«Ajustement à l’objectif 55»: atteindre l’objectif climatique de l’UE à l’horizon 2030 sur la voie de la neutralité climatique

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Points clés

  • Pour réaliser la transition vers une société neutre pour le climat, nous devons nous engager dans un modèle susceptible d’aboutir à une économie prospère. Si nous voulons que l’Union européenne soit pionnière et inspire le reste du monde, nous devons nous efforcer de créer le plus performant des modèles, qui soit également juste et durable d’un point de vue économique, social et environnemental. Adopter un modèle qui ne conduise pas à une croissance fondée sur le développement durable ne ferait que nous isoler sur le plan international, ce qui permettrait à d’autres concurrents mondiaux de prendre le dessus. La diplomatie climatique de l’Union jouera un rôle important dans la promotion de l’approche européenne et la garantie d’une concurrence équitable entre l’UE et les continents rivaux.
  • La réalisation des objectifs révisés pour 2030, tels que proposés dans le paquet «Ajustement à l’objectif 55», aura une incidence inégale sur les secteurs économiques, les régions, les groupes de population et les individus dans toute l’Europe. Pour répondre à ces préoccupations, le CESE recommande à la Commission européenne de cartographier et d’analyser de manière détaillée les conséquences de la transition sur l’emploi et les compétences dans les différents pays, régions et secteurs, y compris sur les sous-traitants et les chaînes de valeur situées en aval. Comme il n’existe pas de modèle unique, les mesures visant à stimuler la transition devront être adaptées aux différentes réalités présentes en Europe, compte tenu de la nécessité de disposer de conditions de concurrence équitables et du fait que les États membres présentent des situations de départ très diverses.
  • Les institutions européennes devraient élaborer des propositions supplémentaires destinées à mobiliser d’importants investissements publics et privés aux niveaux européen et national, afin de soutenir la transition dans les secteurs et les régions qui devront subir une transformation radicale pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. À cet égard, le CESE est fermement convaincu que la dimension et le champ d’application du Fonds pour une transition juste devraient être considérablement augmentés de manière à correspondre aux enjeux en question.
  • Le CESE invite les institutions de l’UE et les États membres à proposer un nouveau cadre de gouvernance destiné à anticiper et gérer les changements liés à la transition écologique dans le monde du travail. Ce cadre devrait également encourager les États membres à créer des commissions tripartites chargées de la transition juste, afin de permettre aux collectivités territoriales, aux partenaires sociaux et aux organisations de la société civile de participer à la mise en œuvre des plans nationaux et régionaux de transition juste.
  • Le CESE estime que l’UE devrait œuvrer à la réalisation de l’objectif de neutralité climatique (aucune émission nette de gaz à effet de serre), tout en garantissant la compétitivité et la sécurité de l’approvisionnement énergétique à un coût abordable pour les entreprises et les citoyens. La garantie de la compétitivité européenne devrait aller de pair avec celle du respect, par les concurrents de l’UE, des normes environnementales et sociales les plus élevées. Il est essentiel de renforcer la protection contre les fuites de carbone liées aux importations de pays tiers si l’on veut garantir l’intégrité environnementale, ainsi que l’acceptation sociale de la politique climatique de l’Union européenne.
  • Le cadre réglementaire de l’Union doit permettre aux entreprises les plus compétitives des prochaines décennies d’être pionnières en matière de modèles économiques durables et à faibles émissions de carbone. Le CESE est donc fermement convaincu que la réglementation devrait préparer le développement de nouvelles technologies et leur adoption par le marché, y compris des mesures axées sur la demande visant à créer des marchés pilotes et à encourager la consommation de produits à «faible intensité de carbone». En outre, toutes les propositions législatives présentées dans le cadre du paquet «Ajustement à l’objectif 55» devraient faire l’objet d’un contrôle de compétitivité conformément aux principes des ODD, afin que l’ensemble des implications qu’elles comportent pour les entreprises soient bien comprises.
  • Le CESE est fermement convaincu qu’une attention particulière doit être accordée aux secteurs économiques dans lesquels les microentreprises et les PME sont fortement représentées. Celles-ci disposent du potentiel nécessaire pour accélérer l’innovation en matière de produits et de solutions visant à décarboner l’économie européenne.
  • Il est absolument nécessaire de veiller à la cohérence des actions politiques, compte tenu de l’interdépendance des crises du climat et de la biodiversité. La réduction de la consommation d’énergie et de matières premières, que permet l’économie circulaire, viendra en complément des nouvelles technologies. Les stratégies sectorielles et les modèles de financement devraient refléter l’ajustement à l’objectif 55, par exemple en prévoyant l’indemnisation des propriétaires fonciers/gestionnaires des terres/agriculteurs pour le stockage naturel du carbone dans les sols, et la suppression des subventions préjudiciables à l’environnement.
  • Il est essentiel de communiquer de manière claire et honnête les coûts et avantages de la mise en œuvre des mesures drastiques et d’envergure qui sont nécessaires pour parvenir à la neutralité climatique à l’horizon 2050. Ces changements affecteront l’ensemble des secteurs économiques et des régions, et leurs avantages ne seront probablement pas ressentis immédiatement. Leur assurer un large soutien exigera donc un niveau de compréhension et d’engagement sans précédent de la part de tous les membres de la société.