Accroître les ambitions de l’Europe en matière de climat (communication)

Download — Avis du CESE: Accroître les ambitions de l’Europe en matière de climat (communication)

Points clés

  • Le CESE se félicite vivement de la communication de la Commission intitulée «Accroître les ambitions de l’Europe en matière de climat pour 2030 – Investir dans un avenir climatiquement neutre, dans l’intérêt de nos citoyens». La décision de la Commission de porter à 55 % l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 s’inscrit largement dans la ligne de l’avis élaboré précédemment par le CESE sur la loi européenne sur le climat.

  • Viser un objectif «zéro émission nette» en se fondant sur les objectifs intermédiaires n’est possible que pour autant que l’intégrité du système, y compris le calcul précis du carbone émis et absorbé, soit garantie.

  • Le CESE estime qu’il est fondamental que les citoyens et les partenaires sociaux sachent comment les objectifs en matière d’émissions peuvent être atteints et quelles seront leurs incidences sur leur travail et leur vie. C’est essentiel si on veut qu’ils soutiennent toutes les mesures qui devront être prises. Il convient dès lors de faire en sorte que les risques et les possibilités soient répartis de manière équitable afin de garantir la sécurité et la stabilité.

  • Le CESE partage l’avis de la Commission selon lequel il faut associer les dépenses consacrées à la relance post-COVID-19 et l’action ambitieuse en faveur du climat afin d’éviter l’argent gaspillé et les actifs délaissés, entraînant ultérieurement des besoins en ressources supplémentaires. Il y a lieu de veiller à ce que ces investissements soient effectivement utilisés en faveur d’une politique climatique durable qui place les citoyens au centre des préoccupations.

  • La Commission a l’intention de présenter les propositions législatives détaillées qui s’imposent d’ici juin 2021. Le CESE invite les colégislateurs à respecter ce délai et à achever le processus législatif d’ici décembre 2021, faute de quoi le laps de temps disponible pour atteindre l’objectif 2030 sera trop serré.

  • Le CESE recommande à la Commission d’accorder la priorité à la mise à jour de la législation européenne sur la transition vers des carburants renouvelables.

  • Dans le but d’assurer une transition évolutive, le CESE préconise que les nouveaux objectifs climatiques définis pour le secteur agricole par le fonds de relance «Next Generation EU» soient pris en compte dans l’acte délégué qui sera adopté sur la base du règlement établissant une taxinomie. Selon la proposition actuelle, l’acte délégué ne prévoit d’instruments de transition que pour une production de niche. Seule une transition globale vers des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement garantira la durabilité du secteur alimentaire à l’avenir. La chaîne alimentaire doit renforcer les investissements durables et les mesures de soutien visant à encourager cette transition.

  • Le CESE plaide en faveur d’un programme européen spécifique pour la bioéconomie qui facilite les investissements et crée des chaînes d’approvisionnement locales et fondées sur les exploitations agricoles.

  • Le CESE met en exergue la conclusion de l’analyse d’impact selon laquelle la réalisation de l’objectif consistant à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 55 % d’ici à 2030 non seulement mettrait résolument l’UE sur la bonne voie pour réaliser la neutralité climatique, mais ferait aussi des entreprises et des industries de l’UE des pionnières mondiales. Dans ce contexte, l’UE doit veiller à ce que sa politique commerciale et ses accord commerciaux soient cohérents avec ses ambitions en matière de climat. Le CESE invite en outre la Commission à accorder une attention particulière aux conséquences possibles pour les citoyens de pays tiers à faibles revenus.

  • Le CESE soutient pleinement la position de la Commission quand elle affirme que les citoyens sont des «partenaires essentiels dans la lutte contre le changement climatique»; il est en effet convaincu que la participation active de «toutes les composantes de la société» est une condition nécessaire au succès de la politique climatique au sein de l’UE. Le Comité réitère dès lors sa proposition de créer une plateforme des parties prenantes du pacte européen pour le climat.

  • Le CESE invite par ailleurs les États membres à se pencher sur l’introduction de critères et d’indicateurs communs au niveau européen en guise de première étape vers une meilleure évaluation de la précarité énergétique, comme le préconise la Commission dans sa recommandation du 14 octobre 2020 sur la précarité énergétique [C(2020) 9600 final].

  • Le CESE se félicite que la Commission demande, à juste titre, que la transition de notre économie s’accompagne d’investissements dans la reconversion, la formation continue et l’éducation tout au long de la vie de nombreuses catégories professionnelles. Il convient en outre de prendre des mesures visant à garantir que les nouvelles possibilités d’emploi stimulent la création d’emplois assortis de salaires décents et de bonnes conditions de travail.