Des mesures efficaces grâce à une coopération structurelle

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Ronny Lannoo
The Belgian union of self-employed entrepreneurs, SMEs and professionals

Durant la première semaine de confinement à elle seule, notre organisation des petites et moyennes entreprises (PME) belges a reçu plus de 30 000 appels téléphoniques et courriers électroniques d’entrepreneurs, nombre d’entre eux complètement paniqués et, certains, en pleurs. Rien de surprenant à cela: leurs recettes allaient être réduites à néant pendant plus de deux mois.

Le baromètre de l’activité des PME mis au point par notre organisation sur la base d’une enquête menée auprès d’un échantillon représentatif de 900 PME, a chuté de pas moins de 37,2 points de pourcentage en mars, atteignant ainsi son plus bas niveau depuis 1987. Les chiffres concernant les recettes en disent long également: secteur hôtelier: pertes de 89 %; secteur du détail: pertes de 80 %; secteur de l’événementiel: pertes de 85 %; industrie de l’ameublement: pertes de 66 %. Et ce ne sont que quelques exemples parmi d’autres. Par ailleurs, il est évident que les entreprises sont tout particulièrement confrontées à des problèmes de liquidité, et qu’un nombre considérable d’investissements prévus ont dû être reportés.

Mesures publiques

Les gouvernements fédéral et régionaux ont pris un certain nombre de mesures pour, à tout le moins, endiguer dans une certaine mesure le bain de sang économique et social redouté. Le système de sécurité sociale belge donne aux entreprises la possibilité de mettre leurs salariés au chômage technique ou partiel si elles se trouvent en difficulté. Dans ce cas, les salariés touchent 70 % de leur salaire. En raison de la crise de la COVID-19, le gouvernement a octroyé une indemnité supplémentaire, dont plus d’un million de travailleurs ont pu bénéficier. Dans le même temps, le télétravail a été encouragé autant que possible. Les PME qui ont été contraintes de fermer leurs portes se sont vu attribuer une prime unique d’indemnisation de 4 000 euros. En outre, un régime d’indemnisation pour les entreprises qui ont perdu au moins 60 % de leur chiffre d’affaires a été mis en place. Les entreprises souhaitant contracter des emprunts peuvent bénéficier de garanties financières accordées par le gouvernement, et les amis ou les membres de la famille qui consentent des prêts dits «Coup de pouce» aux PME peuvent bénéficier d’avantages fiscaux supplémentaires.

FR

La société civile, acteur incontournable

La crise actuelle démontre, une fois encore, le rôle important que jouent les organisations de la société civile et les partenaires sociaux en Belgique. Une coopération structurelle entre les organisations concernées et les autorités a permis la prise de mesures efficaces à l’issue de consultations en bonne et due forme. Ainsi, entre autres choses, des analyses des risques ont été réalisées et reliées à une feuille de route pratique pour un retour à la normale, de sorte que les entreprises ont pu reprendre leurs activités dans de bonnes conditions, tant pour leurs salariés que pour leurs clients.

Qui plus est, l’importance de disposer d’un système de sécurité sociale et d’assurance maladie fort, abordable financièrement et efficace est plus évidente que jamais.

Certains membres du public, à l’instar de nombreux hommes et femmes politiques, ont critiqué l’Union européenne, lui reprochant de ne pas en avoir fait assez dans ce qui s’avère être une crise de dimension internationale. La raison de cette passivité est simple: jusqu’à présent, les États membres estimaient que la santé publique relevait de leur seule responsabilité, et qu’elle n’avait qu’un effet limité à l’échelle de l’Union. Cependant, le coronavirus se moque des frontières, sans même parler des États membres. Une fois encore, nous avons besoin, non pas de moins, mais de plus d’action à l’échelle de l’Union européenne.