Relever les défis de société grâce à des partenariats solides

Le 2 juillet 2025, le groupe des employeurs du CESE a organisé à Copenhague une réunion extraordinaire intitulée «Relever les défis de société grâce à des partenariats solides», en collaboration avec la Confédération danoise des employeurs, la Confédération danoise de l’industrie et le Conseil danois de l’agriculture et de l’alimentation, dans le cadre de la présidence danoise du Conseil de l’UE. Cette rencontre tombait à point nommé pour examiner comment une coopération fondée sur la confiance entre les gouvernements, les employeurs et les partenaires sociaux peut renforcer la compétitivité et la résilience sociale de l’Europe face aux mutations structurelles.

Dans un contexte d’instabilité géopolitique exacerbée et de rapide évolution technologique, le message envoyé par les participants est clair: l’Europe ne peut se permettre de dissocier ses enjeux de compétitivité, de sécurité et de durabilité. Tous trois constituent des piliers interdépendants d’un avenir viable.

En ouverture de la conférence, Stefano Mallia, président du groupe des employeurs, a salué le rôle moteur que joue le Danemark pour concilier ambition climatique, dynamisme économique et cohésion du marché du travail. «Il ne s’agit pas d’objectifs concurrents — au contraire, ils se renforcent mutuellement», a-t-il déclaré en citant les progrès exemplaires du Danemark pour réduire ses émissions, tout en augmentant son PIB.» Selon lui, l’enseignement fondamental réside davantage dans la gouvernance: «Le modèle danois montre ce qu’il est possible d’accomplir quand la confiance, le dialogue et la planification à long terme se substituent à la fragmentation et au court-termisme.»

La première table ronde a mis à l’honneur le système danois du marché du travail, largement considéré comme un modèle d’équilibre entre flexibilité et sécurité. Jacob Holbraad, directeur général de la Confédération danoise des employeurs, a expliqué en quoi les obligations de paix sociale et la solidité des conventions collectives confèrent au système danois sa capacité d’adaptation, tandis que Morten Skov Christiansen, président de la Confédération danoise des syndicats, a rappelé toute l’importance de la confiance entre les partenaires. «Nous sommes constamment en train de renégocier — mais nous le faisons ensemble, avec l’objectif d’augmenter les parts du gâteau économique plutôt que de nous affronter sur la manière de le partager.»

Les intervenants ont mis en garde contre une législation européenne trop contraignante, qui risque de saper ce modèle en réduisant la marge de manœuvre pour le dialogue social au niveau national. «L’Europe a besoin d’une réglementation intelligente qui soutient les solutions nationales au lieu de les remplacer», a ajouté Jacob Holbraad. Dans le même ordre d’idées, les membres du groupe des employeurs voient dans la directive sur la transparence des rémunérations un test grandeur nature, soulignant l’importance de mécanismes de mise en œuvre qui préservent le principe de subsidiarité.

Un thème récurrent de la conférence était le rôle de la technologie et de l’apprentissage tout au long de la vie. À l’heure où l’IA et l’automatisation remodèlent les lieux de travail, le système danois de droits à la formation autonome — dix jours par an négociés dans le cadre de conventions collectives — a été salué pour son caractère innovant. «Nous n’avons pas peur des nouvelles technologies, mais nous devons veiller à ce que les travailleurs y soient préparés», a précisé Morten Skov Christiansen.

La deuxième table ronde était consacrée à la transition écologique du Danemark, avec les interventions de Finn Mortensen, directeur exécutif de State of Green, et de Morten Boje Hviid, directeur général du Conseil danois de l’agriculture et de l’alimentation. Tous deux ont souligné à quel point l’implication précoce des parties prenantes et la mise en place de partenariats public-privé solides ont permis au Danemark de découpler sa croissance de ses émissions. Pour Finn Mortensen, «ce n’est pas qu’une question d’objectifs à atteindre. Il s’agit de modèles de gouvernance qui rapprochent les visions de l’industrie, du gouvernement et de la société civile.»

Les participants se sont toutefois inquiétés de la charge inégale que représente la transition. Les agriculteurs ont mis en garde contre le fait qu’en l’absence de solutions rentables et de règles de concurrence équitables, ils risquaient d’être évincés tant du marché mondial que du marché européen. «Les politiques dont nous avons besoin doivent empêcher nos ambitions environnementales de virer à la débâcle économique», a averti Morten Boje Hviid.

Quant à savoir si les consommateurs seront disposés à absorber l’augmentation des coûts associée aux produits durables, le scepticisme était également de mise. Bien que les enquêtes danoises témoignent d’une large adhésion à la lutte contre le changement climatique, «au moment de passer à la caisse, c’est toujours le prix qui l’emporte», relevait un participant, soulignant la nécessité de politiques de soutien et d’une communication claire.

Tout au long de la conférence, l’expérience danoise a été présentée non pas comme un modèle universel, mais comme une source d’enseignements exploitables. La confiance sociale, la responsabilité mutuelle et la cohérence réglementaire sont apparues comme des ingrédients essentiels à combiner pour tout État membre désireux de mener à bien ses transitions verte et numérique, tout en restant compétitif.

La réunion s’est terminée par un appel à renforcer le rôle des partenaires sociaux dans l’élaboration de la politique de l’Union européenne. Comme l’a résumé Stefano Mallia: «Cessons de nous demander si dialogue social et compétitivité sont compatibles. Ils sont indissociables. Si nous voulons une Europe forte dans un monde en mutation, nous devons la fonder sur un modèle de coopération, pas de confrontation.»

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