Renforcer les voies de migration légales

Les besoins de main-d’œuvre qualifiée dans l’UE rendent nécessaire de renforcer les voies de migration légales au sein de celle-ci. Notre avis SOC/824 sur le thème «Favoriser la migration légale et organisée de la main-d’œuvre vers l’Union européenne» demande que soit adoptée, pour tous les cadres en vigueur et à venir dans le domaine de la migration, une approche qui tienne la balance égale entre les intérêts de l’Union et ceux des pays d’origine. Les partenariats internationaux en matière de compétences et de mobilité sont à même de renforcer les marchés nationaux de l’emploi, en ce qu’ils donnent la possibilité d’équilibrer l’offre et la demande de main-d’œuvre, de permettre les transferts de compétences à tous les échelons et de maximiser l’«afflux des cerveaux» en favorisant leur circulation, tout en remédiant à la «fuite des cerveaux» et en renforçant la compétitivité et la croissance tant pour les pays d’origine que pour ceux de destination.

Le risque de fuite des cerveaux peut être atténué en dispensant des formations avant et après le départ, composées notamment de programmes d’intégration sociale et professionnelle et de développement des compétences dans les pays d’origine, y compris pour les non-migrants, de façon à créer des conditions propices à la croissance économique et à des emplois décents dans les pays en question. Ces formations, ainsi que la participation institutionnalisée des partenaires sociaux des deux parties en présence, offrent l’occasion de mettre en évidence les avantages, les risques et les difficultés qui se présentent pour les marchés du travail nationaux et devraient constituer une caractéristique intrinsèque des initiatives de partenariat pour les talents et des régimes de mobilité de l’UE.

Pour l’heure, les négociations relatives aux partenariats pour les talents sont dépourvues d’un cadre commun et manquent de transparence. Il y a lieu d’établir un plan d’action définissant les prochaines étapes desdits partenariats sur la base des enseignements tirés des projets et politiques passés et présents.

Les procédures de recrutement devraient se conformer aux principes généraux et directives opérationnelles de l’Organisation internationale du travail (OIT) concernant le recrutement équitable, ainsi qu’à son initiative visant à cette même fin. Les membres de la World Employment Confederation, la confédération mondiale des services privés de l’emploi, s’engagent à respecter un code de conduite qui promeut les normes éthiques et professionnelles dans ce type de services. Les travailleurs migrants devraient se voir fournir des informations, une orientation et une formation avant leur départ et après leur arrivée, ainsi qu’un accès à des mécanismes juridiques de dépôt de plainte et de recours. Il convient de garantir l’exercice de leurs droits tels que la liberté d’association, la négociation collective et l’accès aux soins de santé, au logement, à l’éducation et à la formation au sein du pays de destination. Les employeurs doivent également bénéficier d’informations adéquates lorsqu’ils recrutent des ressortissants de pays tiers.

L’UE doit donner la priorité à l’activation de sa main-d’œuvre locale, y compris les groupes sous-mobilisés tels que les jeunes, les personnes handicapées, les femmes, les réfugiés et les migrants, afin de satisfaire aux besoins à long terme de son marché du travail et de remédier aux pénuries qui l’affectent. Toutefois, il y a lieu de respecter l’intérêt que peuvent avoir les entreprises à recruter d’urgence des travailleurs migrants pour pourvoir leurs postes vacants.

La promotion de la migration légale et organisée de main-d’œuvre vers l’Union européenne, ainsi que les politiques et instruments dont elle se dote à cette fin, doivent avoir pour base les droits de l’homme, l’état de droit, l’intégration des ressortissants de pays tiers sur le marché du travail et le rôle qu’ils doivent jouer dans la satisfaction des besoins de l’Union en travailleurs et en compétences, le respect des valeurs communes de l’Union et la conformité avec les instruments juridiques internationaux contraignants relatifs à la migration et aux droits de l’homme et du travail.

Christa Schweng, membre du groupe des employeurs du CESE et membre du groupe d’étude pour l’avis SOC/824 sur le thème «Favoriser la migration légale et organisée de la main-d’œuvre vers l’Union européenne».