Implementation of EU macro-regional strategies - 5th report - Timeline

  • Avis du Comité économique et social européen — Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions sur le plan d’action révisé de la stratégie macrorégionale de l’Union européenne pour la région de l’Adriatique et de la mer Ionienne [COM(2025) 191 final] — Rapport de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions sur la mise en œuvre des stratégies macrorégionales de l’Union [COM(2025) 196 final]

    EESC 2025/02216

    JO C, C/2026/874, 27.2.2026, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/874/oj (BG, ES, CS, DA, DE, ET, EL, EN, FR, GA, HR, IT, LV, LT, HU, MT, NL, PL, PT, RO, SK, SL, FI, SV)

    ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/874/oj

    European flag

    Journal officiel
    de l'Union européenne

    FR

    Série C


    C/2026/874

    27.2.2026

    Avis du Comité économique et social européen

    Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions sur le plan d’action révisé de la stratégie macrorégionale de l’Union européenne pour la région de l’Adriatique et de la mer Ionienne

    [COM(2025) 191 final]

    Rapport de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions sur la mise en œuvre des stratégies macrorégionales de l’Union

    [COM(2025) 196 final]

    (C/2026/874)

    Rapporteur:

    Stefano PALMIERI

    Conseiller

    M. Marco CELI (pour le rapporteur)

    Consultation

    Commission européenne, 6.6.2025 et 29.8.2025

    Base juridique

    Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne

    Compétence

    Section «Union économique et monétaire et cohésion économique et sociale»

    Adoption en section

    20.11.2025

    Adoption en session plénière

    3.12.2025

    Session plénière no

    601

    Résultat du vote (pour/contre/abstentions)

    218/0/6

    1.   Conclusions et recommandations

    1.1.

    Le Comité économique et social européen (CESE) reconnaît le rôle que jouent les stratégies macrorégionales pour créer des synergies à plusieurs niveaux entre les politiques, les programmes et les acteurs. Elles ont soutenu la transition écologique et numérique et permis de développer une importante capacité de résilience et de solidarité durant la pandémie et les crises géopolitiques que nous traversons actuellement.

    1.2.

    Face aux disparités persistantes dans les capacités administratives et les ressources disponibles d’une région à l’autre, il apparaît souhaitable de renforcer la gouvernance verticale et horizontale à plusieurs niveaux en veillant à ce que les structures locales y soient associées.

    1.3.

    Le CESE porte un regard favorable sur les processus de révision des stratégies et préconise à cet égard un renforcement de la dimension sociale, de la participation des citoyens et de la coopération interrégionale. Les stratégies macrorégionales doivent servir de laboratoires pour l’inclusion et les innovations sociales et soutenir ce faisant la fiscalité écologique et le capital humain, étant entendu qu’une attention particulière doit être portée à la participation des jeunes et au dialogue intergénérationnel.

    1.4.

    Le CESE prend note des résultats que la stratégie macrorégionale pour la mer Baltique (EUSBSR) a permis d’obtenir en faveur de la durabilité et des liaisons dans cette région. Sa révision de 2021 y a renforcé la coopération et la gestion, grâce à la mise en place d’un «point stratégique». Bien que les relations avec la Russie et la Biélorussie aient été suspendues, la stratégie reste valable.

    1.5.

    Le CESE relève les progrès obtenus par la stratégie macrorégionale pour le Danube (EUSDR). Sa révision de 2020 a renforcé sa cohérence vis-à-vis des priorités de l’Union ainsi que la participation des jeunes, même si le tableau reste inégal et le degré d’engagement politique variable. Les présidences ont relancé l’innovation et la gouvernance dans la région.

    1.6.

    Le CESE met en avant les résultats obtenus par la stratégie macrorégionale pour la région de l’Adriatique et de la mer Ionienne (EUSAIR), dont le plan d’action a récemment été mis à jour avec l’introduction d’un cinquième pilier, dans le domaine social. La stratégie intègre l’élargissement, l’économie circulaire et la numérisation, et elle renforce les partenariats et la résilience dans une région en crise sur le plan énergétique, climatique et démographique.

    1.7.

    Le CESE porte un regard positif sur la stratégie macrorégionale pour les Alpes (EUSALP), dans laquelle la coopération a été consolidée et la gouvernance stabilisée, avec une ouverture aux pays tiers. Sa révision intègre les priorités dans les domaines du numérique, des ressources hydriques et de l’économie circulaire.

    1.8.

    Le CESE note que l’élargissement aux Balkans occidentaux, à l’Ukraine et à la Moldavie constitue une priorité stratégique et que les stratégies macrorégionales sont de nature à renforcer la coopération, les capacités institutionnelles et l’alignement sur l’acquis de l’Union.

    1.9.

    Le CESE relève que l’agression militaire de l’Ukraine par la Russie a confirmé le rôle joué par les stratégies macrorégionales en tant qu’instruments de solidarité et de résilience. La stratégie EUSDR a soutenu l’inclusion, la formation et l’emploi; l’EUSBSR a mis en chantier des initiatives humanitaires et environnementales; l’EUSAIR a défendu un programme pour l’environnement dans les Balkans; enfin, la stratégie EUSALP a permis d’apporter des réponses à la crise énergétique et à l’accueil des réfugiés.

    1.10.

    Le CESE considère que l’approche territorialisée des stratégies macrorégionales est fondamentale, adaptant les priorités européennes aux spécificités des territoires et favorisant la cohésion au moyen d’outils tels que le «développement local mené par les acteurs locaux» (DLAL) et grâce à des initiatives innovantes pour promouvoir la participation des citoyens, l’emploi des jeunes, la mobilité durable et le soutien aux PME et aux universités.

    1.11.

    Le CESE préconise un renforcement de la gouvernance et des financements moyennant l’intégration des priorités des stratégies macrorégionales dans les principaux programmes de l’Union européenne. Il est nécessaire de renforcer les compétences locales, de consolider les partenariats et d’associer activement la société civile et les jeunes. On fera ainsi des stratégies macrorégionales des instruments plus inclusifs et résilients qui auront une influence structurelle sur les politiques publiques.

    1.12.

    Le CESE est d’avis que le nouveau cadre financier pluriannuel, pour la période 2028-2034, comporte des risques pour le bon fonctionnement des stratégies macrorégionales. Il est donc essentiel que les acteurs stratégiques soient attentifs à ce que leurs priorités soient incluses dans les plans de partenariat, définissent des objectifs clairs et mesurables, assurent la promotion et le suivi de la coopération transfrontalière, et enfin qu’ils fassent en sorte que la participation des parties prenantes régionales et locales ne soit pas traitée comme une simple formalité.

    1.13.

    Le CESE souligne la nécessité d’une gouvernance transparente, responsable et exempte de corruption au sein des institutions participant aux stratégies macrorégionales. L’intégrité, la bonne administration et l’état de droit sont indispensables à la crédibilité, à l’efficacité et à la confiance mutuelle.

    1.14.

    Le CESE préconise la création d’une nouvelle macrorégion pour la Méditerranée afin de relever des défis communs tels que le changement climatique, les flux migratoires, la transition énergétique et la durabilité dans le domaine de l’eau. Cette initiative, dans le sillage du récent pacte pour la Méditerranée (1), renforcerait la stabilité, la coopération et l’inclusion, resserrerait les liens entre l’Europe, l’Afrique du Nord et le Proche-Orient, et contribuerait à conforter le rôle stratégique de l’Union dans la région méditerranéenne. Le CESE insiste aussi sur l’importance de faire avancer les travaux portant sur d’autres stratégies macrorégionales, par exemple pour la région Atlantique et pour les Carpates.

    2.   Observations générales

    2.1.

    Depuis 2009, l’Union européenne met en avant les stratégies macrorégionales comme des instruments innovants pour relever des défis communs dans des zones supranationales qui sont liées sur le plan géographique et fonctionnel. Sous l’impulsion conjointe des États concernés et avec le soutien de la Commission européenne, ces stratégies associent à la fois des États membres et des pays tiers dans des partenariats d’égal à égal qui offrent un cadre dynamique pour faire face aux problèmes environnementaux, économiques et sociaux qui leur sont communs.

    2.2.

    Les stratégies macrorégionales reposent sur des critères territoriaux (bassins fluviaux, maritimes, montagneux) et sur des liens historiques, culturels et économiques. Chacune d’elles est guidée par un plan d’action flexible et adaptable en fonction de l’évolution de la situation géopolitique, climatique et démographique.

    2.3.

    Le CESE note que les stratégies macrorégionales ont renforcé les synergies à plusieurs niveaux entre les politiques et les acteurs, et qu’elles sont devenues des instruments efficaces de la double transition, écologique et numérique, de la cohésion territoriale et de la résilience. Sous l’effet de la pandémie et de l’agression militaire de l’Ukraine par la Russie, ces plateformes de coopération ont évolué pour devenir les instruments d’une solidarité concrète.

    2.4.

    En 2023 et 2024, des chantiers de mise à jour structurelle de ces stratégies ont été lancés en réponse à des enjeux complexes tels que le changement climatique, l’élargissement de l’Union, la transition énergétique, le déclin démographique et les pressions migratoires.

    2.5.

    Le CESE porte un regard favorable sur ces processus de révision et plaide pour plus d’ambition dans l’intégration de la dimension sociale, de la participation des citoyens et de la coopération interrégionale.

    3.   Évaluation générale de la mise en œuvre des stratégies macrorégionales

    3.1.   Stratégie de l’Union européenne pour la région de la mer Baltique (EUSBSR)

    3.1.1.

    La stratégie EUSBR, lancée en 2009, concerne huit États membres de l’Union et quatre pays tiers limitrophes. Elle a trois objectifs principaux: sauver la mer Baltique, désenclaver la région et accroître la prospérité, et se subdivise selon des axes thématiques en quatorze domaines d’action interconnectés, notamment les risques, la bioéconomie, la santé et l’éducation. Pour la période 2021-2027, le programme Interreg pour la région de la mer Baltique est doté d’un budget de 259 millions d’euros.

    3.1.2.

    En 2021, le plan d’action de l’EUSBSR a été révisé de sorte à réduire le nombre d’activités, créer un système facilitant une coopération plus étroite entre les parties prenantes (y compris les partenaires économiques et sociaux) et mettre en place un nouvel outil de soutien administratif et technique à la gestion, au développement et à la communication, le «point stratégique» pour la Baltique.

    3.1.3.

    L’EUSBSR a aidé les territoires concernés à atteindre leurs objectifs de croissance intelligente et durable. Bien que la suspension de la coopération avec la Russie et la Biélorussie, à la suite de l’agression militaire injustifiée et non provoquée de l’Ukraine par la Russie, ait fait obstacle à la résolution des principaux problèmes rencontrés par la région, la stratégie recèle néanmoins un fort potentiel pour ce qui est d’affronter des difficultés nouvelles.

    3.2.   Stratégie de l’Union européenne pour la région du Danube (EUSDR)

    3.2.1.

    La stratégie EUSDR, lancée en décembre 2010 et mise à jour en 2020, concerne quatorze pays, à savoir neuf États membres de l’Union et cinq pays tiers. Elle s’articule autour de quatre piliers: 1) mettre en place des liaisons, 2) protéger l’environnement, 3) apporter la prospérité et 4) renforcer la région. Ces quatre objectifs sont subdivisés en douze domaines prioritaires. Pour la période 2021-2027, le programme Interreg est doté d’un budget total de 213,1 millions d’euros.

    3.2.2.

    La révision du plan d’action de l’EUSDR a permis de l’aligner davantage sur les priorités de l’Union, notamment le pacte vert, et de renforcer la participation des jeunes et la coopération avec les fonds européens. Bien que des disparités socio-économiques subsistent, que les ressources soient limitées et que l’engagement politique reste inégal, la stratégie a tout de même permis de renforcer la coopération transnationale et de soutenir le processus de préadhésion à l’Union.

    3.2.3.

    Les présidences récentes ont redéfini les priorités de l’EUSDR: en 2024, l’Autriche a mis en avant l’innovation, la compétitivité et la coopération avec la Commission européenne, en soutenant la perspective européenne des pays candidats, et en 2023, la Slovénie a engagé des réformes de la gouvernance et formulé treize recommandations pour renforcer la participation des parties prenantes. Des initiatives comme la résolution qui a été adoptée en Allemagne en 2023 ou la coordination interstratégies en matière de mobilité ont conforté la résilience de cette stratégie, soutenue par un solide système de gouvernance et par l’action du «point stratégique» pour le Danube.

    3.3.   Stratégie de l’Union européenne pour la région de l’Adriatique et de la mer Ionienne (EUSAIR)

    3.3.1.

    Lancée en 2014, la stratégie EUSAIR rassemble dix pays (quatre États membres de l’Union et six pays tiers). Elle s’articule autour de quatre piliers principaux: croissance «bleue», interconnexion de la région, qualité environnementale et tourisme durable. Le point de contact de l’EUSAIR fournit un soutien opérationnel au niveau de la coordination et de la mise en œuvre. En ce qui concerne les financements, pour la période 2021-2027, ce sont 136,7 millions d’euros qui sont mis à disposition au titre du programme Interreg Adrion.

    3.3.2.

    Le CESE note que l’EUSAIR a renforcé les partenariats et la confiance entre les parties prenantes, contribuant ainsi au processus d’élargissement de l’Union. Toutefois, la région doit faire face à des crises dans le contexte de l’après-pandémie, aux conséquences de la guerre, à l’inflation et à une transition énergétique que sa dépendance aux combustibles fossiles rend d’autant plus complexe. Particulièrement vulnérable sur le plan climatique, la région est exposée à des phénomènes extrêmes, à une désertification et à un recul de la biodiversité, tandis que le déclin démographique important, qui a pu atteindre 11 % entre 2012 et 2022 dans certains pays, fragilise la cohésion sociale et entraîne un tarissement de la main-d’œuvre.

    3.3.3.

    Le nouveau plan d’action introduit un cinquième pilier, à vocation sociale, qui porte sur la jeunesse, l’emploi, l’égalité hommes-femmes et l’innovation. Il conforte les engagements pris dans le domaine du numérique, de la neutralité climatique et du développement rural, et inclut l’élargissement en tant que thème transversal. La gouvernance a été renforcée par trois projets du programme Interreg Adrion. Le CESE se félicite de l’approche intégrée et déployée à plusieurs niveaux que l’EUSAIR a adoptée pour relever les défis environnementaux, économiques et démographiques.

    3.4.   Stratégie de l’Union européenne pour la région alpine (EUSALP)

    3.4.1.

    Lancée en 2015, la stratégie EUSALP est la stratégie macrorégionale la plus récemment adoptée par l’Union européenne. Elle associe sept États, dont cinq membres de l’Union et deux pays tiers, et couvre trois domaines thématiques: croissance économique et innovation, mobilité et connectivité, et enfin environnement et énergie. Pour la période 2021-2027, une dotation totale de 107 millions d’euros est prévue pour le programme Interreg, au service de quatre priorités qui visent à faire de la région alpine un territoire résilient face au changement climatique et capable de mener à bien une transition écologique, avec un bilan nul d’émissions de carbone.

    3.4.2.

    L’EUSALP a consolidé la coopération transnationale dans la région alpine, offrant des solutions communes à des défis eux aussi communs. La présidence suisse de 2023 et l’actuelle coprésidence de l’Autriche et du Liechtenstein pour 2025 ont renforcé l’ouverture vers les pays tiers. La stabilité de la gouvernance a permis d’assurer une continuité et de disposer d’une capacité de réaction, surtout dans les situations de crise.

    3.4.3.

    Entre 2022 et 2023, l’EUSALP a défini cinq priorités thématiques et quatre priorités transversales (numérique, énergie, ressources hydriques, économie circulaire), et mis en chantier la révision du plan d’action, qui doit s’achever en 2025. Le conseil de la jeunesse fait désormais partie intégrante de sa gouvernance, pour mieux inclure toutes les générations. Dans le cadre du programme AlpGov 2, les groupes d’action ont mis à jour les plans de travail et renforcé la coopération intersectorielle, en associant davantage les PME, la société civile et les territoires.

    4.   Le rôle et l’incidence des stratégies macrorégionales dans la mise en œuvre des transitions écologique, numérique et sociale

    4.1.

    Les stratégies macrorégionales sont des instruments essentiels pour les transitions environnementales, numériques et sociales dans l’Union européenne dans la mesure où elles mobilisent les territoires et leurs habitants pour renforcer la compétitivité et le développement durable. Fidèles à l’esprit du pacte vert, elles favorisent la biodiversité, l’économie circulaire, l’utilisation efficace des ressources, la décarbonation et l’efficacité énergétique.

    4.2.

    Le numérique joue un rôle toujours plus central et l’engagement a été pris, dans le cadre des stratégies macrorégionales, de renforcer à cet égard les infrastructures, les compétences et l’innovation, tant dans le secteur public que dans le secteur privé. Il subsiste toutefois certaines lacunes en raison des différences observées, d’une région à l’autre, en matière de capacités administratives et financières. C’est pourquoi le CESE souligne qu’il est urgent de remédier à ces carences en renforçant la gouvernance à plusieurs niveaux.

    4.3.

    Si la double transition, écologique et numérique, ouvre certes des perspectives, elle risque néanmoins de creuser les inégalités socio-économiques. Le CESE réaffirme qu’il est nécessaire d’intégrer structurellement la dimension sociale dans les stratégies macrorégionales, en y associant plus activement la société civile, les partenaires sociaux et économiques ainsi que d’autres acteurs locaux, afin de garantir l’équité et la cohésion territoriale.

    4.4.

    Pour rendre les économies plus inclusives et résilientes dans les territoires, les stratégies devraient promouvoir la spécialisation intelligente, les pôles d’activités locaux et l’innovation sociale en garantissant un accès équilibré aux possibilités économiques et sociales. Le CESE recommande de se servir des stratégies macrorégionales comme de laboratoires pour mettre à l’essai des outils redistributifs, une fiscalité écologique et des politiques de cohésion intégrées.

    4.5.

    Il est nécessaire de renforcer la coopération entre les stratégies, surtout dans les régions désavantagées et les pays tiers. Le CESE souligne qu’il est important d’investir dans le capital humain — la formation, la participation des jeunes, le dialogue intergénérationnel — afin de s’assurer que les transitions soient équitables et partagées.

    4.6.

    Concernant chacune des stratégies macrorégionales, on pourra mettre en avant les éléments suivants:

    L’EUSBSR encourage fortement la transition écologique (CiNURGi, BALTIPLAST, EMPEREST) et l’économie circulaire. Des projets tels que Real-Time Economy et DistanceLAB favorisent la numérisation, tandis que RESIST et BSR Cultural Pearls renforcent la cohésion sociale et la participation des citoyens.

    L’EUSDR contribue, même s’il existe des disparités régionales, à la durabilité environnementale (DALIA, STOPFIRES, DanubeParks) et aux énergies renouvelables (NRGCom). Plan-C et RIS4DANU développent la numérisation et la circularité; sur le plan social, Fem2Forests et Back on Track encouragent l’inclusion et l’employabilité.

    L’EUSAIR intègre la durabilité dans ses piliers (PET HAB ECO, NAMIRS) et renforce le numérique avec des projets comme EUREKA et BLUEAIR. SI4CARE et TESI soutiennent les innovations sociales et la formation. Le nouveau plan d’action met l’accent sur la cohésion et les compétences.

    L’EUSALP investit dans les projets écologiques (IMAGHyNE, MICROCLIM), numériques (SmartCommUnity, CIRCULAR4.0) et sociaux (compétences non techniques, mobilité alpine), au service d’une croissance territoriale inclusive.

    5.   Les stratégies macrorégionales de l’Union et l’élargissement

    5.1.

    L’élargissement de l’Union européenne aux Balkans occidentaux, à l’Ukraine et à la Moldavie constitue une priorité stratégique. Dans ce contexte, les stratégies macrorégionales jouent un rôle central pour renforcer la coopération à plusieurs niveaux, les capacités institutionnelles et l’alignement sur l’acquis de l’Union. Le CESE souligne qu’il est important d’évaluer leur efficacité s’agissant de promouvoir la cohésion sociale, l’inclusion territoriale et la durabilité.

    5.2.

    L’EUSDR, qui associe cinq pays candidats, constitue un pilier du processus d’élargissement. Les présidences récentes (Ukraine, Slovénie, Autriche) ont intégré les enjeux de l’adhésion dans les activités stratégiques. Des projets comme NRGCom, GeoHeCo et DALIA favorisent la transition énergétique et environnementale; Back on Track et Fem2Forests mettent en avant l’emploi et l’inclusion. La stratégie soutient l’adaptation réglementaire et renforce les institutions.

    5.3.

    La stratégie EUSAIR, dans laquelle les pays candidats sont très présents, a mis à jour le plan d’action visant à soutenir l’adhésion. On y insiste sur les capacités administratives, l’innovation (BLUEAIR, EUREKA) et la cohésion sociale (TESI, SI4CARE). En matière d’environnement, des projets tels que PET HAB ECO et NAMIRS renforcent la protection de la biodiversité et la gestion des risques. La stratégie contribue au pacte vert et au programme en matière d’environnement pour les Balkans.

    5.4.

    Bien qu’aucun pays candidat n’y participe, la stratégie EUSBSR a intensifié depuis 2022 son soutien à l’Ukraine, renforçant ainsi la résilience et la coopération. L’inclusion dans les réseaux Interreg a favorisé la convergence réglementaire et la formation. Des initiatives telles que OpenRisk II et BALTIPLAST offrent des modèles reproductibles dans le domaine de la durabilité et contribuent à la trajectoire européenne de l’Ukraine.

    6.   Le cadre macrorégional et l’agression militaire injustifiée et non provoquée de l’Ukraine par la Russie

    6.1.

    L’agression militaire russe contre l’Ukraine a eu un impact considérable sur des stratégies macrorégionales dont l’expérience montre qu’elles sont des instruments essentiels pour promouvoir la solidarité, la résilience et la coopération. Le CESE insiste sur le rôle que ces stratégies jouent dans la reconstruction et l’intégration européenne de l’Ukraine et de la Moldavie en mettant en valeur la contribution des populations locales et de la société civile.

    6.2.

    L’EUSDR est la stratégie la plus concernée puisqu’elle compte l’Ukraine et la Moldavie parmi ses membres. La présidence ukrainienne de 2022, suivie de la présidence slovène, a mis en avant des priorités telles que l’inclusion, la formation, la mobilité et l’emploi. Le CESE reconnaît l’importance du dialogue avec la société civile d’Ukraine et de Moldavie, tel qu’il s’est manifesté par exemple lors du forum de 2023. Des initiatives prises dans le domaine des ressources humaines et des compétences ainsi que le recours au Fonds social européen ont permis d’apporter des réponses concrètes aux besoins sociaux et éducatifs.

    6.3.

    L’EUSBSR a suspendu ses relations avec la Russie et la Biélorussie et lancé des projets en faveur de l’Ukraine, en particulier dans les domaines de l’humanitaire, de l’environnement, du social et de la formation. Le CESE salue l’inclusion d’acteurs ukrainiens dans des projets Interreg et leur participation à des manifestations européennes, ce qui confirme la capacité des stratégies macrorégionales à promouvoir l’intégration européenne au moyen de la coopération territoriale.

    6.4.

    L’EUSAIR a exprimé sa solidarité, soutenu un programme en faveur de l’environnement dans les Balkans occidentaux et renforcé la coopération dans les domaines de l’énergie, de la mobilité et de la résilience économique et sociale. Le CESE encourage l’alignement des stratégies macrorégionales sur les politiques de préadhésion, y compris dans une optique de cohésion territoriale.

    6.5.

    L’EUSALP a dû faire face aux conséquences indirectes du conflit, comme la crise énergétique et l’accueil des réfugiés. Elle a encouragé l’autonomie énergétique, les énergies renouvelables et les pratiques durables. Le CESE souligne que les stratégies macrorégionales peuvent renforcer la cohésion interne de l’Union dans des contextes d’instabilité, grâce à la gouvernance à plusieurs niveaux et aux capacités locales.

    7.   La dimension territoriale des stratégies macrorégionales et le soutien aux processus de cohésion

    7.1.

    Les stratégies macrorégionales incarnent une approche territorialisée, efficace pour mettre en œuvre des politiques européennes qui soient attentives aux spécificités géographiques, économiques et culturelles des territoires. En intervenant sur des zones fonctionnelles telles que des bassins fluviaux et des régions montagneuses ou côtières, elles facilitent la coopération entre territoires contigus et encouragent l’apport de solutions conjointes à des problèmes communs, renforçant ainsi le développement territorial intégré et la cohésion interrégionale.

    7.2.

    Le CESE relève toute l’importance d’intégrer des outils comme le développement local mené par les acteurs locaux (DLAL) dans les stratégies macrorégionales pour renforcer la participation des populations locales à la définition des priorités stratégiques. La combinaison d’une gouvernance à plusieurs niveaux et d’une participation des citoyens favorise des transitions environnementales, numériques et sociales plus justes et plus efficaces en réduisant les inégalités au niveau territorial.

    7.3.

    Les stratégies macrorégionales permettent d’adapter les grandes stratégies européennes aux besoins locaux. Des initiatives comme SMART ERA (contre le dépeuplement), BSR Cultural Pearls (résilience culturelle) et ADRIONCYCLETOUR (mobilité durable) mettent en évidence le potentiel des stratégies macrorégionales pour ce qui est de promouvoir l’innovation, la participation et la durabilité. Le CESE reconnaît la valeur ajoutée de ces expériences, qui contribuent à rendre la cohésion européenne plus concrète et à l’ancrer dans les territoires.

    7.4.

    Les stratégies macrorégionales sont un outil puissant pour soutenir la cohésion européenne dans un contexte marqué par des transitions environnementales, numériques et sociales toujours plus complexes. Les stratégies macrorégionales permettent en fin de compte de relever des défis supranationaux au moyen de solutions coordonnées, en favorisant la résilience environnementale et la durabilité dans les territoires.

    7.5.

    Les problèmes démographiques tels que le dépeuplement et le vieillissement de la population comptent parmi les principaux risques qui se posent pour la cohésion de l’Union. Les stratégies macrorégionales offrent un cadre permettant de mener des actions concrètes pour promouvoir la mobilité durable et l’emploi des jeunes et pour valoriser les zones rurales et montagneuses.

    7.6.

    Elles favorisent la cohésion sociale et économique en associant les collectivités locales, la société civile, les entreprises et les universités. Le CESE recommande de réduire les inégalités territoriales en renforçant les outils participatifs et territoriaux destinés à l’éducation, à la culture, à la formation, au soutien aux PME et à l’innovation.

    8.   Le partenariat macrorégional et le rôle de la société civile

    8.1.

    Le CESE juge essentiel d’associer la société civile, les partenaires sociaux et économiques et les jeunes pour renforcer l’efficacité des stratégies macrorégionales, leur légitimité et leur impact territorial. Ces stratégies rapprochent l’Europe de ses citoyens en encourageant l’inclusion et la participation, mais il faut améliorer la communication sur leurs activités et leurs résultats.

    8.2.

    Les stratégies macrorégionales plus anciennes, comme l’EUSBSR et l’EUSDR, ont déjà intégré des acteurs de la société civile dans leur gouvernance, en tant que coordinateurs thématiques ou membres des comités de pilotage. Des initiatives telles que les Danube Participation Days et DANUBE4all témoignent d’une application efficace du principe de partenariat à plusieurs niveaux, qui encourage le dialogue social et la participation du public.

    8.3.

    Dans le cadre de la stratégie EUSAIR, des réseaux tels que celui des chambres de commerce ou ceux des universités offrent une infrastructure solide pour la participation territoriale, y compris grâce à des outils comme ses «forums citoyens».

    8.4.

    L’EUSALP se distingue par ses bonnes pratiques en matière de participation de la société civile par l’intermédiaire de ses groupes d’action et des projets Interreg. Le CESE encourage une extension systématique de ces modèles, en reconnaissance du rôle crucial que jouent les citoyens sur le terrain pour promouvoir la durabilité, la cohésion et l’innovation sociale, surtout dans les zones isolées ou transfrontalières.

    8.5.

    Les stratégies macrorégionales prévoient aussi un dialogue constructif avec les acteurs économiques: PME, entreprises locales et partenaires sociaux sont activement associés aux projets, comme c’est le cas dans le secteur des énergies renouvelables dans le cadre de l’EUSDR, afin d’apporter des solutions concrètes pour la transition écologique et la relance de la production dans les territoires.

    8.6.

    Le CESE reconnaît que la participation des jeunes est un levier pour une démocratie inclusive et durable, et est favorable à une multiplication des conseils de la jeunesse au niveau macrorégional et à la création de réseaux permanents, y compris des réseaux numériques, inspirés d’expériences telles que Popri Youth et les Baltic Sea Youth Camps. Il est également partisan d’un réseau transmacrorégional de la société civile, dans le prolongement de l’initiative lancée en 2024 par la «Maison de l’Europe» de Budapest.

    9.   La gouvernance, les capacités administratives et l’accès aux financements

    9.1.

    Le CESE considère qu’une gouvernance efficace, des capacités administratives renforcées et un accès coordonné aux financements sont des éléments essentiels au succès des stratégies macrorégionales. Ces stratégies doivent garantir une coopération à plusieurs niveaux, renforcer la cohésion territoriale et définir des priorités claires, cohérentes au regard des défis et des problématiques que l’Union doit affronter et reposant sur des critères fondés sur l’urgence, la pertinence et la disponibilité de ressources.

    9.2.

    Le CESE insiste sur l’importance de la participation des collectivités locales et régionales, qui reste trop inégale d’une stratégie à l’autre. L’EUSALP est un exemple à suivre, avec une forte participation territoriale qu’on pourrait qualifier de bonne pratique. Il convient de renforcer le principe de subsidiarité, en mettant en valeur la contribution des acteurs locaux à l’ensemble des stratégies.

    9.3.

    Ne disposant pas d’un budget propre, les stratégies macrorégionales reposent sur des ressources européennes, nationales, régionales et privées. Les programmes Interreg transnationaux (Baltique, Danube, Adriatique et mer Ionienne, Alpes) et Interreg NEXT pour le voisinage constituent un pilier essentiel de leur financement. Le CESE est favorable à l’intégration des priorités des stratégies macrorégionales dans les programmes opérationnels financés par le FEDER, le FSE+, Horizon Europe, LIFE, Erasmus+ et d’autres instruments.

    9.4.

    Il est nécessaire d’intensifier le dialogue entre les autorités de gestion et les coordinateurs des stratégies macrorégionales, en mettant sur pied des plateformes stables de financement à l’instar de l’«espace alpin». Le CESE préconise également une plus large participation des partenaires sociaux et de la société civile à la programmation, afin de rendre les stratégies plus inclusives, plus participatives et plus opérationnelles.

    9.5.

    Les stratégies macrorégionales peuvent renforcer la résilience des chaînes de production et soutenir l’intégration des PME au moyen de projets transfrontières dans des secteurs stratégiques. Le CESE recommande de renforcer les capacités administratives locales grâce à des formations, à des échanges de bonnes pratiques et à une application concrète du principe de partenariat, avec la participation de la société civile, des institutions et des acteurs économiques.

    10.   Les prochaines étapes

    10.1.

    L’avenir des stratégies macrorégionales sera marqué par des défis toujours plus grands, parmi lesquels le changement climatique, la transition numérique, la sécurité énergétique, les dynamiques démographiques et l’évolution du contexte géopolitique. Le CESE souligne qu’il est urgent d’y apporter des réponses territoriales coordonnées et intégrées, fondées sur une gouvernance à plusieurs niveaux efficace et une participation structurée des citoyens.

    10.2.

    Le CESE met en avant le rôle stratégique des organisations de la société civile, des partenaires sociaux et des jeunes dans l’appariement des territoires et des politiques européennes. Leur participation active et structurée à tous les étages des stratégies macrorégionales est essentielle pour favoriser l’inclusion, une citoyenneté active et un sentiment d’appartenance.

    10.3.

    Il convient de renforcer la gouvernance en opérant la distinction entre les niveaux politique et opérationnel. Le CESE recommande d’associer plus activement les régions, les collectivités locales et les parties prenantes thématiques, de simplifier les processus décisionnels, d’améliorer les capacités administratives et de garantir des ressources adéquates et accessibles.

    10.4.

    Les stratégies macrorégionales, qui sont actuellement des instruments de coopération non contraignants, doivent évoluer pour devenir des mécanismes à impact structurel. Le CESE préconise des objectifs clairs et mesurables, des systèmes de contrôle et de suivi ainsi que la création de «chaînes de projets» pour en traduire les résultats en des politiques publiques durables.

    10.5.

    Il est crucial d’intégrer les stratégies macrorégionales dans les principaux instruments de financement de l’Union. Le CESE est favorable à leur intégration systématique dans les programmes de cohésion, les fonds relevant de l’IAP, Interreg et les programmes en gestion directe, et préconise une coopération stable avec les stratégies maritimes afin de renforcer les synergies.

    10.6.

    Les stratégies macrorégionales doivent contribuer plus vigoureusement à la transition écologique, à la transition numérique et à la transition juste. Le CESE demande que soient renforcées les mesures prises en faveur de la transition énergétique, de l’inclusion sociale et de la numérisation, et qu’elles s’accompagnent de programmes de formation et de reconversion, à destination surtout des plus vulnérables.

    10.6.1.

    Il faut renforcer la conditionnalité sociale dans les stratégies macrorégionales afin que les projets de développement soient aussi évalués au regard de leur degré d’inclusion et d’équité, en veillant tout particulièrement au respect des principes d’égalité des chances et d’absence de discrimination.

    10.7.

    Les défis démographiques, tels que le vieillissement et le dépeuplement, appellent des politiques de proximité. Le CESE estime qu’il est prioritaire d’investir dans la qualité de vie, l’emploi décent et les services essentiels, en valorisant les économies locales et en encourageant les jeunes à rester dans leur région.

    10.8.

    Le CESE soutient les instruments qui, en favorisant une coopération institutionnalisée, à l’image des GECT, des eurorégions et des communautés énergétiques locales, peuvent renforcer la mise en œuvre des stratégies macrorégionales grâce à des solutions communes en réponse aux enjeux de la gestion de l’environnement, de la mobilité durable et de l’adaptation au changement climatique.

    10.9.

    Dans le domaine de la communication, le CESE note des progrès mais aussi des carences. Il faut donner plus de visibilité aux stratégies macrorégionales en dehors des canaux institutionnels, en insistant sur les médias locaux, les réseaux pour la jeunesse et les acteurs de l’économie. Les forums citoyens et les forums de la jeunesse au niveau macrorégional sont des instruments qu’il convient de renforcer.

    10.10.

    Le CESE plaide en faveur d’un rôle actif pour les stratégies macrorégionales dans l’élargissement de l’Union, en tant que laboratoires de l’intégration des institutions, des entreprises, des universités et de la société civile, et réaffirme qu’il est nécessaire de mettre en place une ou plusieurs stratégies macrorégionales pour la Méditerranée, dans la continuité du pacte pour la Méditerranée récemment préparé par la Commission européenne.

    10.11.

    Le CESE estime qu’il est nécessaire de réunir les conditions propices à une gouvernance transparente, responsable et exempte de corruption au sein des institutions participant aux stratégies macrorégionales.

    11.   Les stratégies macrorégionales dans le cadre de la nouvelle politique de cohésion: défis et réponses

    11.1.

    Les changements qui seront peut-être apportés à la politique de cohésion dans le nouveau cadre financier pluriannuel 2028-2034 comportent des risques pour les stratégies macrorégionales, car la mise en place des plans de partenariat à l’échelon national pourrait affaiblir leur dimension transnationale, limiter la coopération et centraliser la gestion des programmes.

    11.2.

    Puisque chaque État membre disposera de son propre plan de partenariat, les stratégies et les priorités pourraient diverger, ce qui compliquerait la coordination des stratégies macrorégionales. Les projets communs risquent de subir des retards si les cycles de financement ne sont pas alignés, et les régions dotées de structures de gouvernance plus faibles auront peut-être moins la capacité d’influer sur les plans nationaux et d’accéder aux fonds, ce qui aggraverait les inégalités.

    11.2.1.

    Le CESE considère que les principaux acteurs des stratégies macrorégionales devraient chercher à:

    garantir l’intégration des priorités macrorégionales dans les plans de partenariat nationaux et régionaux, en dialoguant suffisamment tôt avec les gouvernements pour y inclure la coopération transfrontalière;

    élaborer des documents stratégiques faisant apparaître des objectifs clairs, des indicateurs mesurables et des critères de nécessité, pour conforter leur position dans les négociations;

    promouvoir la coopération transfrontalière dans les plans nationaux/régionaux, au moyen de dotations spécifiques et d’un suivi pour les projets communs et ceux touchant à l’environnement;

    éviter que la consultation de la société civile et des partenaires sociaux ne soit qu’une simple formalité et veiller au contraire à ce qu’il existe de véritables mécanismes de participation et de représentation.

    12.   Pour aller plus loin au sujet de l’EUSAIR

    12.1.

    Le CESE accueille favorablement la révision de la stratégie de l’Union pour la région de l’Adriatique et de la mer Ionienne et reconnaît les progrès qui ont été accomplis durant les dix premières années de sa mise en œuvre. La mise à jour du plan d’action, l’élargissement des priorités et le renforcement du système de suivi constituent des étapes nécessaires pour relever les nouveaux défis géopolitiques et environnementaux.

    12.2.

    Le Comité souligne l’importance d’un engagement politique à haut niveau et sur le temps long de la part des pays participants. Seule une gouvernance partagée et stable permettra de garantir la cohérence et l’efficacité dans la réalisation des objectifs stratégiques et le renforcement de la coopération macrorégionale.

    12.3.

    Le CESE soutient pleinement le nouveau plan d’action, dans lequel sont mises sur la table des solutions concrètes et innovantes pour saisir les possibilités qui s’offrent à la région sur le plan économique, social et environnemental. Il invite aussi la Commission à continuer de fournir activement un soutien technique et financier, afin que la stratégie puisse procurer des avantages tangibles aux citoyens et aux territoires concernés.

    12.4.   Les piliers de la stratégie

    12.4.1.

    La stratégie EUSAIR, qui repose sur cinq piliers d’ordre économique, social et environnemental, encourage la coopération et le développement durable. Le plan d’action révisé en renforce la cohérence et introduit des solutions innovantes.

    12.4.2.

    Transports et énergie — Améliorer les infrastructures routières et ferroviaires, et favoriser une mobilité durable et un système portuaire compétitif. Renforcer la sécurité énergétique, l’intégration des énergies renouvelables et la décarbonation.

    12.4.3.

    Environnement — Lutter contre le changement climatique, la pollution et le recul de la biodiversité marine et côtière. Promouvoir la coopération transfrontalière et une gestion durable des ressources naturelles.

    12.4.4.

    Tourisme durable — Gérer les flux touristiques de façon équilibrée, soutenir le tourisme rural et promouvoir le régime méditerranéen. Favoriser la compétitivité et la durabilité dans le secteur agroalimentaire et dans celui du tourisme.

    12.4.5.

    Renforcement de la cohésion sociale — Remédier aux déséquilibres démographiques, au chômage et à la pauvreté. Renforcer l’inclusion, les compétences et la participation des jeunes en développant un écosystème propice aux innovations sociales.

    12.5.   Les enjeux horizontaux et transversaux

    12.5.1.

    La révision du plan d’action a mis en évidence des thématiques qui, même si elles pourraient être traitées individuellement, se superposent à d’autres enjeux; pour ne pas fragmenter les démarches, ces aspects ont été intégrés comme des thèmes transversaux. Le CESE se félicite de ce choix, qui renforce la cohérence des politiques, leur synergie et leur efficacité.

    12.5.2.

    L’élargissement, devenu une priorité depuis la guerre en Ukraine, bénéficie d’un soutien de la stratégie, qui aide les pays candidats à s’aligner sur les normes de l’Union. Une gouvernance efficace passe par de solides capacités administratives et une coordination institutionnelle. Le plan encourage notamment la recherche et l’innovation moyennant un soutien aux PME, aux start-up et aux stratégies de spécialisation intelligente.

    12.5.3.

    La neutralité climatique repose sur une économie circulaire qui réduise les déchets et les pressions sur l’environnement, en intégrant les énergies renouvelables, les technologies «vertes» et le tourisme durable. Un développement rural qui respecte l’environnement est le gage d’une résilience renforcée à l’échelon local, tandis que la numérisation crée des pôles d’innovation et des réseaux connexes qui procurent des avantages aux citoyens et aux entreprises.

    12.5.4.

    Le CESE souligne que la stratégie pour la région de l’Adriatique et de la mer Ionienne a besoin d’une gouvernance plus efficace, avec plus de continuité. Le plan révisé renforce l’approche axée sur les résultats, met en avant les différents niveaux institutionnels et assure la mise en œuvre et la coordination par l’intermédiaire de la présidence tournante et des groupes thématiques, en encourageant la participation de la société civile et des jeunes.

    Bruxelles, le 3 décembre 2025.

    Le président

    du Comité économique et social européen

    Séamus BOLAND


    (1)   Communication conjointe au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — Le pacte pour la Méditerranée — Une mer, un pacte, un avenir [JOIN(2025) 26 final].


    ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2026/874/oj

    ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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