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Adopté on 18/06/2025 - Bureau decision date: 25/02/2025RéférenceINT/1086-EESC-2025-00896-00-00-AC-TRAOpinion TypeObligatoireCommission ReferencesOfficial JournalSession plénière597-
European Economic
and Social Committee
Opinion of the European Economic and Social Committee – Proposal for a Directive of the European Parliament and of the Council amending Directives 2006/43/EC, 2013/34/EU, (EU) 2022/2464 and (EU) 2024/1760 as regards certain corporate sustainability reporting and due diligence requirements
Avis du Comité économique et social européen — Proposition de directive du Parlement européen et du Conseil modifiant les directives 2006/43/CE, 2013/34/UE, (UE) 2022/2464 et (UE) 2024/1760 en ce qui concerne certaines obligations relatives à la publication d’informations en matière de durabilité et au devoir de vigilance applicables aux entreprises
Avis du Comité économique et social européen — Proposition de directive du Parlement européen et du Conseil modifiant les directives 2006/43/CE, 2013/34/UE, (UE) 2022/2464 et (UE) 2024/1760 en ce qui concerne certaines obligations relatives à la publication d’informations en matière de durabilité et au devoir de vigilance applicables aux entreprises
EESC 2025/00896
JO C, C/2025/4212, 20.8.2025, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/4212/oj (BG, ES, CS, DA, DE, ET, EL, EN, FR, GA, HR, IT, LV, LT, HU, MT, NL, PL, PT, RO, SK, SL, FI, SV)
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2025/4212 | 20.8.2025 |
Avis du Comité économique et social européen
Proposition de directive du Parlement européen et du Conseil modifiant les directives 2006/43/CE, 2013/34/UE, (UE) 2022/2464 et (UE) 2024/1760 en ce qui concerne certaines obligations relatives à la publication d’informations en matière de durabilité et au devoir de vigilance applicables aux entreprises
[COM(2025) 81 final — 2025/0045 (COD)]
(C/2025/4212)
Rapporteur:
Matteo Carlo BORSANI| Conseillère | Eleonora MARINO (pour le rapporteur) | ||||||
| Procédure législative | |||||||
| Consultations | Parlement européen, 31.3.2025 Conseil de l’Union européenne, 3.4.2025 | ||||||
| Base juridique |
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| Documents de la Commission | |||||||
| Objectifs de développement durable (ODD) pertinents | ODD 9 — Industrie, innovation et infrastructure | ||||||
| Compétence | Section «Marché unique, production et consommation» | ||||||
| Adoption en section | 23.5.2025 | ||||||
| Adoption en session plénière | 18.6.2025 | ||||||
| Session plénière no | 597 | ||||||
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 166/4/8 |
1. RECOMMANDATIONS
Le Comité économique et social européen (CESE) prend acte des propositions de la Commission européenne, s’inquiète à la fois de la brièveté de la période de consultation et de l’inclusion limitée des principales parties prenantes dans le débat autour des propositions, et préconise ce qui suit:
| 1.1. | le CESE prend acte de la proposition omnibus, qui est destinée à constituer une première étape vers une simplification réglementaire. Il souligne qu’il importe de veiller à ce que les mesures de simplification respectent les normes élevées de l’Union en matière environnementale, sociale, de droits de l’homme et de droits des femmes, en adoptant une approche équilibrée qui soutienne les entreprises et les investisseurs, protège les travailleurs et serve les intérêts plus larges de la société; |
| 1.2. | le CESE demande instamment à la Commission de le consulter sur les normes européennes d’information en matière de durabilité (ESRS) qui donneront corps à la simplification proposée; |
| 1.3. | le CESE souligne également qu’il importe d’améliorer la qualité de la gouvernance d’entreprise durable, y compris, le cas échéant, la participation des travailleurs, des entrepreneurs et des autres parties prenantes concernées; |
| 1.4. | le CESE invite les colégislateurs à consacrer suffisamment de temps à une consultation inclusive des parties prenantes et des partenaires sociaux. Les entreprises ont besoin de sécurité juridique et de prévisibilité à long terme; |
| 1.5. | le champ d’application actuel de la directive sur la publication d’informations en matière de durabilité par les entreprises (CSRD) a entraîné des contraintes en matière de mise en conformité, en particulier pour les petites et moyennes entreprises (PME). Le CESE reconnaît que les PME, en particulier, éprouvent des difficultés à mettre en œuvre des processus de durabilité et de transparence. Ces entreprises et les contrôleurs ont besoin de davantage d’aide pour se mettre en conformité, ce qui est essentiel car la protection des valeurs et des modèles sociaux européens revêt une importance capitale; |
| 1.6. | l’exercice du devoir de vigilance des entreprises est indispensable pour garantir une conduite responsable des entreprises et favoriser des chaînes de valeur durables. Le CESE plaide en faveur de règles et de sanctions claires et proportionnées, qui sont essentielles pour permettre aux entreprises de se conformer effectivement à leurs obligations; |
| 1.7. | le CESE souligne qu’il importe d’établir des conditions de concurrence équitables dans le domaine du devoir de vigilance, en veillant à ce que toutes les entreprises soient soumises aux mêmes règles claires et équitables. Cette mesure est essentielle pour éviter la fragmentation au sein du marché unique et pour promouvoir une conduite responsable des entreprises; |
| 1.8. | le CESE reconnaît par conséquent l’intention de la Commission de recentrer certaines obligations de vigilance sur les activités propres des entreprises, leurs filiales et leurs partenaires commerciaux directs, mais demande qu’une dérogation soit envisagée pour les entreprises de moins de 500 salariés qui exercent leurs activités dans des secteurs à haut risque, tout en soulignant que toutes les entreprises ont l’obligation de respecter les droits de l’homme. Il invite en outre instamment les législateurs à préciser que les entreprises devraient prendre des mesures appropriées pour procéder à des évaluations approfondies, sur la base d’une approche fondée sur les risques et en s’appuyant sur leurs propres activités de cartographie. En outre, le CESE demande aux colégislateurs de revoir le choix de la notion d’«informations plausibles» afin de garantir une plus grande sécurité juridique; |
| 1.9. | le CESE prend acte avec regret de la suppression de la possibilité pour les victimes d’être représentées par des ONG ou des syndicats dans le cadre de poursuites judiciaires et s’inquiète de ce que cette mesure puisse limiter l’accès à la justice pour les personnes concernées. Il encourage la poursuite de la réflexion sur la manière de garantir un soutien juridique efficace aux victimes, en particulier celles qui sont confrontées à des obstacles structurels pour accéder à des voies de recours; |
| 1.10. | le CESE prend note de la proposition d’introduire une exemption des obligations découlant du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) pour les petits importateurs qui se situent en dessous du seuil de 50 tonnes de masse nette. Il recommande toutefois que cette exemption soit contrebalancée par des mesures compensatoires appropriées pour les producteurs de l’Union, notamment en exemptant les marchandises équivalentes fabriquées dans l’Union de la suppression progressive (décalage) de l’allocation de quotas à titre gratuit dans le cadre du système d’échange de quotas d’émission (SEQE), ou en limitant le champ d’application de l’exemption dans les cas où elle crée des distorsions de concurrence manifestes; |
| 1.11. | le CESE recommande à la Commission de mettre en place un mécanisme de réexamen annuel des valeurs par défaut du prix du carbone utilisées pour respecter le MACF. Ces valeurs devraient être mises à jour chaque année sur la base des données de tarification du carbone de pays tiers afin d’éviter une sous-estimation systématique et de garantir l’alignement sur les référentiels du SEQE de l’UE. |
2. NOTES EXPLICATIVES
Arguments à l’appui de la recommandation 1.1
| 2.1. | L’UE occupe une position de premier plan en ce qui concerne la législation en matière de durabilité et elle applique des normes élevées. Pour préserver ce rôle de cheffe de file et ce niveau de normes, elle se doit de garantir la compétitivité des entreprises à l’origine de la transition. La réglementation de la publication d’informations en matière de durabilité améliore la transparence, soutient les investisseurs et contribue ainsi à combler les lacunes en matière d’asymétrie de l’information. |
| 2.2. | Il est essentiel, pour renforcer la compétitivité de l’Union et atteindre les objectifs qu’elle s’est fixés en matière de climat et de durabilité, de disposer d’un cadre réglementaire qui favorise la croissance, facilite l’activité des entreprises, protège les particuliers et leur donne les moyens d’agir. Toutefois, comme le souligne Mario Draghi dans son rapport intitulé «The Future of European Competitiveness» (1) (L’avenir de la compétitivité européenne), un flux réglementaire élevé a été l’un des facteurs clés pour ce qui est de creuser l’écart de compétitivité entre l’Union et d’autres grandes économies, telles que les États-Unis. Néanmoins, le CESE estime que la compétitivité va de pair avec l’innovation et la transition écologique. |
| 2.3. | Le CESE souligne l’importance des obligations de publication d’informations en matière de durabilité et des règles relatives au devoir de diligence en matière de droits de l’homme pour les entreprises, les travailleurs, les confédérations d’entreprises, les syndicats, l’économie et la société dans son ensemble. |
| 2.4. | L’Union européenne a réalisé des progrès notables concernant la publication d’informations en matière de durabilité et le devoir de vigilance des entreprises en cette même matière. La CSRD et la directive sur le devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité (CS3D) constituent un cadre réglementaire novateur qui traduit les objectifs du pacte vert pour l’Europe et du programme de l’UE en matière de finance durable en obligations concrètes pour les entreprises. Les informations en matière de durabilité sont particulièrement importantes pour les acteurs de l’entreprise comme les investisseurs, les travailleurs, les ONG, les partenaires sociaux et les consommateurs. Il convient de garantir la participation des parties prenantes et des organisations de la société civile (telles que les partenaires sociaux) aux analyses de l’importance relative et aux procédures de vigilance (telles que les analyses des risques), en évitant les limites énoncées dans la définition et en garantissant la participation de ces parties prenantes tout au long de la procédure de vigilance. |
| 2.5. | La lutte contre les fuites de carbone et la garantie d’une concurrence loyale au moyen du MACF représentent l’un des éléments essentiels du pacte vert pour l’Europe. Cependant, si le MACF est un outil primordial pour atteindre les objectifs climatiques de l’UE, il a également introduit des charges réglementaires et administratives considérables, en particulier pour les entreprises qui exercent leurs activités dans des chaînes d’approvisionnement internationales complexes (2). |
| 2.6. | Dans ce contexte, la proposition omnibus constitue une première étape pour réduire les formalités administratives, garantir la sécurité juridique et permettre aux entreprises de se conformer effectivement à des exigences juridiques réalistes et proportionnées. Toutefois, elle n’offre pas de solution au problème du manque d’assistance de la part de la Commission et des États membres que les entreprises demandent. L’objectif de cette initiative devrait aller au-delà du simple fait d’aider les entreprises à remplir leurs obligations; elle devrait également renforcer leur rôle dans la réalisation des objectifs plus larges de l’UE en matière de durabilité, tout en faisant respecter les normes les plus élevées en matière de protection de l’environnement, de responsabilité sociale et de droits de l’homme. |
Arguments à l’appui de la recommandation 1.2
| 2.7. | Le CESE, en tant que représentant institutionnel de la société civile organisée, des employeurs et des travailleurs, est particulièrement bien placé pour offrir une approche équilibrée et multidimensionnelle des incidences des normes ESRS. Une consultation avec le CESE garantirait que les mesures de simplification soient non seulement solides sur le plan technique, mais aussi socialement et économiquement proportionnées, et qu’elles tiennent compte des réalités auxquelles sont confrontées les entreprises et les parties prenantes sur le terrain. |
| 2.8. | En outre, associer le CESE à ce processus contribuerait à davantage de transparence et d’inclusivité et renforcerait la légitimité au réexamen. Compte tenu du rôle consultatif du CESE en vertu des traités et de son expertise bien établie en matière de durabilité et de publication d’informations par les entreprises, sa contribution enrichirait le processus et contribuerait à garantir que les normes révisées restent compatibles avec les objectifs plus larges de l’Union en matière de durabilité et de compétitivité. |
Arguments à l’appui de la recommandation 1.3
| 2.9. | Il s’impose de faire avancer la proposition omnibus de manière opportune, étant donné qu’une action en temps utile apportera la sécurité juridique nécessaire aux entreprises opérant au sein de l’UE. Des cadres réglementaires clairs et prévisibles sont indispensables pour créer un environnement propice à l’investissement et à la croissance, en particulier dans le contexte d’une économie mondiale en évolution rapide. Néanmoins, il est indispensable que les colégislateurs prennent suffisamment de temps pour consulter les parties prenantes telles que les entreprises, les ONG, les syndicats et la société civile, et que ces consultations soient dûment reconnues comme un élément essentiel du processus démocratique. S’il importe de prendre des mesures législatives en temps opportun, le CESE demande aux colégislateurs de donner la priorité à l’application ex ante des principes d’amélioration de la réglementation tout au long du processus législatif. Le Comité insiste sur le fait que le recours aux procédures omnibus devrait demeurer exceptionnel et ne doit pas porter atteinte aux pratiques législatives courantes qui assurent la transparence, la consultation des parties prenantes et la légitimité démocratique. |
| 2.10. | Il est également essentiel que toute simplification réglementaire respecte les normes élevées de l’UE en matière de protection des droits de l’homme, des droits des travailleurs, des droits des femmes et de l’environnement, tout en protégeant les travailleurs et les communautés au sein de l’Union et au-delà. Chaque entreprise, quels que soient sa taille, son chiffre d’affaires ou ses effectifs, a une responsabilité générale vis-à-vis de ses travailleurs et de l’environnement. |
Arguments à l’appui de la recommandation 1.4
| 2.11. | La CSRD constitue un instrument indispensable pour faciliter la transition écologique, en ce qu’elle permet aux entreprises d’évaluer et d’élaborer leurs initiatives en matière de durabilité et d’en mesurer l’impact tout en fournissant des informations critiques pour estimer les risques environnementaux et sociaux. Il est essentiel que les obligations d’information restent réalisables et que leur mise en œuvre effective dans les activités commerciales soit garantie. |
| 2.12. | Les PME ont besoin de davantage d’aide pour se conformer aux obligations d’information relevant de la CSRD afin de maintenir leur capacité à innover et à participer activement à la transition écologique au sens large et de répondre aux exigences réglementaires, lesquelles peuvent limiter la souplesse et les ressources qui leur sont nécessaires pour adopter des pratiques durables et améliorer leur capacité à se développer et à être compétitives sur le marché mondial (3). La CSRD offre aux PME, avec le soutien et l’orientation appropriés, des possibilités de présenter leurs pratiques durables et d’améliorer ainsi leur capacité à se développer et à être compétitives sur le marché mondial (4). |
Arguments à l’appui de la recommandation 1.5
| 2.13. | Dans son avis sur la CS3D (5), le CESE souligne la nécessité de règles claires et proportionnées pour garantir que les entreprises puissent remplir leurs obligations en matière de devoir de vigilance et insiste sur le fait que l’attaque de la Russie contre l’Ukraine a redéfini la géopolitique mondiale, poussant l’Europe à réduire ses dépendances dans des secteurs stratégiques. À cet égard, et compte tenu des nouvelles tensions commerciales croissantes, le CESE plaide en faveur d’une approche qui reconnaisse ces nouveaux défis et fournisse aux entreprises le soutien et les orientations dont elles ont besoin pour s’y retrouver dans cet environnement en évolution. |
Arguments à l’appui de la recommandation 1.6
| 2.14. | Il s’impose de parvenir à un cadre harmonisé en matière de devoir de diligence pour garantir la sécurité juridique et des conditions de concurrence équitables dans l’ensemble de l’UE. Une approche uniforme permettra non seulement de réduire les coûts de mise en conformité, mais aussi de renforcer la responsabilité des entreprises et les objectifs de durabilité de l’UE de manière cohérente et efficace, même si des définitions harmonisées sont encore nécessaires. |
| 2.15. | Une procédure de vigilance efficace dans les entreprises suit une approche fondée sur les risques, garantissant que les entreprises mettent en place un système de gestion des risques qui devrait prévenir les violations systémiques des droits de l’homme et des droits environnementaux. |
Arguments à l’appui de la recommandation 1.7
| 2.16. | L’efficacité de la CS3D dépend de la capacité de s’assurer que les exigences en matière de devoir de diligence restent pratiques, axées sur les risques et alignées sur les réalités des chaînes de valeur mondiales complexes. Les entreprises, en particulier celles qui disposent de réseaux d’approvisionnement étendus, ont besoin de la souplesse nécessaire pour hiérarchiser les risques les plus importants. En précisant que les évaluations approfondies devraient être guidées par la cartographie réalisée par les entreprises et leur propre hiérarchisation des priorités fondées sur les risques, les législateurs peuvent garantir que les efforts de vigilance restent ciblés, proportionnés et efficaces. Sans cette clarté, les entreprises pourraient être confrontées à des obligations irréalisables qui augmentent non seulement les coûts, mais réduisent également l’incidence globale de la directive en détournant l’attention des risques les plus urgents. |
| 2.17. | En outre, le fait que la notion d’«informations plausibles» constitue un élément déclencheur de l’évaluation des partenaires commerciaux indirects introduit une grande insécurité juridique qui entravera une mise en œuvre efficace. Remplacer «informations plausibles» par une formule plus claire, telle que «pertinentes», «factuelles» et «vérifiables», serait conforme aux cadres réglementaires de l’UE déjà mis en place, comme le règlement sur le travail forcé. Une terminologie juridique bien définie aiderait les entreprises à se concentrer sur les risques crédibles tout en évitant une augmentation ingérable des obligations relatives au devoir de vigilance, qui pourraient, en fin de compte, peser sur les PME et fausser les relations au sein des chaînes d’approvisionnement. |
| 2.18. | Le CESE estime qu’il convient d’envisager l’introduction d’une dérogation pour les secteurs à haut risque. Les États membres sont invités à réfléchir à une telle dérogation aux fins de la cartographie, prévue au paragraphe 2, point a). Les entreprises cherchent à obtenir de leurs partenaires commerciaux directs qui comptent moins de 500 salariés des informations allant au-delà de celles précisées dans les normes d’utilisation volontaire prévues à l’article 29 bis de la directive 2013/34/UE (6). |
Arguments à l’appui de la recommandation 1.8
| 2.19. | Le CESE se déclare également préoccupé par la suppression de la disposition permettant aux ONG et aux syndicats de soutenir les victimes dans le cadre de procédures judiciaires. Tout en reconnaissant la complexité du cadre juridique, il souligne que les acteurs de la société civile peuvent apporter une aide précieuse aux personnes qui pourraient autrement rencontrer des difficultés pour accéder à la justice. |
Arguments à l’appui de la recommandation 1.9
| 2.20. | Le seuil proposé peut entraîner des avantages concurrentiels pour les marchandises importées par rapport aux biens équivalents produits dans l’Union, qui restent pleinement soumis aux obligations du SEQE et à la réduction progressive des quotas gratuits. Ce risque est particulièrement évident dans les secteurs où des produits finis individuels d’un poids inférieur à 50 tonnes peuvent être importés sans coûts relevant du MACF, tandis que les producteurs de l’Union sont confrontés à une augmentation des coûts du carbone. Pour éviter de telles distorsions, l’exemption devrait être couplée à des mécanismes de compensation pour les entreprises et les travailleurs, tels que le maintien de l’allocation de quotas à titre gratuit pour des biens comparables de l’UE ou la modulation du seuil lorsque cela est nécessaire pour prévenir les déséquilibres du marché. |
Arguments à l’appui de la recommandation 1.10
| 2.21. | Les valeurs par défaut du prix du carbone contribuent à simplifier la mise en conformité. Toutefois, si elles sont fixées à un niveau trop bas, elles affaiblissent l’efficacité du MACF en permettant aux importateurs de payer des coûts artificiellement bas par rapport aux producteurs de l’Union. Une telle situation risque de créer des avantages inéquitables en matière de coûts pour les concurrents de pays tiers et pourrait compromettre l’objectif du mécanisme consistant à prévenir les fuites de carbone. Un examen annuel fondé sur des données réelles sur les prix du carbone garantirait que les valeurs restent précises et équitables, de manière à éviter les distorsions du marché. Le renforcement de la surveillance douanière de ces déductions constituerait une protection supplémentaire contre la manipulation des déclarations de coûts du carbone. |
3. AMENDEMENTS PROPOSÉS À LA PROPOSITION LÉGISLATIVE DE LA COMMISSION [COM(2025) 81 final — 2025/0045 (COD)]
Amendement 1
Lié à la recommandation°1.7
Ajouter un nouveau point w) à l’article 3, paragraphe 1, de la directive (UE) 2024/1760 (7)
| Texte proposé par la Commission | Amendement du CESE | ||
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Exposé des motifs
Le fait que la notion d’«informations plausibles» constitue un élément déclencheur de l’évaluation des partenaires commerciaux indirects introduit une grande insécurité juridique qui entravera une mise en œuvre efficace. Remplacer «informations plausibles» par une formule plus claire, telle que «pertinentes», «factuelles» et «vérifiables», serait conforme aux cadres réglementaires de l’UE déjà mis en place, comme le règlement sur le travail forcé. Une terminologie juridique bien définie aiderait les entreprises à se concentrer sur les risques crédibles tout en évitant une augmentation ingérable des obligations relatives au devoir de vigilance, qui pourraient, en fin de compte, peser sur les PME et fausser les relations au sein des chaînes d’approvisionnement.
Amendement 2
Lié à la recommandation°1.7
Considérant 21
| Texte proposé par la Commission | Amendement du CESE | ||||
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Exposé des motifs
Le fait que la notion d’«informations plausibles» constitue un élément déclencheur de l’évaluation des partenaires commerciaux indirects introduit une grande insécurité juridique qui entravera une mise en œuvre efficace. Remplacer «informations plausibles» par une formule plus claire, telle que «pertinentes», «factuelles» et «vérifiables», serait conforme aux cadres réglementaires de l’UE déjà mis en place, comme le règlement sur le travail forcé. Une terminologie juridique bien définie aiderait les entreprises à se concentrer sur les risques crédibles tout en évitant une augmentation ingérable des obligations relatives au devoir de vigilance, qui pourraient, en fin de compte, peser sur les PME et fausser les relations au sein des chaînes d’approvisionnement.
Amendement 3
Lié à la recommandation 1.2
Considérant 3
| Texte proposé par la Commission | Amendement du CESE | ||||
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| Dans le contexte de l’engagement pris par la Commission de procéder à un réexamen des normes européennes d’information en matière de durabilité (ESRS), il est essentiel de garantir un processus de consultation équitable et inclusif associant toutes les parties prenantes et institutions concernées, y compris le Comité économique et social européen, qui, en tant qu’organe représentatif de la société civile organisée, des employeurs et des travailleurs, est bien placé pour concourir de manière constructive aux efforts de simplification en apportant une contribution équilibrée et fondée sur des données probantes. |
Exposé des motifs
Le CESE, en tant que représentant institutionnel de la société civile organisée, des employeurs et des travailleurs, est particulièrement bien placé pour offrir une approche équilibrée et multidimensionnelle des incidences des normes ESRS. Une consultation avec le CESE garantirait que les mesures de simplification soient non seulement solides sur le plan technique, mais aussi socialement et économiquement proportionnées, et qu’elles tiennent compte des réalités auxquelles sont confrontées les entreprises et les parties prenantes sur le terrain.
Bruxelles, le 18 juin 2025.
Le président
du Comité économique et social européen
Oliver RÖPKE
(1) Mario Draghi, «The Future of European Competitiveness: In-depth Analysis and Recommendations», p. 318.
(2) Mario Draghi, «The Future of European Competitiveness: In-depth Analysis and Recommendations», p. 110.
(3) Parlement européen, «The impact of EU legislation in the area of digital and green transition, particularly on SMEs».
(4) Parlement européen, «The impact of EU legislation in the area of digital and green transition, particularly on SMEs».
(5) Avis du Comité économique et social européen sur le thème «Proposition de directive du Parlement européen et du Conseil sur le devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité et modifiant la directive (UE) 2019/1937» [COM(2022) 71 final] ( JO C 443 du 22.11.2022, p. 81).
(6) Directive 2013/34/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 relative aux états financiers annuels, aux états financiers consolidés et aux rapports y afférents de certaines formes d'entreprises, modifiant la directive 2006/43/CE du Parlement européen et du Conseil et abrogeant les directives 78/660/CEE et 83/349/CEE du Conseil (JO L 182 du 29.6.2013, p. 19).
(7) Directive (UE) 2024/1760 du Parlement européen et du Conseil du 13 juin 2024 sur le devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité et modifiant la directive (UE) 2019/1937 et le règlement (UE) 2023/2859 (JO L, 2024/1760, 5.7.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2024/1760/oj).
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2025/4212/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)