Actualisation du droit du travail pour préserver les droits des travailleurs pendant la pandémie de COVID-19

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Charles VELLA
Conseil national de l’Union générale des travailleurs (GWU)

Malte a mis en place un arsenal de mesures ambitieuses pour soutenir les familles et les entreprises. Les partenaires sociaux ont participé à la préparation des mesures adoptées par le gouvernement pour atténuer les incidences économiques, financières et sanitaires de la pandémie.

À Malte, jusqu’à une date récente, le congé pour quarantaine au profit des travailleurs n’existait dans aucune convention, et il était absent du droit du travail. À certains endroits, il a été intégré aux conventions collectives applicables, mais la majorité des salariés n’étaient pas couverts. À la demande insistante du GWU, le gouvernement a adopté une nouvelle loi qui prévoit que les travailleurs en congé pour quarantaine recevront l’intégralité de leur salaire. Les négociations ont abouti à un accord, approuvé à l’unanimité, entre les employeurs, les syndicats, la société civile et le gouvernement pour verser 1 200 EUR par mois (800 EUR de la part du gouvernement et 400 EUR de celle des employeurs) à chaque employé touché par une fermeture dans des domaines tels que l’hôtellerie, les loisirs ou le secteur aérien. Cette mesure a permis de sauver plusieurs milliers d’emplois.

Mon organisation, le GWU, a joué un rôle essentiel au sein du Conseil des relations de travail en modifiant ou en actualisant la législation du travail pour assurer les droits des travailleurs pendant la pandémie de COVID-19. L’une de ces modifications portait sur une augmentation des prestations liées à l’emploi pour contrer les répercussions négatives dans certains secteurs économiques, en particulier le secteur de l’hôtelière, qui a été le plus sévèrement touché.

En outre, le GWU a poursuivi ses activités ordinaires de défense des intérêts des salariés sur les lieux de travail qui n’étaient pas concernées par les mesures de confinement. Les principales questions soulevées concernaient l’hygiène sur le lieu de travail, la distribution de masques et de visières, les mesures de distanciation sociale, la flexibilité ou la réduction des horaires de travail et des roulements d’équipes, la fermeture des cantines et la protection des droits des travailleurs vulnérables. Il a été décidé de revoir ces mesures toutes les quatre semaines.

De son côté, le GWU a insisté sur une réduction des coûts de l’énergie pour tous les ménages tout au long de la pandémie. Toutefois, le gouvernement a choisi de réduire le prix du carburant de 0,07 EUR par litre, et d’accorder un bon d’achat d’une valeur de 100 EUR valable jusqu’en septembre à toutes les personnes âgées d’au moins seize ans. Ces bons d’achat ont pour but de relancer la consommation.

En ce qui concerne les questions qui ne sont pas directement liées à l’activité syndicale, le GWU a vigoureusement soutenu l’idée d’expédier des produits agricoles locaux non consommés, tels que des pommes de terre, vers un pays défavorisé d’Afrique, de façon à atténuer, faute de pouvoir faire plus, l’ampleur de la famine.

Il reste maintenant aux trois partenaires sociaux à coopérer pour trouver un moyen de réparer les dommages causés par la pandémie, à savoir a) récupérer tout ce qui a été perdu sur les plans social, économique et financier et b) continuer à protéger la population en cas de seconde vague de COVID-19.