Les pays candidats à l’adhésion saluent les efforts du CESE visant à renforcer la participation de la société civile au processus d’élargissement

Lors d’un forum sur l’élargissement organisé par le Comité économique et social européen (CESE), les représentants de la société civile des pays candidats ont salué l’initiative lancée par le Comité en faveur des membres de pays candidats à l’adhésion. Cette initiative constitue un outil essentiel pour façonner le processus d’intégration européenne de leurs pays et pour renforcer le soutien du public à l’adhésion à l’Union européenne (UE).

Lors de sa session plénière du 17 juillet, le CESE a tenu un forum sur l’élargissement sur le thème «Bâtir un avenir inclusif dans une Union élargie: le rôle du dialogue social, de la société civile et de l’engagement des jeunes». La manifestation s’est ouverte par un débat de haut niveau auquel ont participé Maida Gorčević, ministre monténégrine des affaires européennes, Orhan Murtezani, ministre des affaires européennes de la Macédoine du Nord, et Antoine Kasel, directeur de la direction «Mobilité des travailleurs et relations internationales» à la direction générale de l’emploi, des affaires sociales et de l’inclusion de la Commission européenne.

Le forum a rassemblé environ 75 représentants des partenaires sociaux et des organisations de la société civile des pays candidats à l’adhésion à l’Union. Il s’est inscrit dans le cadre de l’initiative innovante du CESE relative aux membres de pays candidats à l’adhésion, qui permet aux organisations de la société civile des pays candidats de participer au processus d’élaboration des avis et d’être associées aux débats du Comité. Fort de son succès, le projet a déjà bénéficié d’un soutien financier supplémentaire de la part de la Commission européenne en vue d’être renforcé et mis en œuvre de façon permanente.

Les participants ont reconnu le potentiel qu’offre l’initiative pour amplifier la voix de la société civile des pays candidats dans les principaux dialogues européens. Ils ont souligné que l’élargissement ne se limite pas à un simple exercice technique: il implique une réforme démocratique qui ne peut se faire à huis clos.

Oliver Röpke, président du CESE, a fait le constat suivant: «Nous essayons de mettre en place un processus d’élargissement fructueux, qui place la société civile aux commandes. L’élargissement n’est pas simplement une stratégie géopolitique: c’est une promesse de faire respecter la démocratie, les droits et la dignité pour tous. Si nous voulons tenir cette promesse, la société civile doit être plus qu’une simple case à cocher. Elle doit faire partie des fondations sur lesquelles nous construisons.»

Maida Gorčević, ministre monténégrine des affaires européennes, a déclaré que son pays avait l’intention de clôturer tous les chapitres d’ici la fin de 2026 et, éventuellement, d’adhérer à l’UE d’ici à 2028. Elle a mis en évidence l’étroite coopération entre les pouvoirs publics et les organisations de la société civile dans le cadre du processus d’adhésion. «Les citoyens sont plus susceptibles de soutenir les réformes lorsqu’ils voient des membres de leurs organisations de la société civile participer activement à la politique gouvernementale», a-t-elle souligné. «Il s’agit d’un projet national véritablement partagé et de notre plus grand atout lorsque nous parlons du processus d’adhésion à l’UE.»

Par ailleurs, Orhan Murtezani, ministre des affaires européennes de la Macédoine du Nord, a décrit l’histoire de son pays comme étant complexe, mais transformatrice. «Il n’est pas facile d’attendre 20 ans, mais cette attente pourrait être un exemple de résilience et de persistance dans la réalisation de l’objectif final», a-t-il ajouté. Bien que le processus d’adhésion progresse très lentement, 65 à 70 % des citoyens voient encore leur avenir au sein de l’UE.

M. Murtezani a indiqué que son gouvernement avait pris acte du rôle clé de la société civile dans ce processus et qu’il avait adopté une stratégie spécifique de coopération avec les partenaires sociaux et de pleine intégration de la société civile dans l’élaboration des politiques. «Favoriser le dialogue social et donner à la société civile les moyens d’agir est notre objectif», a-t-il déclaré. «Les réformes deviennent plus durables si elles reposent sur un sentiment de vision commune.»

Tout au long du forum, les intervenants ont fait écho à un message commun: un élargissement réussi doit s’accompagner de résultats tangibles et spécifiques pour le grand public, en particulier les jeunes, dont beaucoup ont perdu toute illusion. Il est essentiel qu’ils participent activement au processus, car ils sont souvent les premiers à ressentir les conséquences du blocage des réformes ou de la diminution de l’espace dévolu à la société civile.

Touché par l’optimisme et l’enthousiasme dont ont fait preuve les représentants des pays candidats, Antoine Kasel, de la Commission européenne, a déclaré: «Il est indispensable, dans le cadre de ce processus, de parler aux jeunes, étant donné que l’instauration du dialogue social et du dialogue avec les institutions de l’Union est une question de confiance. L’élargissement permet de stabiliser le continent, ce qui est absolument nécessaire dans le contexte des menaces géopolitiques actuelles.»

L’adhésion à l’Union européenne comme catalyseur d’un dialogue social renforcé

Dans de nombreux pays candidats et partenaires, le dialogue civil et social reste fragmenté, faute de cadres institutionnels solides. Cette situation compromet l’élaboration de politiques publiques cohérentes et inclusives.

Dans son avis sur «L’enjeu d’une institutionnalisation du dialogue civil et social dans les pays candidats à l’adhésion à l’UE et les pays partenaires», adopté à la suite des discussions menées lors du forum, le CESE plaide en faveur d’un véritable dialogue civil et social, qui doit constituer un pilier central du processus d’élargissement.

Comme l’a souligné, Ionuţ Sibian, membre du CESE et rapporteur de l’avis, «sans structures claires, la société civile et les partenaires sociaux sont associés de manière inégale à la prise de décision, ce qui affaiblit la confiance dans les processus démocratiques et réduit l’engagement des citoyens».

«Le renforcement d’un véritable dialogue civil et social dans les pays candidats est essentiel pour construire des institutions démocratiques résilientes et une économie compétitive», a souligné Decebal-Ștefăniță Pădure, deuxième rapporteur de l’avis.

«L’avis envoie un message fort selon lequel l’intégration européenne ne devrait pas se limiter à satisfaire à des critères formels: elle doit inclure la participation effective des partenaires sociaux et de la société civile organisée aux processus décisionnels, car c’est le seul moyen de garantir une croissance durable et une démocratie véritablement fonctionnelle dans les futurs États membres», a ajouté M. Pădure.

Dumitru Fornea, troisième rapporteur de l’avis, a souligné qu’un dialogue civil et social structuré et correctement institutionnalisé est fondamental pour garantir la stabilité, la mémoire institutionnelle, le développement économique et la cohésion sociale dans les pays candidats et partenaires.

«En promouvant et en soutenant ces constructions institutionnelles, l’Union européenne et les États membres peuvent renforcer leur rôle de partenaire fiable et soutenir les processus démocratiques dans ces pays, contribuant ainsi à une intégration plus harmonieuse et plus durable au sein de la famille européenne dans le cadre des processus d’élargissement», a complété M. Fornea.

Citations supplémentaires

Lucie Studničná, présidente du groupe des travailleurs du CESE, a déclaré: «Un dialogue social solide, une forte participation syndicale et des structures de négociation collective sont au cœur de notre avenir inclusif ensemble. Dans les pays candidats, nous devons soutenir les efforts visant à renforcer les droits syndicaux et veiller à ce que la négociation collective soit non seulement protégée, mais aussi encouragée.»

Lidija Pavić-Rogošić, vice-présidente du groupe des organisations de la société civile, a souligné que le dialogue civil et social structuré permet à tous d’être entendus, y compris les plus vulnérables. «Le dialogue structuré favorise la transparence, la responsabilité et la gouvernance participative, qui sont des valeurs fondamentales de l’UE et des Nations unies. L’institutionnalisation de ce dialogue est une condition préalable à la réalisation d’un développement durable et de transitions justes vers un avenir plus écologique et plus numérique, non seulement dans l’Union, mais aussi dans ses pays candidats et partenaires.»

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  • Candidate Countries Commend EESC for Elevating Civil Society in Enlargement Process