Délais d’application et de publication d’information/directives CSRD et CSDDD

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PAC

Les 15 et 16 mai 2025, le groupe des employeurs du CESE tiendra une réunion extraordinaire à Varsovie (Pologne), axée sur l’autonomie stratégique et la compétitivité de l’UE.

Nous partageons tous l’objectif de renforcer la place des agriculteurs dans la chaîne d’approvisionnement. À cette fin, renforcer la capacité de contrôle des autorités en matière de pratiques commerciales déloyales est une première étape. Sans réelle mise en œuvre, il est inutile d’édicter et de multiplier les règles.

Sous les bombardements quotidiens, alors que leur principal objectif est de rester en vie, les jeunes Ukrainiens ne peuvent pas se permettre de penser à un avenir lointain, indique Yevheniia Senyk, 18 ans, participante à l’édition 2025 de la manifestation «Votre Europe, votre avis!» et jeune activiste ukrainienne. Elle explique comment la guerre a affecté les organisations de jeunesse dans son pays et pourquoi il est important qu’elles puissent s’exprimer sur la scène européenne.

Sous les bombardements quotidiens, alors que leur principal objectif est de rester en vie, les jeunes Ukrainiens ne peuvent pas se permettre de penser à un avenir lointain, indique Yevheniia Senyk, 18 ans, participante à l’édition 2025 de la manifestation «Votre Europe, votre avis!» et jeune activiste ukrainienne. Elle explique comment la guerre a affecté les organisations de jeunesse dans son pays et pourquoi il est important qu’elles puissent s’exprimer sur la scène européenne.

Selon vous, quel a été, au cours des trois dernières années, l’impact de la guerre en Ukraine sur votre organisation et comment ses activités ont-elles changé?

La plateforme SD, qui a été créée en 2013, a pour principal objectif de protéger des valeurs telles que la liberté, la solidarité, l’égalité et la justice, car nous pensons qu’elles sont fondamentales pour bâtir un avenir progressiste en Ukraine. Nous avons également de nombreuses antennes à l’étranger, qui permettent aux jeunes Ukrainiens qui ont été obligés de quitter leur pays de continuer à s’engager. 

La guerre a tout d’abord perturbé le travail des antennes régionales, car beaucoup d’entre elles, par exemple à Odessa et Zaporijjia, sont très proches de la ligne de front où les habitants subissent des bombardements quotidiens. Il leur est difficile de penser à organiser des manifestations alors que leur principal objectif est de rester en vie. Les bombardements quotidiens affectent les jeunes dans tout le pays parce qu’on ne peut pas se permettre de réfléchir à un avenir lointain quand on ignore ce qui se passera demain, ou même dans deux heures.

De plus, à cause de la guerre, la situation financière de l’Ukraine est instable, ce qui se traduit par un manque d’emplois pour les jeunes. Ils doivent trouver du travail tout en essayant d’étudier et de s’impliquer dans des organisations de jeunesse. Cet équilibre est difficile à atteindre.

Après l’invasion à grande échelle, de nombreux jeunes ont commencé à lutter contre l’agression russe en prenant les armes plutôt que par l’intermédiaire de conseils ou d’organisations de jeunesse. Par conséquent, les jeunes n’ont aucune expérience politique. Il sera difficile, à l’avenir, de s’assurer que tout le monde puisse participer correctement à la vie politique.

La plateforme SD propose une éducation politique gratuite et non formelle afin que les jeunes sachent comment ils peuvent influencer la politique aux niveaux régional et national.

Pourquoi pensez-vous qu’il est important que les organisations de jeunesse ou leurs représentants participent à des manifestations telles que «Votre Europe, votre avis!»?

Tout d’abord, ces manifestations internationales montrent aux Ukrainiens que l’Europe ne nous oublie pas. Il est essentiel pour nous d’être présents, de faire entendre notre voix, d’interroger les autres sur leurs expériences et de rapporter de nouvelles idées dans notre pays.

Cela montre également que nous sommes capables de faire partie de l’Union européenne et que nous sommes déterminés à le faire, car si nous sommes là, les jeunes Européens pourront nous écouter et nous pourrons les écouter à notre tour. C’est comme un partenariat entre nous tous.

Selon vous, de quel genre de soutien et d’aide les jeunes ont-ils besoin pour être encouragés à rester impliqués dans le travail et l’activisme des jeunes?

Je pense qu’il est très important que l’Union européenne consulte la jeunesse ukrainienne. Je crois que si l’Union européenne continue à nous donner la possibilité de participer à l’élaboration de la politique européenne, nous parviendrons à des conclusions communes qui seront bénéfiques pour tous, car nous faisons partie de l’Europe. Nous devons donc parvenir à une conclusion commune dans tous les domaines politiques. En outre, si l’Union européenne continue à apporter un soutien financier à la jeunesse ukrainienne pour lui permettre de prendre part à des manifestations telles que celle-ci, elle l’encouragera à rester engagée dans la politique, car la charge financière ne constituera pas un obstacle aussi important à sa participation.

Yevheniia Senyk est une jeune activiste de la plateforme SD, une organisation membre du Conseil national de la jeunesse d’Ukraine. Elle est étudiante en relations internationales à l’Université nationale polytechnique de Lviv.  

 

par Javier Garat Pérez

En réponse à l’initiative du pacte européen pour les océans que vient de lancer la présidente Ursula von der Leyen, le Comité économique et social européen (CESE) a présenté une série de recommandations clés visant à promouvoir une approche globale et équilibrée de la gouvernance des océans. Sa vision entend prioritairement garantir des océans sains et productifs, stimuler l’économie bleue de l’Union, renforcer la recherche et l’innovation marines ou encore sauvegarder des écosystèmes marins pour les générations futures.

par Javier Garat Pérez

En réponse à l’initiative du pacte européen pour les océans que vient de lancer la présidente Ursula von der Leyen, le Comité économique et social européen (CESE) a présenté une série de recommandations clés visant à promouvoir une approche globale et équilibrée de la gouvernance des océans. Sa vision entend prioritairement garantir des océans sains et productifs, stimuler l’économie bleue de l’Union, renforcer la recherche et l’innovation marines ou encore sauvegarder des écosystèmes marins pour les générations futures.

Libérer le potentiel de l’économie bleue

Le CESE souligne l’importance de développer une économie bleue à la fois robuste et compétitive. Il s’agit à cette fin de simplifier les cadres réglementaires, de garantir l’autonomie stratégique, de promouvoir l’innovation et de progresser vers la décarbonation.

Dans le but d’assurer un avenir prospère à l’industrie maritime, nous préconisons des investissements urgents dans les carburants électroniques, les énergies renouvelables en mer et les technologies marines innovantes. Par ailleurs, la mise en place d’un pôle maritime fort, doté d’objectifs clairs en matière de durabilité, contribuera à maintenir le rôle précurseur de l’Europe dans le domaine des industries marines. C’est pourquoi il semble impératif de mettre sur pied une «alliance industrielle pour les chaînes de valeur de l’économie bleue» et de renforcer la stratégie de sécurité maritime de l’Union.

Par ailleurs, nous recommandons d’évaluer les politiques existantes, telles que la politique commune de la pêche. La pêche durable devrait bénéficier d’un soutien constant, tandis que la dépendance à l’égard des produits de la mer devrait être réduite. Il faut aussi que les importations soient soumises aux mêmes normes sociales et environnementales que celles en vigueur en Europe. De plus, le CESE invite instamment la Commission à élaborer un plan d’action de l’UE pour les aliments bleus d’ici à 2026.

Améliorer les connaissances, la recherche et l’innovation dans le domaine marin

Le CESE préconise un financement accru de la recherche et de l’innovation marines, en soulignant la nécessité d’un travail d’équipe scientifique à l’échelle mondiale ainsi que d’une technologie de meilleure qualité dans le secteur maritime. Pour y parvenir, nous proposons de créer des pôles d’économie bleue et de lancer un observatoire européen des océans.

Stimuler les investissements et financements en faveur de la durabilité des océans

Nous insistons sur la nécessité de mobiliser des fonds publics et privés importants pour soutenir l’objectif de développement durable (ODD) n14 (Vie aquatique). À cette fin, des lignes budgétaires dédiées aux projets liés aux océans devraient être créées dans le cadre des programmes de financement de l’UE tels que Horizon Europe. Le Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture (Feampa) devrait lui aussi bénéficier d’un soutien financier plus conséquent pour soutenir des secteurs compétitifs et décarbonés.

Une transition socialement inclusive et juste

Une économie océanique résiliente doit garantir un traitement équitable aux travailleurs maritimes. Le CESE recommande des mesures visant à remédier aux pénuries de main-d’œuvre, à encourager le renouvellement des générations ou encore à offrir des possibilités de requalification professionnelle. Des systèmes complets de soutien social devraient être mis en place pour protéger les travailleurs, en particulier ceux qui ne peuvent pas s’adapter à de nouvelles fonctions en raison des changements technologiques.

Garantir la santé et la résilience des océans

Nos océans sont menacés par le changement climatique, la pollution, les plastiques et la pression de l’activité humaine. Nous plaidons donc pour un renforcement des actions de restauration et de protection du milieu marin, ainsi que pour une conservation durable alignée sur les engagements mondiaux en matière de biodiversité. L’obtention d’un «bon état écologique» est aussi cruciale pour la stabilité économique et la résilience climatique. Par ailleurs, il s’impose à nous d’investir d’urgence dans les infrastructures vertes, la réduction de la pollution et un plan européen d’adaptation au changement climatique, tout en renforçant le rôle de chef de file de l’Union européenne dans la gouvernance marine mondiale.

Assurer un cadre global de gouvernance des océans

Dans l’optique de doper la prospérité économique, tout en respectant les limites de notre planète, le CESE plaide pour une coopération régionale avec les collectivités locales afin de maintenir une cohérence des politiques. Il encourage aussi la conclusion d’accords internationaux plus avantageux, une diplomatie européenne des océans plus forte et la mise en place de groupes de travail spécialisés dans le domaine maritime au sein des institutions européennes.

Enfin, le CESE recommande d’améliorer la planification de l’espace maritime afin d’équilibrer les différents intérêts que sont l’expansion de l’énergie en mer, la pêche ou l’aquaculture. L’objectif est de promouvoir la coexistence et la durabilité tout en veillant à ce que les communautés traditionnelles de pêcheurs soient à la fois préservées et associées à la prise de décision.

Adam Mokhtari, jeune lycéen de 17 ans, était l’un des représentants de l’Irlande lors de la manifestation «Votre Europe, votre avis!» (YEYS), qui s’est tenue au mois de mars à Bruxelles sous le titre «Donner une voix aux jeunes». Il a présenté les recommandations qui en ont découlé à l’occasion de la Semaine de la société civile du CESE, au cours d’une séance intitulée «Tracer la voie de l’Europe — Reconnecter des sociétés européennes polarisées grâce à l’apprentissage communautaire et à l’éducation à la citoyenneté». Adam a accepté de nous raconter ce qu’il avait préféré lors de cette manifestation et de partager son histoire personnelle afin de nous expliquer pourquoi il souhaite une Europe où tout le monde se sente inclus.

Adam Mokhtari, jeune lycéen de 17 ans, était l’un des représentants de l’Irlande lors de la manifestation «Votre Europe, votre avis!» (YEYS), qui s’est tenue au mois de mars à Bruxelles sous le titre «Donner une voix aux jeunes». Il a présenté les recommandations qui en ont découlé à l’occasion de la Semaine de la société civile du CESE, au cours d’une séance intitulée «Tracer la voie de l’Europe — Reconnecter des sociétés européennes polarisées grâce à l’apprentissage communautaire et à l’éducation à la citoyenneté». Adam a accepté de nous raconter ce qu’il avait préféré lors de cette manifestation et de partager son histoire personnelle afin de nous expliquer pourquoi il souhaite une Europe où tout le monde se sente inclus.

Par Adam Mokhtari

Bonjour, je m’appelle Adam Mokhtari et j’ai vécu une expérience inoubliable en tant que représentant de l’Irlande lors de la manifestation «Votre Europe, votre avis!» (YEYS) 2025. Environ 90 jeunes venus de toute l’Europe s’étaient réunis dans le but de partager leurs idées et de façonner l’avenir.  

J’ai particulièrement apprécié le travail de groupe au cours duquel nous avons traité des questions importantes et pris plusieurs décisions. J’ai également aimé l’activité lors de laquelle nous avons tour à tour écouté, parlé et observé, et avons pu décrire ce que l’Europe signifiait pour chacun d’entre nous sur le plan personnel. Nous disposions de sept minutes par personne et tout le monde a ainsi pu s’exprimer.

Nous nous sommes finalement mis d’accord sur cinq recommandations clés: rendre les gouvernements plus transparents et inclure les jeunes, enseigner la citoyenneté active dans les écoles, garantir l’égalité pour tous, permettre aux jeunes d’avoir véritablement leur mot à dire sur le plan politique et élaborer un plan d’action climatique solide.

J’ai ensuite eu l’honneur de représenter les participants à l’occasion de la Semaine de la société civile du CESE et de partager nos recommandations avec des décideurs politiques. C’est là que j’ai compris que les jeunes avaient réellement leur mot à dire!

Le pouvoir de l’éducation

L’éducation joue un rôle fondamental pour inciter les jeunes à s’impliquer dans le fonctionnement de la démocratie. Elle nous apprend à faire preuve d’esprit critique, à repérer les fausses nouvelles et à agir. Sans le soutien de mon école, je n’aurais jamais eu cette chance. Je compte bien conseiller à d’autres jeunes de s’impliquer eux aussi.

Lors de la manifestation YEYS, le président du CESE, Oliver Röpke, et la coordonnatrice européenne des activités relatives à la jeunesse, Biliana Sirakova, ont écouté nos idées et nous ont encouragés à poursuivre notre action en faveur du changement.

Mon récit et l’importance de l’inclusion

Je suis né en Irlande, mais mes parents y sont arrivés à la fin des années 90. Directement, les Irlandais leur ont témoigné de l’amour et du respect. Mon père et ma mère m’ont raconté qu’à cette époque, il y avait encore très peu de diversité en Irlande. Cela ne les a pas empêchés de faire leur chemin.

Je suis irlandais et je suis européen, mais je suis aussi d’origine algérienne.  Il m’est arrivé de me sentir différent des autres, mais en général, je me sens comme tout le monde.  J’ai énormément appris de ces différentes cultures, et je pense qu’elles rendent la vie plus belle. Ce serait vraiment ennuyeux si nous étions tous les mêmes...  Je trouve important d’être ouvert aux différences et de comprendre l’autre.

Malheureusement, des migrants et des jeunes sont aujourd’hui victimes de discrimination, de haine et de traitements injustes, qui peuvent être amplifiés par les médias sociaux. Cela doit changer. Ces évolutions me désolent... En Irlande, certains immigrants vivent dans la rue et sont perçus comme un problème. Ce n’est vraiment pas facile et c’est surtout très triste.

J’ai eu la chance de fréquenter des écoles où tout le monde se sentait inclus, mais ce n’est pas le cas de tous les jeunes. Nous devons veiller à ce que tout le monde se sente accepté et développe un sentiment d’appartenance, afin que personne ne soit mis à l’écart ou ne se retrouve déconnecté de la société.

Construire un avenir meilleur

Si nous voulons rendre l’Irlande et l’Union européenne plus inclusives, nous devons mieux faire connaître nos différentes cultures et ce que l’UE fait pour nous.  Nous pourrons ainsi mieux nous comprendre et renforcer l’inclusion.

Nous avons besoin de manifestations communautaires pour rassembler les gens et leur permettre d’interagir dans un esprit positif. Un plus grand nombre de jeunes doivent être impliqués dans les décisions prises au niveau local, y compris dans les clubs de jeunesse, les clubs sportifs, les écoles ou au niveau de l’UE. Ils se sentiront ainsi inclus dans ce qui compte pour eux. Il faut montrer aux jeunes comment ils peuvent s’engager.

Nous avons besoin du soutien de l’UE pour faire de l’inclusion une priorité.  Je suis ravi qu’elle revête une telle importance pour le CESE.

Ce que je souhaite pour l’Europe

De nombreux jeunes ne savent pas grand-chose de ce que l’UE fait pour eux. L’Union devrait redoubler d’efforts afin de nous aider à nous impliquer politiquement et à voter. 

Je souhaite une Europe unie, équitable et accueillante, où chacun se sente inclus, quelle que soit son origine.

La manifestation YEYS m’a montré que les jeunes pouvaient faire la différence. Même si toutes nos idées ne sont pas acceptées directement, elles sont au moins entendues. En tant que jeune Irlandais d’origine algérienne, je sens que ma voix compte, et je veux que d’autres jeunes aient la même chance que moi.

L’éducation peut contribuer à rapprocher les gens, à lutter contre les discriminations et à donner une voix aux jeunes. Je garderai cette expérience en moi et j’entends bien encourager d’autres jeunes à s’impliquer à leur tour. L’avenir est entre nos mains!  C’est notre Europe, et nous avons notre mot à dire!

Adam Mokhtari est un jeune lycéen irlandais de 17 ans. Il est inscrit à la Bremore Educate Together Secondary School de Balbriggan, près de Dublin. Passionné par l’UE et bien décidé à rendre les sociétés plus inclusives et plus prospères, Adam a participé à la manifestation YEYS 2025 et en a représenté les participants à l’occasion de la Semaine de la société civile du CESE.

Dans ce numéro:

  • «Défense européenne: les dépenses doivent être réfléchies et efficaces», par Marcin Nowacki, membre du CESE
  • «Le plan “ReArm Europe”», par Nicolas Gros-Verheyde
  • Le point sur la manifestation «Votre Europe, votre avis!»:

    - «L'engagement des jeunes ne doit pas se limiter au simple fait de cocher une case», par Bruno António

    - «Encourager pour responsabiliser», par Kristýna Bulvasová

    - «Participation de jeunes moldaves à la manifestation “Votre Europe, votre avis!”: construire une génération qui repousse ses horizons» — entretien avec Mădălina-Mihaela Antoci

Dans ce numéro:

  • «Défense européenne: les dépenses doivent être réfléchies et efficaces», par Marcin Nowacki, membre du CESE
  • «Le plan “ReArm Europe”», par Nicolas Gros-Verheyde
  • Le point sur la manifestation «Votre Europe, votre avis!»:

    - «L'engagement des jeunes ne doit pas se limiter au simple fait de cocher une case», par Bruno António

    - «Encourager pour responsabiliser», par Kristýna Bulvasová

    - «Participation de jeunes moldaves à la manifestation “Votre Europe, votre avis!”: construire une génération qui repousse ses horizons» — entretien avec Mădălina-Mihaela Antoci

Surmonter les divisions: comment la société civile peut-elle lutter contre les clivages néfastes?

À l’heure où nos sociétés sont confrontées à une polarisation croissante et où la confiance dans les institutions démocratiques s’érode, la société civile doit relever le défi. La polarisation n’est pas toujours négative en soi; le débat démocratique est fondé sur la divergence des points de vue. Toutefois, lorsque les clivages conduisent à l’hostilité, à la désinformation et à la division, ils menacent les fondements mêmes de nos démocraties.

Surmonter les divisions: comment la société civile peut-elle lutter contre les clivages néfastes?

À l’heure où nos sociétés sont confrontées à une polarisation croissante et où la confiance dans les institutions démocratiques s’érode, la société civile doit relever le défi. La polarisation n’est pas toujours négative en soi; le débat démocratique est fondé sur la divergence des points de vue. Toutefois, lorsque les clivages conduisent à l’hostilité, à la désinformation et à la division, ils menacent les fondements mêmes de nos démocraties.

Au cours de l’édition 2025 de la Semaine de la société civile, nous avons découvert des exemples remarquables d’initiatives visant à lutter contre les clivages néfastes. Le prix de la société civile du CESE a mis en lumière des organisations qui œuvrent dans le domaine de l’éducation aux médias, de la lutte contre la désinformation et de la promotion du dialogue intergénérationnel. Ce sont ces types de projets qui doivent être soutenus si nous voulons construire des sociétés résilientes et cohésives.

Dans toute l’Europe, nous assistons à une fragmentation croissante de la société. Les défis sont nombreux: inégalités économiques, exclusion sociale, désinformation numérique et extrémisme politique. La récente montée des mouvements populistes à travers l’Europe, la diminution du pluralisme des médias et le recul de la confiance dans les institutions illustrent la manière dont la polarisation alimente le mécontentement. Ces tendances affaiblissent les structures démocratiques et érodent la cohésion sociale. En ces temps troublés, la société civile ne se contente pas de participer au processus démocratique: elle est la gardienne de sa résilience.

Les organisations de la société civile sont depuis longtemps à l’avant-garde de la défense des valeurs démocratiques. Elles jouent un rôle de médiatrices, en faisant entendre la diversité des voix, en luttant contre la désinformation et en favorisant des débats publics éclairés. Elles offrent une plateforme à ceux qui ne se sentent pas entendus, et prônent des politiques inclusives qui permettent de résorber les fractures plutôt que de les aggraver. Grâce à la participation civique, à des débats factuels et à des initiatives qui promeuvent la tolérance, la société civile lutte activement contre les forces qui fomentent la division.

Le CESE est fermement convaincu que renforcer la participation et le dialogue est la seule voie à suivre. Nous le constatons chaque jour dans nos travaux: nos membres, qui représentent les employeurs, les syndicats et les ONG, mènent des débats certes animés, mais toujours dans le but de trouver un terrain d’entente. Notre force réside dans le consensus, et c’est cette approche qui doit être adoptée dans toute l’Europe.

La société civile doit être habilitée à jouer pleinement son rôle dans la lutte contre la polarisation. Il est donc nécessaire de lui garantir un accès à des financements, de protéger sa capacité à opérer librement et de favoriser un environnement dans lequel ses contributions à la vie démocratique sont reconnues et valorisées. Les mécanismes participatifs, que ce soit au moyen de consultations citoyennes, d’initiatives de terrain ou d’outils de démocratie délibérative, doivent être renforcés afin d’assurer que les citoyens se sentent inclus dans la prise de décision.

L’avenir de l’Europe repose sur le sentiment des citoyens d’être représentés, associés et entendus. La société civile n’est pas un accessoire de la démocratie: elle constitue son épine dorsale. Au moment où nous traversons une ère de division, nous devons la doter des outils, de la reconnaissance et de l’espace dont elle a besoin pour continuer à préserver nos valeurs démocratiques. En favorisant le dialogue, en promouvant l’inclusion sociale et en luttant contre l’extrémisme, la société civile peut être la force qui transforme la polarisation, source de conflit, en un moteur de débat constructif et de progrès social.

Travaillons ensemble pour faire en sorte que la division ne conditionne pas notre avenir. Au contraire, construisons une Europe où la diversité des opinions renforce notre unité, où l’engagement rétablit la confiance et où la société civile montre la voie à suivre pour surmonter les divisions.

Oliver Röpke

Président du CESE