L’économie durable dont nous avons besoin (avis d’initiative)

This page is also available in

Avis du CESE: L’économie durable dont nous avons besoin (avis d’initiative)

Points clés

  • Le CESE souligne que l’Union européenne s’est pleinement engagée à réaliser le programme de développement durable à l’horizon 2030, ainsi que ses 17 objectifs de développement durable (ODD). Afin de garantir leur bonne mise en œuvre, elle doit de toute urgence poser les bases d’une économie du bien-être durable et inclusive qui profite à tous.
  • La vision du progrès social reposant exclusivement sur la poursuite de la croissance du produit intérieur brut (PIB) fait abstraction d’aspects majeurs du bien-être individuel et social et ne tient pas dûment compte des considérations environnementales et sociales
  • Le CESE demande à l’Union de proposer une nouvelle vision en matière de prospérité pour les personnes comme pour la planète, qui soit fondée sur les principes de la durabilité environnementale, du droit à une vie décente et de la protection des valeurs sociales. L’économie est un facteur servant à concrétiser cette vision.
  • L’économie du bien-être doit protéger les écosystèmes, préserver la biodiversité, assurer une transition juste vers un mode de vie neutre pour le climat dans l’ensemble de l’Union européenne et favoriser l’entrepreneuriat durable. Partout dans l’Union, les systèmes éducatifs joueront un rôle essentiel dans la promotion de ces concepts au sein de la société, en leur inculquant ainsi le mode de pensée des décideurs et des dirigeants de demain.
  • Pour atteindre cet objectif, le CESE est conscient de la nécessité de soutenir les changements en profondeur qui commencent à se manifester concernant la nature de l’entreprise, l’organisation du travail, le rôle de l’investissement et la structure du système monétaire.
  • Le CESE souligne que pour construire l’économie du bien-être, il faut commencer par adopter une approche préventive dans laquelle la stabilité macroéconomique ne dépend pas de la croissance du PIB. Il propose de mettre au point de nouveaux indicateurs de performance économique et de progrès social qui ne se limitent pas au PIB.
  • Le CESE suggère d’adopter un cadre relatif aux niveaux de vie et d’établir un budget de l’UE consacré au bien-être, sur le modèle d’approches déjà mises en place ailleurs dans le monde.
  • Le CESE demande de mettre fin aux subventions qui ont des effets pervers et d’aligner, sur l’ensemble du territoire de l’Union et de ses États membres, toutes les dépenses du secteur public sur l’objectif d’atteindre la neutralité climatique.
  • Le CESE plaide en faveur d’un pacte vert et social européen qui permette de réaliser les investissements à grande échelle requis pour assurer une transition juste vers une économie neutre pour le climat, et de créer des emplois de qualité dans chaque communauté.
  • Le CESE demande à la Commission et aux États membres de mener une réforme fiscale verte afin de contribuer à aligner les politiques en matière de fiscalité, de subventions et de prédistribution sur l’objectif d’assurer une transition juste vers une économie du bien-être, en particulier par l’application de la législation existante.
  • Le CESE propose le réexamen de la dépendance des États membres de l’UE à l’égard de la croissance, ainsi qu’une stratégie ciblant le bien-être durable et inclusif dans l’économie européenne. Il recommande également de revoir les règles budgétaires et monétaires de l’UE afin de garantir leur pertinence quant à la réalisation de la transition vers une économie neutre sur le plan climatique.
  • Le CESE demande d’adapter d’urgence tous les cadres et instruments politiques, budgétaires et financiers existants de l’Union (tels que le cadre financier pluriannuel, le Semestre européen et le programme pour une meilleure réglementation) à une transition juste vers une économie du bien-être.
  • Le CESE propose d’adapter le pacte de stabilité et de croissance et l’examen annuel de la croissance afin de veiller à ce que l’économie du bien-être soit pleinement compatible avec les ODD et le socle européen des droits sociaux.