Adam Mokhtari, jeune lycéen de 17 ans, était l’un des représentants de l’Irlande lors de la manifestation «Votre Europe, votre avis!» (YEYS), qui s’est tenue au mois de mars à Bruxelles sous le titre «Donner une voix aux jeunes». Il a présenté les recommandations qui en ont découlé à l’occasion de la Semaine de la société civile du CESE, au cours d’une séance intitulée «Tracer la voie de l’Europe — Reconnecter des sociétés européennes polarisées grâce à l’apprentissage communautaire et à l’éducation à la citoyenneté». Adam a accepté de nous raconter ce qu’il avait préféré lors de cette manifestation et de partager son histoire personnelle afin de nous expliquer pourquoi il souhaite une Europe où tout le monde se sente inclus.

Adam Mokhtari, jeune lycéen de 17 ans, était l’un des représentants de l’Irlande lors de la manifestation «Votre Europe, votre avis!» (YEYS), qui s’est tenue au mois de mars à Bruxelles sous le titre «Donner une voix aux jeunes». Il a présenté les recommandations qui en ont découlé à l’occasion de la Semaine de la société civile du CESE, au cours d’une séance intitulée «Tracer la voie de l’Europe — Reconnecter des sociétés européennes polarisées grâce à l’apprentissage communautaire et à l’éducation à la citoyenneté». Adam a accepté de nous raconter ce qu’il avait préféré lors de cette manifestation et de partager son histoire personnelle afin de nous expliquer pourquoi il souhaite une Europe où tout le monde se sente inclus.

Par Adam Mokhtari

Bonjour, je m’appelle Adam Mokhtari et j’ai vécu une expérience inoubliable en tant que représentant de l’Irlande lors de la manifestation «Votre Europe, votre avis!» (YEYS) 2025. Environ 90 jeunes venus de toute l’Europe s’étaient réunis dans le but de partager leurs idées et de façonner l’avenir.  

J’ai particulièrement apprécié le travail de groupe au cours duquel nous avons traité des questions importantes et pris plusieurs décisions. J’ai également aimé l’activité lors de laquelle nous avons tour à tour écouté, parlé et observé, et avons pu décrire ce que l’Europe signifiait pour chacun d’entre nous sur le plan personnel. Nous disposions de sept minutes par personne et tout le monde a ainsi pu s’exprimer.

Nous nous sommes finalement mis d’accord sur cinq recommandations clés: rendre les gouvernements plus transparents et inclure les jeunes, enseigner la citoyenneté active dans les écoles, garantir l’égalité pour tous, permettre aux jeunes d’avoir véritablement leur mot à dire sur le plan politique et élaborer un plan d’action climatique solide.

J’ai ensuite eu l’honneur de représenter les participants à l’occasion de la Semaine de la société civile du CESE et de partager nos recommandations avec des décideurs politiques. C’est là que j’ai compris que les jeunes avaient réellement leur mot à dire!

Le pouvoir de l’éducation

L’éducation joue un rôle fondamental pour inciter les jeunes à s’impliquer dans le fonctionnement de la démocratie. Elle nous apprend à faire preuve d’esprit critique, à repérer les fausses nouvelles et à agir. Sans le soutien de mon école, je n’aurais jamais eu cette chance. Je compte bien conseiller à d’autres jeunes de s’impliquer eux aussi.

Lors de la manifestation YEYS, le président du CESE, Oliver Röpke, et la coordonnatrice européenne des activités relatives à la jeunesse, Biliana Sirakova, ont écouté nos idées et nous ont encouragés à poursuivre notre action en faveur du changement.

Mon récit et l’importance de l’inclusion

Je suis né en Irlande, mais mes parents y sont arrivés à la fin des années 90. Directement, les Irlandais leur ont témoigné de l’amour et du respect. Mon père et ma mère m’ont raconté qu’à cette époque, il y avait encore très peu de diversité en Irlande. Cela ne les a pas empêchés de faire leur chemin.

Je suis irlandais et je suis européen, mais je suis aussi d’origine algérienne.  Il m’est arrivé de me sentir différent des autres, mais en général, je me sens comme tout le monde.  J’ai énormément appris de ces différentes cultures, et je pense qu’elles rendent la vie plus belle. Ce serait vraiment ennuyeux si nous étions tous les mêmes...  Je trouve important d’être ouvert aux différences et de comprendre l’autre.

Malheureusement, des migrants et des jeunes sont aujourd’hui victimes de discrimination, de haine et de traitements injustes, qui peuvent être amplifiés par les médias sociaux. Cela doit changer. Ces évolutions me désolent... En Irlande, certains immigrants vivent dans la rue et sont perçus comme un problème. Ce n’est vraiment pas facile et c’est surtout très triste.

J’ai eu la chance de fréquenter des écoles où tout le monde se sentait inclus, mais ce n’est pas le cas de tous les jeunes. Nous devons veiller à ce que tout le monde se sente accepté et développe un sentiment d’appartenance, afin que personne ne soit mis à l’écart ou ne se retrouve déconnecté de la société.

Construire un avenir meilleur

Si nous voulons rendre l’Irlande et l’Union européenne plus inclusives, nous devons mieux faire connaître nos différentes cultures et ce que l’UE fait pour nous.  Nous pourrons ainsi mieux nous comprendre et renforcer l’inclusion.

Nous avons besoin de manifestations communautaires pour rassembler les gens et leur permettre d’interagir dans un esprit positif. Un plus grand nombre de jeunes doivent être impliqués dans les décisions prises au niveau local, y compris dans les clubs de jeunesse, les clubs sportifs, les écoles ou au niveau de l’UE. Ils se sentiront ainsi inclus dans ce qui compte pour eux. Il faut montrer aux jeunes comment ils peuvent s’engager.

Nous avons besoin du soutien de l’UE pour faire de l’inclusion une priorité.  Je suis ravi qu’elle revête une telle importance pour le CESE.

Ce que je souhaite pour l’Europe

De nombreux jeunes ne savent pas grand-chose de ce que l’UE fait pour eux. L’Union devrait redoubler d’efforts afin de nous aider à nous impliquer politiquement et à voter. 

Je souhaite une Europe unie, équitable et accueillante, où chacun se sente inclus, quelle que soit son origine.

La manifestation YEYS m’a montré que les jeunes pouvaient faire la différence. Même si toutes nos idées ne sont pas acceptées directement, elles sont au moins entendues. En tant que jeune Irlandais d’origine algérienne, je sens que ma voix compte, et je veux que d’autres jeunes aient la même chance que moi.

L’éducation peut contribuer à rapprocher les gens, à lutter contre les discriminations et à donner une voix aux jeunes. Je garderai cette expérience en moi et j’entends bien encourager d’autres jeunes à s’impliquer à leur tour. L’avenir est entre nos mains!  C’est notre Europe, et nous avons notre mot à dire!

Adam Mokhtari est un jeune lycéen irlandais de 17 ans. Il est inscrit à la Bremore Educate Together Secondary School de Balbriggan, près de Dublin. Passionné par l’UE et bien décidé à rendre les sociétés plus inclusives et plus prospères, Adam a participé à la manifestation YEYS 2025 et en a représenté les participants à l’occasion de la Semaine de la société civile du CESE.

Dans ce numéro:

  • «Défense européenne: les dépenses doivent être réfléchies et efficaces», par Marcin Nowacki, membre du CESE
  • «Le plan “ReArm Europe”», par Nicolas Gros-Verheyde
  • Le point sur la manifestation «Votre Europe, votre avis!»:

    - «L'engagement des jeunes ne doit pas se limiter au simple fait de cocher une case», par Bruno António

    - «Encourager pour responsabiliser», par Kristýna Bulvasová

    - «Participation de jeunes moldaves à la manifestation “Votre Europe, votre avis!”: construire une génération qui repousse ses horizons» — entretien avec Mădălina-Mihaela Antoci

Dans ce numéro:

  • «Défense européenne: les dépenses doivent être réfléchies et efficaces», par Marcin Nowacki, membre du CESE
  • «Le plan “ReArm Europe”», par Nicolas Gros-Verheyde
  • Le point sur la manifestation «Votre Europe, votre avis!»:

    - «L'engagement des jeunes ne doit pas se limiter au simple fait de cocher une case», par Bruno António

    - «Encourager pour responsabiliser», par Kristýna Bulvasová

    - «Participation de jeunes moldaves à la manifestation “Votre Europe, votre avis!”: construire une génération qui repousse ses horizons» — entretien avec Mădălina-Mihaela Antoci

Surmonter les divisions: comment la société civile peut-elle lutter contre les clivages néfastes?

À l’heure où nos sociétés sont confrontées à une polarisation croissante et où la confiance dans les institutions démocratiques s’érode, la société civile doit relever le défi. La polarisation n’est pas toujours négative en soi; le débat démocratique est fondé sur la divergence des points de vue. Toutefois, lorsque les clivages conduisent à l’hostilité, à la désinformation et à la division, ils menacent les fondements mêmes de nos démocraties.

Surmonter les divisions: comment la société civile peut-elle lutter contre les clivages néfastes?

À l’heure où nos sociétés sont confrontées à une polarisation croissante et où la confiance dans les institutions démocratiques s’érode, la société civile doit relever le défi. La polarisation n’est pas toujours négative en soi; le débat démocratique est fondé sur la divergence des points de vue. Toutefois, lorsque les clivages conduisent à l’hostilité, à la désinformation et à la division, ils menacent les fondements mêmes de nos démocraties.

Au cours de l’édition 2025 de la Semaine de la société civile, nous avons découvert des exemples remarquables d’initiatives visant à lutter contre les clivages néfastes. Le prix de la société civile du CESE a mis en lumière des organisations qui œuvrent dans le domaine de l’éducation aux médias, de la lutte contre la désinformation et de la promotion du dialogue intergénérationnel. Ce sont ces types de projets qui doivent être soutenus si nous voulons construire des sociétés résilientes et cohésives.

Dans toute l’Europe, nous assistons à une fragmentation croissante de la société. Les défis sont nombreux: inégalités économiques, exclusion sociale, désinformation numérique et extrémisme politique. La récente montée des mouvements populistes à travers l’Europe, la diminution du pluralisme des médias et le recul de la confiance dans les institutions illustrent la manière dont la polarisation alimente le mécontentement. Ces tendances affaiblissent les structures démocratiques et érodent la cohésion sociale. En ces temps troublés, la société civile ne se contente pas de participer au processus démocratique: elle est la gardienne de sa résilience.

Les organisations de la société civile sont depuis longtemps à l’avant-garde de la défense des valeurs démocratiques. Elles jouent un rôle de médiatrices, en faisant entendre la diversité des voix, en luttant contre la désinformation et en favorisant des débats publics éclairés. Elles offrent une plateforme à ceux qui ne se sentent pas entendus, et prônent des politiques inclusives qui permettent de résorber les fractures plutôt que de les aggraver. Grâce à la participation civique, à des débats factuels et à des initiatives qui promeuvent la tolérance, la société civile lutte activement contre les forces qui fomentent la division.

Le CESE est fermement convaincu que renforcer la participation et le dialogue est la seule voie à suivre. Nous le constatons chaque jour dans nos travaux: nos membres, qui représentent les employeurs, les syndicats et les ONG, mènent des débats certes animés, mais toujours dans le but de trouver un terrain d’entente. Notre force réside dans le consensus, et c’est cette approche qui doit être adoptée dans toute l’Europe.

La société civile doit être habilitée à jouer pleinement son rôle dans la lutte contre la polarisation. Il est donc nécessaire de lui garantir un accès à des financements, de protéger sa capacité à opérer librement et de favoriser un environnement dans lequel ses contributions à la vie démocratique sont reconnues et valorisées. Les mécanismes participatifs, que ce soit au moyen de consultations citoyennes, d’initiatives de terrain ou d’outils de démocratie délibérative, doivent être renforcés afin d’assurer que les citoyens se sentent inclus dans la prise de décision.

L’avenir de l’Europe repose sur le sentiment des citoyens d’être représentés, associés et entendus. La société civile n’est pas un accessoire de la démocratie: elle constitue son épine dorsale. Au moment où nous traversons une ère de division, nous devons la doter des outils, de la reconnaissance et de l’espace dont elle a besoin pour continuer à préserver nos valeurs démocratiques. En favorisant le dialogue, en promouvant l’inclusion sociale et en luttant contre l’extrémisme, la société civile peut être la force qui transforme la polarisation, source de conflit, en un moteur de débat constructif et de progrès social.

Travaillons ensemble pour faire en sorte que la division ne conditionne pas notre avenir. Au contraire, construisons une Europe où la diversité des opinions renforce notre unité, où l’engagement rétablit la confiance et où la société civile montre la voie à suivre pour surmonter les divisions.

Oliver Röpke

Président du CESE

Nous nous sommes entretenus avec Javier Garat Pérez, rapporteur de l’avis sur les «Recommandations de la société civile en vue d’un pacte européen pour les océans», à propos des principales recommandations du CESE concernant l’initiative de la Commission européenne, qui définit une vision globale pour toutes les politiques relatives aux océans. Quelles mesures spécifiques doivent être prises pour protéger les océans contre les détériorations et la pollution ainsi que pour préserver leur biodiversité? Quelles sont les principales menaces pour le bien-être des océans et quelles solutions le Comité propose-t-il? 

Nous nous sommes entretenus avec Javier Garat Pérez, rapporteur de l’avis sur les «Recommandations de la société civile en vue d’un pacte européen pour les océans», à propos des principales recommandations du CESE concernant l’initiative de la Commission européenne, qui définit une vision globale pour toutes les politiques relatives aux océans. Quelles mesures spécifiques doivent être prises pour protéger les océans contre les détériorations et la pollution ainsi que pour préserver leur biodiversité? Quelles sont les principales menaces pour le bien-être des océans et quelles solutions le Comité propose-t-il? 

«Nous n’avons jamais eu une génération aussi instruite et porteuse d’un tel potentiel, mais en même temps soumise à une pression aussi forte et confrontée à tant d’incertitudes par rapport à son avenir», explique Bruno António, spécialiste de la jeunesse et orateur principal de la conférence «Votre Europe, votre avis!» 2025. Pour CESE info, il explique comment amplifier la voix des jeunes et pourquoi il est essentiel de continuer de leur enseigner toute l’importance de la démocratie dans les futurs programmes de l’UE à leur intention, à un moment où les cas de discrimination et de xénophobie sont en hausse en Europe.

«Nous n’avons jamais eu une génération aussi instruite et porteuse d’un tel potentiel, mais en même temps soumise à une pression aussi forte et confrontée à tant d’incertitudes par rapport à son avenir», explique Bruno António, spécialiste de la jeunesse et orateur principal de la conférence «Votre Europe, votre avis!» 2025. Pour CESE info, il explique comment amplifier la voix des jeunes et pourquoi il est essentiel de continuer de leur enseigner toute l’importance de la démocratie dans les futurs programmes de l’UE à leur intention, à un moment où les cas de discrimination et de xénophobie sont en hausse en Europe.

1. Les jeunes d’aujourd’hui se montrent-ils plutôt passifs ou actifs sur le plan politique et dans la vie de la collectivité? Comment pourrions-nous les faire participer davantage à l’élaboration des politiques?

Plusieurs études montrent que les jeunes se sentent concernés et participent de manière active. Si l’on définit l’engagement politique comme le fait d’avoir conscience de questions sociétales fondamentales, alors il est clair que les jeunes agissent dans le but d’amener un changement. C’est la manière dont ils le font qui est intéressante. Les formes de participation traditionnelles, comme le vote, le bénévolat au sein d’ONG ou l’adhésion aux sections de jeunesse des partis politiques, semblent aujourd’hui dépassées, et les jeunes préfèrent influencer l’élaboration des politiques publiques en signant des pétitions, en participant à des manifestations ou par d’autres moyens innovants. Au sein du réseau DYPALL, nous analysons ces différents instruments d’engagement: consultations, participation à des conseils locaux de la jeunesse et autres mécanismes de dialogue avec la jeunesse à l’échelon local. Nous observons un fort intérêt des jeunes pour la participation, mais la plupart des mécanismes traditionnels ne leur sont plus adaptés et n’ont pas réellement d’impact.

2. Les résultats des récentes élections européennes et les sondages nationaux montrent que de nombreux jeunes votent désormais pour des partis de droite. Pourquoi, selon vous, et pensez-vous qu’il s’agit d’une tendance inquiétante qui met en péril les valeurs européennes telles que l’égalité et l’inclusion?

La hausse du vote de droite parmi les jeunes est une évolution inquiétante. Elle découle selon nous d’un mécontentement par rapport à la politique traditionnelle, d’une profonde méfiance envers les institutions politiques, d’un désir d’identité nationale forte et de craintes relatives à la sécurité tant économique que sociale. Nous devons mieux comprendre les causes profondes de ces tendances électorales alarmantes. Cette génération a grandi dans une période marquée par des crises permanentes et la précarité du lendemain. Nous n’avons jamais eu une génération aussi instruite et porteuse d’un tel potentiel, mais en même temps soumise à une pression aussi forte et confrontée à tant d’incertitudes par rapport à son avenir. Les algorithmes des médias sociaux amplifient les contenus clivants et façonnent leur vision des choses.

Tout cela nourrit leurs inquiétudes face à ce qui les attend. Le vote pour des partis populistes peut être une forme de protestation et de mécontentement général, mais il peut aussi témoigner d’une volonté de voir une voix forte prendre le pouvoir et apporter un sentiment de sécurité. L’histoire a cependant montré que lorsque de tels partis populistes de droite accèdent au pouvoir, les jeunes perdent souvent tout espoir et se sentent finalement trahis. Et quand ils se rendent compte que des droits, des libertés et d’autres valeurs importantes à leurs yeux leur sont retirés ou sont remis en question, il est souvent déjà trop tard.

Cette menace plane déjà sur nos valeurs européennes. On le remarque non seulement au niveau des discours politiques, mais aussi dans la vie quotidienne des membres de nos communautés, avec une normalisation des actes de xénophobie ou de discrimination à l’encontre des personnes différentes. C’est pourquoi il est essentiel que les futurs programmes de l’UE à l’intention des jeunes continuent de les aider à comprendre toute l’importance de la démocratie, à apprendre en quoi elle consiste précisément et à en faire l’expérience, tout en leur permettant d’acquérir les compétences nécessaires pour résister aux menaces que constituent les mouvements antidémocratiques.

3. Dans quelle mesure les jeunes Européens ont-ils conscience de ce que l’UE fait pour eux? Comment pourrions-nous les inciter à s’intéresser davantage aux questions européennes? Et comment évaluez-vous les efforts de communication de l’Union?

Il est certain que les jeunes ont bien plus conscience de ce que l’UE fait pour eux que les générations précédentes. Les programmes à l’intention de la jeunesse tels qu’Erasmus+, le corps européen de solidarité et DiscoverEU contribuent à forger un sentiment d’appartenance à une identité européenne et devraient être renforcés et rendus accessibles à l’ensemble des jeunes Européens.

Mais sont-ils vraiment conscients de ce que l’Europe fait pour eux? Selon nous, non. L’UE doit améliorer sa capacité à démontrer son impact sur la société — et en particulier sur les jeunes — de sorte qu’il soit plus visible et mieux compris. Les décisions des institutions de l’UE ont une incidence majeure, ce qui devrait pousser les jeunes à s’intéresser davantage aux questions européennes. Comment? Deux idées me viennent à l’esprit: les institutions européennes devraient leur faire comprendre que les décisions prises au niveau de l’UE ont une influence directe sur leurs vies. Elles devraient également renforcer les programmes qui leur permettent de s’informer sur l’Union, d’en faire l’expérience et de mieux la connaître. Cela pourrait contribuer à renforcer ce sentiment d’appartenance, ainsi que l’empathie, les liens et l’amitié entre Européens.

Des efforts considérables ont été déployés par différentes institutions pour se rapprocher des citoyens et différents outils et campagnes ont été remaniés et considérablement améliorés, mais cela ne suffit pas. Dans la pratique, elles restent souvent éloignées des réalités des jeunes.

Si l’UE a renforcé sa présence sur les médias sociaux et fait des progrès dans ses campagnes ciblées à l’intention de la jeunesse, son message manque encore de force d’identification, en particulier pour les jeunes de nos sociétés dans leur diversité. L’Union devrait intensifier ses efforts en matière de communication et mieux les structurer, en intégrant de nouvelles méthodes de sensibilisation, comme le recours à des ONG de jeunesse en tant qu’ambassadrices des jeunes, la création de plates-formes décentralisées et la mise en place de campagnes de narration qui associent les politiques de l’UE à des expériences concrètes de leur quotidien. Dans cette perspective, il est important d’expérimenter de nouvelles approches et d’impliquer directement les jeunes dans l’élaboration et la mise en œuvre de campagnes et d’autres formes de communication. 

4. Comment pouvons-nous amplifier la voix des jeunes?

En les prenant au sérieux et en ayant conscience de leur valeur. Les institutions ont le pouvoir et la capacité d’amplifier la voix des jeunes, mais il leur manque parfois la volonté de leur fournir l’espace, le soutien, les possibilités et les outils nécessaires à une participation véritable. La participation des jeunes ne doit pas se résumer à une liste de points à suivre: inviter les jeunes à des événements publics, prendre des photos pour les médias sociaux, puis finalement négliger leurs contributions... Elle doit avoir un impact; les jeunes doivent voir les résultats de leur engagement et les changements qu’il induit sur le terrain.

L’amplification de la voix de la jeunesse nécessite un soutien institutionnel, comme la représentation des jeunes au sein des organes décisionnels. Cela implique aussi d’instaurer la confiance, ce qui prend du temps, et de mettre en place des espaces de qualité et des processus de coopération. Un financement adéquat est donc nécessaire, et les institutions doivent travailler plus efficacement et impliquer davantage les jeunes dans les processus de décision. Tout cela requiert des investissements, un engagement sincère et du temps.

Bruno António est directeur exécutif du réseau DYPALL, une plate-forme européenne d’organisations de la société civile, de collectivités locales et d’instituts de recherche qui vise à promouvoir la participation des jeunes aux processus décisionnels à l’échelle locale. Au cours des douze dernières années, Bruno a travaillé en tant que spécialiste de la jeunesse et consultant externe pour plusieurs institutions, comme la Commission européenne et le Conseil de l’Europe. Avant cela, il a occupé le poste de secrétaire général de Youth for Exchange and Understanding et celui de directeur exécutif d’ECOS — Cooperativa de Educação, Cooperação e Desenvolvimento. Il est titulaire d’un diplôme en éducation sociale de l’Université de l’Algarve à Faro, au Portugal.

 

La jeune Moldave Mădălina-Mihaela Antoci comptait parmi les représentants des pays candidats à l’adhésion à l’UE lors de l’édition 2025 de la manifestation «Votre Europe, votre avis!» (YEYS), que le CESE organise chaque année à l’intention de la jeunesse. Elle a également participé à la Semaine de la société civile du Comité, où elle a prononcé un discours inspirant lors de la table ronde d’ouverture sur le thème «Toujours unie dans la diversité». Présidente de la section moldave du Réseau des étudiants Erasmus (ESN) et membre du conseil d’administration du Conseil national de la jeunesse de Moldavie, Mădălina-Mihaela a expliqué ce que l’UE signifie pour les jeunes Moldaves et a évoqué sa mission consistant à encourager les jeunes de son pays à étudier à l’étranger et à s’ouvrir au monde.

La jeune Moldave Mădălina-Mihaela Antoci comptait parmi les représentants des pays candidats à l’adhésion à l’UE lors de l’édition 2025 de la manifestation «Votre Europe, votre avis!» (YEYS), que le CESE organise chaque année à l’intention de la jeunesse. Elle a également participé à la Semaine de la société civile du Comité, où elle a prononcé un discours inspirant lors de la table ronde d’ouverture sur le thème «Toujours unie dans la diversité». Présidente de la section moldave du Réseau des étudiants Erasmus (ESN) et membre du conseil d’administration du Conseil national de la jeunesse de Moldavie, Mădălina-Mihaela a expliqué ce que l’UE signifie pour les jeunes Moldaves et a évoqué sa mission consistant à encourager les jeunes de son pays à étudier à l’étranger et à s’ouvrir au monde.

1. Le Conseil national de la jeunesse de Moldavie fait-il participer les jeunes aux discussions sur l’intégration à l’Union européenne? Comment les jeunes Moldaves perçoivent-ils l’UE?

Absolument! Le Conseil national de la jeunesse de Moldavie veille à ce que les jeunes soient entendus dans le processus d’intégration de la Moldavie à l’UE au moyen de consultations, de campagnes de sensibilisation et d’un dialogue direct avec les décideurs politiques. Pour de nombreux jeunes Moldaves, l’UE représente le progrès, de nouveaux horizons et un avenir où leurs talents sont reconnus et valorisés. Cependant, il existe encore des lacunes en matière de sensibilisation, et c’est là que nous intervenons, en transformant la curiosité en une participation active.

Nous organisons des forums, des débats et des ateliers sur l’intégration à l’UE, les questions politiques et les droits des jeunes.
Nous demandons que la jeunesse soit associée aux processus nationaux de prise de décision.
Nous lançons des campagnes d’information et d’éducation des jeunes Moldaves sur les avantages de l’adhésion à l’UE.

2. Pourriez-vous nous présenter brièvement votre travail au sein de la section moldave du Réseau des étudiants Erasmus (ESN)?

En tant que présidente d’ESN Moldavie, ma mission consiste à ouvrir les jeunes aux possibilités qui se présentent à eux sur la scène internationale et qui sont susceptibles de changer leur vie. Notre équipe s’efforce d’encourager la mobilité, de créer un environnement accueillant pour les étudiants qui participent à un échange et de promouvoir une éducation internationale. L’une de mes principales initiatives s’intitule «Erasmus à l’école», dans le cadre de laquelle nous incitons les lycéens à construire des rêves qui ne s’arrêtent pas à leurs frontières et à s’ouvrir au monde.

3. Pourriez-vous nous dire combien d’étudiants moldaves ont bénéficié du programme universitaire Erasmus+ jusqu’à présent, au total ou par année?

Pour l’heure, la Moldavie n’accueille pas d’étudiants Erasmus+, mais nos jeunes font forte impression à l’étranger! Chaque année, entre 500 et 700 étudiants moldaves étudient ou effectuent des stages dans les meilleurs établissements européens grâce à Erasmus+. Depuis le lancement du programme, des milliers d’entre eux ont acquis une expérience internationale, ramenant avec eux un esprit innovant, des capacités de leadership et une nouvelle vision des choses. Avec «Erasmus à l’école», je m’efforce de faire de la mobilité une réalité pour encore plus de jeunes Moldaves, en leur démontrant que les portes du monde leur sont grandes ouvertes.

4. Selon vous, quel est l’intérêt de tels programmes d’échanges universitaires pour les jeunes d’un pays candidat comme la Moldavie?

Erasmus+ est plus qu’un simple programme d’études: c’est une rampe de lancement pour l’avenir de la Moldavie. Il offre aux jeunes davantage qu’une éducation: il leur apprend à s’adapter et à faire preuve de résilience et leur apporte une perspective européenne. Dans un pays candidat comme la Moldavie, il doit permettre de construire une génération qui puisse repousser ses horizons, innover et coopérer et qui soit prête à guider notre pays vers son avenir européen.

5. Quelles étaient vos attentes concernant la manifestation «Votre Europe, votre avis!» et la Semaine de la société civile?

J’espérais y trouver des discussions enrichissantes, des idées audacieuses et de véritables engagements en faveur de la participation des jeunes à l’élaboration des politiques. Ces manifestations sont plus que de simples rencontres: elles constituent des plateformes où de jeunes acteurs du changement remettent en question le statu quo et militent en faveur d’une Europe plus forte et plus inclusive. Pour la Moldavie, elles représentent un nouveau pas vers la réduction du fossé qui sépare les réalités du terrain à l’échelon local et les ambitions européennes, en démontrant que nos jeunes ne se contentent pas d’attendre l’avenir mais comptent bien le façonner.

Mădălina-Mihaela Antoci, 21 ans, est une responsable d’organisation de jeunesse passionnée par l’éducation, la participation civique et l’autonomisation des jeunes. Elle est actuellement présidente de la section moldave du Réseau des étudiants Erasmus (ESN) et membre du conseil d’administration du Conseil national de la jeunesse de Moldavie.

Promotrice infatigable du programme universitaire Erasmus+, elle a obtenu des résultats remarquables s’agissant d’encourager les jeunes à explorer les possibilités qui s’offrent à eux sur la scène internationale tout en insistant sur la valeur de l’éducation dans son pays. Par ses démarches, elle a incité des centaines d’étudiants à tirer parti de la mobilité universitaire et à contribuer activement à leur communauté locale.

Par Kristýna Bulvasová

Dans un monde précaire où les convictions établies s’effondrent et où des valeurs autrefois partagées ne nous unissent plus, mais semblent plutôt nous diviser, les jeunes doivent avoir la possibilité de s’engager de manière significative ici et maintenant pour résoudre les nombreux problèmes urgents qui continuent de s’accumuler sous nos yeux. Les discussions dans le cadre de «Votre Europe, votre avis!» 2025 ont clairement montré qu’il n’y a pas un sujet que l’on puisse considérer comme «le thème qui préoccupe plus particulièrement la jeunesse», mais que les jeunes sont plutôt, à juste titre, préoccupés par de nombreux problèmes différents, qui vont du combat contre la corruption et de la promotion de l’égalité à la lutte contre le changement climatique, écrit Kristýna Bulvasová, étudiante tchèque participant à «Votre Europe, votre avis!».

Par Kristýna Bulvasová

Dans un monde précaire où les convictions établies s’effondrent et où des valeurs autrefois partagées ne nous unissent plus, mais semblent plutôt nous diviser, les jeunes doivent avoir la possibilité de s’engager de manière significative ici et maintenant pour résoudre les nombreux problèmes urgents qui continuent de s’accumuler sous nos yeux. Les discussions dans le cadre de «Votre Europe, votre avis!» 2025 ont clairement montré qu’il n’y a pas un sujet que l’on puisse considérer comme «le thème qui préoccupe plus particulièrement la jeunesse», mais que les jeunes sont plutôt, à juste titre, préoccupés par de nombreux problèmes différents, qui vont du combat contre la corruption et de la promotion de l’égalité à la lutte contre le changement climatique, écrit Kristýna Bulvasová, étudiante tchèque participant à «Votre Europe, votre avis!».

Combien de fois ai-je entendu, en tant que jeune issue de la génération Z, les mots «votre génération est confrontée à des problèmes sans précédent» ou «vous avez un rôle moteur à jouer pour contribuer à relever les défis actuels»?  Les enjeux sont considérables, mais les défis auxquels nous sommes confrontés le sont tout autant: un recul démocratique sans précédent, la polarisation de nos sociétés sur des questions qui relevaient autrefois des «valeurs communes», la déstabilisation de croyances et de systèmes établis de longue date, ainsi qu’une précarité croissante.

Les attentes élevées pèsent non seulement sur les jeunes, mais aussi sur des organisations de la société civile sous-financées et le rôle crucial qui leur incombe s’agissant d’orienter les valeurs de la jeunesse, et sur les systèmes éducatifs. L’éducation formelle devrait être en mesure de doter les jeunes des compétences et des outils dont ils ont besoin pour pouvoir résoudre les problèmes actuels et futurs et devenir les leaders d’aujourd’hui et de demain. Je crains que de nombreux systèmes éducatifs soient trop rigides pour être à la hauteur du XXIe siècle, avec des écoles qui ne dispensent pas de cours sur le changement climatique ou sur les questions de santé globale, qu’il s’agisse de santé mentale ou de santé génésique. Les technologies de pointe y font défaut et l’accès à ces systèmes est difficile pour les groupes vulnérables.

Même la question de savoir qui est considéré comme vulnérable a pris un caractère politique — voire a été instrumentalisée — faisant peser une pression supplémentaire sur ceux qui sont déjà les plus démunis et qui ne devraient pas être laissés pour compte.

Nos sociétés ne sont plus d’accord sur ce que signifie la vulnérabilité ou sur la manière de la reconnaître, une évolution que j’ai pu constater de visu en animant un atelier dans une école située près de la frontière tchéco-slovaque, où j’ai abordé la question de l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes ainsi que d’autres inégalités liées au genre. Les élèves comme les enseignants ont réagi avec une incrédulité totale, rejetant catégoriquement l’idée que des inégalités existent dans notre société. Il me semble donc judicieux d’organiser davantage de discussions sur les vulnérabilités et les inégalités existantes et de renforcer les capacités pour les combattre, quel que soit le groupe d’âge.

L’égalité d’accès à l’éducation et aux opportunités pour les jeunes — y compris les femmes et les filles défavorisées, les personnes handicapées et les jeunes issus de l’immigration — reste un rêve inaccessible. Si notre objectif commun est de doter les jeunes d’une base solide pour réaliser leur potentiel et leurs rêves, nous devons commencer à agir dès maintenant. Proposer une solution n’est pas simple, mais renforcer les liens des États membres de l’UE avec les sociétés civiles — en particulier les organisations actives dans le domaine de l’éducation informelle — pourrait aider à combler les lacunes après avoir déterminé quels sont les domaines où les vulnérabilités sont les plus importantes. La reconversion ultérieure des enseignants et de tous les animateurs de jeunesse dans la pratique de la création de communautés pourrait fournir un cadre pour certaines des solutions ciblées et systématiques.

La société civile a entrepris d’encourager la participation civique active, mais l’engagement des jeunes dans la prise de décision et la gouvernance démocratique reste faible. Il existe un fossé évident entre les aspirations des jeunes et les espaces et opportunités disponibles pour les réaliser. Les élections à elles seules ne donnent pas les résultats souhaités, dans la mesure où la lutte contre les cultures politiques et la désinformation reste un défi dans certains pays. Cependant, le fait de ne pas voter ne signifie pas ne pas avoir d’opinion ou de questions que l’on souhaiterait voir aborder. Pour encourager la citoyenneté active, il convient de s’assurer non seulement que les jeunes puissent avoir une expérience positive de l’action démocratique, mais aussi qu’ils puissent voir des résultats tangibles, sans «youthwashing», mesures purement symboliques ou traitement sélectif. Je garde l’espoir que les États membres de l’UE seront en mesure de créer ces espaces et peut-être de dépasser le stade où les jeunes doivent attendre qu’on leur donne la possibilité de s’engager de manière significative et d’apporter leur contribution. Mais cela ne doit pas se produire dans trois, cinq ou dix ans. Le changement doit intervenir dès à présent si nous voulons éviter que les fractures sociétales ne se creusent davantage.

Lors de l’édition 2025 de «Votre Europe, votre avis!», j’ai participé avec plaisir à la rédaction d’une recommandation portant spécifiquement sur le changement climatique, car je considère personnellement la triple crise planétaire comme l’un des défis majeurs pour l’humanité. L’élaboration d’une stratégie cohérente de lutte contre le changement climatique pour l’UE était l’une des cinq recommandations formulées à l’issue de la manifestation, au même titre que la lutte contre la corruption grâce à la transparence et la participation des jeunes, la citoyenneté active, l’égalité et l’idée que «les jeunes méritent un siège». Ce thème figurant parmi les recommandations les plus communément approuvées, il est clair que les jeunes participant à «Votre Europe, votre avis!» voient dans la lutte contre le changement climatique un défi crucial à relever. Toutefois, cela reflète le point de vue d’un groupe de jeunes déjà assez informé et habilité à donner son avis et ne peut être considéré comme représentatif de l’ensemble des États membres de l’UE. D’aucuns auraient pu penser que cette recommandation spécifique serait la plus importante pour les participants à cette édition 2025, mais elle est arrivée en dernière position lors du vote final. Cela nous rappelle qu’il n’y a pas un sujet que l’on puisse considérer comme le «thème qui préoccupe plus particulièrement la jeunesse». Les jeunes sont à juste titre préoccupés par toutes les questions d’actualité et la liste de leurs priorités est par nature large et intersectionnelle.

Certains jeunes reconnaissent l’importance de la protection de l’environnement et de la durabilité, tandis que d’autres ne peuvent pas se permettre d’en faire une priorité, car ils luttent déjà pour satisfaire leurs besoins fondamentaux. J’ai mentionné la triple crise planétaire comme l’un des principaux défis de l’humanité, mais lorsque nous considérons la nécessité d’aborder tous les problèmes majeurs en même temps pour trouver des solutions efficaces, la situation change. Le contexte géopolitique actuel et les efforts déployés par l’UE pour préserver sa compétitivité mondiale détournent l’attention, ce qui ralentit les processus de transition. Mais, au bout du compte, ni nous ni les générations futures ne disposons d’une autre planète pour résoudre ces problèmes, et nous ne pouvons plus nous permettre de dépasser les limites de la nôtre.

Pour en revenir aux grands enjeux, les jeunes, dans toute leur diversité, devraient encore pouvoir profiter de leur jeunesse, avec tous ses privilèges, ses défis et sa beauté. Cependant, un récent rapport des Nations unies montre une nette diminution de la satisfaction et du bonheur dans la vie parmi les jeunes adultes au cours de la dernière décennie. Malgré les défis majeurs auxquels nous sommes confrontés, je reste fermement convaincue que, si nous pouvons inspirer les jeunes en leur montrant les résultats tangibles de leurs actions, nous avons une bonne chance de pouvoir véritablement résoudre les problèmes urgents et d’améliorer la qualité de vie de tous.

Kristýna Bulvasová est membre du Réseau européen des jeunes pour le développement durable. Elle a été déléguée de la jeunesse au Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe et déléguée tchèque de la jeunesse aux Nations unies. Ancienne porte-parole du Forum de la jeunesse tchéco-allemand, elle reste activement engagée dans le renforcement de la coopération tchéco-allemande. Jeune activiste militant dans le domaine de l’éducation orientée vers l’avenir et la durabilité, Kristýna dirige actuellement l’ONG tchèque MOB — Jeunes citoyens tout en terminant ses études à l’université Charles de Prague et à l’université de Ratisbonne. Outre sa participation active à «Votre Europe, votre avis!», Kristýna est également intervenue lors de la Semaine de la société civile du CESE, durant la session sur le thème «Foresight for inclusive just transition and green-blue growth» (La prospective au service d’une transition juste et inclusive et d’une croissance verte et bleue).

L’édition 2025 de «Votre Europe, votre avis!» (YEYS) a rassemblé environ 90 élèves originaires de l’Union européenne, des pays candidats et du Royaume-Uni. Valeriia Makarenko est venue tout droit de Kharkiv, ville ukrainienne déchirée par la guerre, pour représenter son pays à cette manifestation. Elle nous a expliqué pourquoi la participation à «Votre Europe, votre avis!» était très importante pour les jeunes Ukrainiens et a exprimé l’espoir que sa génération, dont la résilience et l’unité ont été forgées par la guerre, conduira l’Ukraine vers un avenir meilleur. 

L’édition 2025 de «Votre Europe, votre avis!» (YEYS) a rassemblé environ 90 élèves originaires de l’Union européenne, des pays candidats et du Royaume-Uni. Valeriia Makarenko est venue tout droit de Kharkiv, ville ukrainienne déchirée par la guerre, pour représenter son pays à cette manifestation. Elle nous a expliqué pourquoi la participation à «Votre Europe, votre avis!» était très importante pour les jeunes Ukrainiens et a exprimé l’espoir que sa génération, dont la résilience et l’unité ont été forgées par la guerre, conduira l’Ukraine vers un avenir meilleur.

1) Pourquoi pensez-vous qu’il est important que les jeunes participent à des manifestations de l’UE telles que «Votre Europe, votre avis!»?

Je pense que participer à des manifestations de l’UE telles que «Votre Europe, votre avis!» est essentiel pour les jeunes, car c’est un moyen de faire entendre leur voix, de prendre part à des discussions constructives et de façonner activement l’avenir de l’Europe. Ces manifestations offrent des possibilités véritablement inestimables de s’informer sur les processus décisionnels, de développer des compétences de leadership et de nouer des contacts avec des jeunes de différents pays. Pour nous les jeunes Ukrainiens, la participation est d’autant plus importante qu’elle nous permet de partager des expériences authentiques, de plaider en faveur de l’intégration de l’Ukraine dans l’Union et d’encourager la solidarité entre les jeunes Européens.

2) Selon vous, sur quels plans la guerre a-t-elle touché les jeunes en Ukraine?
Il ne fait aucun doute que la guerre à grande échelle a considérablement changé la vie des jeunes dans mon pays, car elle a eu des répercussions sur leur éducation, leur santé mentale et leur sentiment de sécurité en général. Par exemple, nombre d’entre eux ont dû s’adapter pour pouvoir étudier en ligne, ou ont été contraints de déménager, souvent dans des conditions instables. Toutefois, la guerre a également favorisé la résilience: les jeunes Ukrainiens sont devenus non seulement des symboles de pouvoir et de force, mais ils se sont aussi davantage engagés dans le volontariat, l’activisme et les efforts de reconstruction, tels que des projets d’urbanisme. Malgré ces difficultés, nous restons déterminés à protéger notre identité et à contribuer à l’avenir de notre pays.

3) Quels sont vos espoirs quant à l’avenir des jeunes en Ukraine?
Il est certain que ce sujet est compliqué pour presque tous les jeunes Ukrainiens. Les personnes que je connais et moi-même espérons que tous les jeunes auront accès à une éducation de qualité, à des possibilités de développement professionnel et à un avenir sûr dans une Ukraine forte et indépendante. J’espère également que la communauté internationale continuera à soutenir l’Ukraine dans sa reconstruction, afin que les jeunes puissent s’épanouir au lieu de se contenter de survivre. La jeunesse ukrainienne dispose d’une vraie force vitale. Il est donc encourageant de voir de plus en plus de jeunes participer à divers projets dans les domaines de l’éducation, de la science, de la restauration d’infrastructures et autres. Mais surtout, j’espère que notre génération, façonnée par la résilience et l’unité, conduira l’Ukraine vers un avenir meilleur, plus innovant et plus démocratique.

4) Quelles sont vos dernières réflexions sur la manifestation?  

J'ai trouvé ça très stimulant. Je peux affirmer que, rien que par le fait de discuter avec d’autres participants, d’écouter et d’analyser leur discours, cette manifestation est un moment très fort et nous permet, simplement en nous unissant, de montrer ce dont nous sommes vraiment capables. Par exemple, certains projets que nous avons menés nous ont véritablement aidés à mieux comprendre d’autres pays. J’ai appris tant de faits sur différents pays que j’ignorais totalement auparavant. Je suis ravie. J’étais fière d’être là. 

Valeriia Makarenko est une élève de 16 ans originaire de Kharkiv, en Ukraine. Elle est en 10e année au lycée de Kharkiv n° 99 (soit l’équivalent de la Seconde en France ou de la quatrième secondaire en Belgique).

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Contribution du CESE aux priorités de l’UE lors de la soixante-neuvième session de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies (UN CSW69)