Rencontrez nos membres | Arnold PUECH D'ALISSAC: le monde agricole est très diversifié et il est nécessaire de travailler ensemble pour faire entendre notre point de vue

Arnold PUECH d'ALISSAC

Arnold Puech d'Alissac est agriculteur, président de la FRSEA Normandie (Fédération régionale des syndicats d'exploitants agricoles de Normandie) et membre du bureau de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles - FNSEA (Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles). Il est membre du CESE depuis 2015, et actuellement membre du bureau de la section NAT. Le 8 juin 2022, il a été élu président de l'Organisation mondiale des agriculteurs (OMA) pour le mandat 2022 - 2024.

Qu'est-ce qui vous pousse à être un membre actif et engagé du CESE, de sa Section NAT et de son Bureau ? Comment faites-vous le lien avec votre travail (et votre vie) chez vous ?

J'apprécie tout particulièrement l'esprit de convivialité du Comité et la présence de membres des différents pays européens (en fait, mon épouse et moi-même venons également de pays différents !).  J'ai plaisir à rencontrer les autres membres et à échanger avec eux. Lorsque j'étais président des jeunes agriculteurs au CEJA, on m'avait dit "quand tu t'occupes t'international, tu dois toujours être avec les autres et non avec les français", consigne que j'ai appliquée avec délectation !

De par mes origines (monde agricole), j'ai un attrait particulier pour les sujets de la section NAT. En matière d'agriculture, beaucoup de choses se passent à Bruxelles, et j'apprends tous les jours des bons exemples et bonnes pratiques en cours dans d'autres pays. J'essaye de partager et diffuser toutes ces  informations dans mes réseaux.  

En juin, vous avez été nommé président de l'Organisation mondiale des agriculteurs (OMA). Quelles sont - en résumé - vos priorités en tant que nouveau président de l'OMA ? Comment envisagez-vous la coopération future entre la section NAT et l'OMA ?

Ma priorité est d'être le porte-parole des agriculteurs : j'écoute beaucoup, je suis au contact des gens dans divers pays et audiences, et me fais un plaisir de diffuser leurs messages. Ce qui me plaît beaucoup c'est le travail d'équipe, notamment avec mon conseil d'administration de l'OMA. C'est comme au rugby où il y a des postes différents dans l'équipe qui forment un tout ; le monde agricole est aussi très diversifié et il est nécessaire de travailler ensemble pour faire entendre notre point de vue. L'organisation a été créée il y a 11 ans pour représenter les agriculteurs et se défendre face aux structures organisées telles les ONG (Greenpeace,…) et le monde économique (Davos). L'agriculture et la nourriture sont au centre des discussions des COP et forums économiques, il faut donc être organisé pour participer aux discussions. L'OMA regroupe 76 organisations dans 52 pays, regroupés en 6 régions, et va encore grandir !

C'est comme au rugby où il y a des postes différents dans l'équipe qui forment un tout ; le monde agricole est aussi très diversifié et il est nécessaire de travailler ensemble pour faire entendre notre point de vue.

Mon mandat sera l'occasion de développer une coopération avec la Section NAT du Comité, je pense par exemple à l'organisation d'un évènement sur l'alimentation pour la Région Europe de l'OMA, une collaboration pour la COP où nous avons une place importante en tant que voix sérieuse et organisée du monde d'agricole et où se sera l'occasion de partager nos messages à un public beaucoup plus large. Par contre je serai peut-être un peu moins disponible pour la Section NAT, mais je suis certain que d'autres membres seront volontaires pour s'investir en tant que rapporteurs des avis.

Vous avez également été récemment le rapporteur de l'avis exploratoire du CESE pour la présidence française sur la sécurité alimentaire et la durabilité et de l'avis du CESE sur les cycles de carbone durables. Quels sont les ingrédients clés pour favoriser la transition vers des systèmes alimentaires plus durables ?

Je pense que l'emprunte carbone est un élément clé : l'emprunte carbone des produits devrait être connue pour des achats en connaissance de cause. On est en mouvement vers des cycles de carbone plus vertueux, on doit tous (tant les consommateurs que tous les acteurs de la chaîne agro-alimentaire) se mettre en mode projet. Les interdictions ne sont pas toujours efficace ! Il y a quelques jours par exemple, je participais à une réunion en France sur le programme de l’UE à destination des écoles (fruits, légumes et produits laitiers) où les cantines sont obligées de promouvoir des yaourts sans sucres et des carottes râpées sans vinaigrette, ce qui ne marche pas sur le terrain! Il faut donc travailler ensemble avec modestie et esprit pratique afin de trouver des solutions fonctionnelles et efficaces.

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