Avis du CESE: Immigration et coopération pour le développement

Points clés

Depuis 2006, l'analyse des relations entre les migrations et le développement a donné naissance à une nouvelle façon d'observer le phénomène des migrations, qui tient compte des intérêts des pays d'origine, dépassant ainsi la vision prévalant jusqu'à présent en Europe selon laquelle les politiques migratoires se définissaient uniquement par rapport aux besoins et intérêts des pays d'accueil.

Jusqu'à présent, les politiques communautaires de coopération au développement se sont peu intéressées au rôle des migrations dans la lutte contre la pauvreté. Bien qu'elles ne prétendent ni favoriser ni freiner directement les mouvements migratoires, elles peuvent, en luttant contre la pauvreté et les inégalités, contribuer à réduire les facteurs favorisant l'émigration forcée.

Le CESE propose à la Commission, au Parlement et au Conseil de l'UE de promouvoir, dans le cadre de la politique extérieure, un cadre normatif international pour les migrations sur la base de la Déclaration universelle des droits de l'homme, ainsi que du Pacte sur les droits civils et politiques et du Pacte sur les droits économiques, sociaux et culturels.

Le CESE soutient une nouvelle façon d'envisager les politiques européennes d'immigration, à savoir la gestion de la politique d'immigration en collaboration avec les pays d'origine, afin que les migrations soient un facteur de développement pour ces pays. Cela suppose de repenser de nombreux aspects de ces politiques, y compris ceux ayant trait aux critères d'admission ou aux possibilités de mobilité des immigrants.

Le CESE estime que pour optimiser le bénéfice des transferts de fonds pour les pays d'origine, il est nécessaire de réduire les coûts des transactions financières y relatives. L'UE doit soutenir les réseaux transnationaux des diasporas car c'est un moyen de favoriser le développement des pays d'origine.

Le CESE prône le retour et l'élargissement des possibilités de circulation, comme moyen de récupérer du capital humain et d'éviter le brain drain. Et il demande une politique d'admission des immigrés cohérente avec les objectifs du développement: puisque accueillir c'est contribuer au développement.