités de recherche et de développement. La Commission devrait promouvoir tous les fonds pertinents disponibles de l’UE et les possibilités de partenariat par l’intermédiaire des réseaux de partenaires sociaux et d’organisations de la société civile, dans l’objectif final d’atteindre tous les producteurs, en particulier les PME.
  • Le CESE approuve et soutient la proposition visant à créer un dispositif d’assistance à l’aquaculture dans l’UE doté d’une plateforme en ligne spécifique, et estime qu’il est urgent de mettre en place, au niveau européen, une stratégie de croissance de l’aquaculture qui renforcerait le potentiel du secteur.