L’Union européenne a besoin d’une boussole stratégique pour s’assurer une position forte dans le monde

La situation de la société civile en Biélorussie à la suite des élections présidentielles d’août 2020 et l’ampleur de la répression qui en a découlé, ainsi que le sort tragique de la population afghane montrent que l’Union européenne (UE) doit s’exprimer d’une seule voix sur la scène géopolitique.

La section «Relations extérieures» (REX) du CESE a tenu une réunion hybride en septembre 2021, qui réunissait des intervenants des institutions européennes et d’organisations de la société civile afin de débattre de la situation critique en Biélorussie, d’évaluer les dernières évolutions intervenues dans le cadre du partenariat oriental et de réfléchir au rôle de l’UE en Afghanistan.

L’Union européenne peut être plus qu’un acteur du renforcement de l’État en Afghanistan

Dans son allocution d’ouverture sur l’Afghanistan, le président de la section REX, Dimitris Dimitriadis, a souligné la dimension extérieure de la situation du pays, compte tenu de la présence de l’Europe dans la région et de son rôle futur, sans parler de l’aspect humanitaire.

Le départ chaotique de Kaboul a laissé l’UE dans l’incertitude quant à l’avenir de l’Afghanistan et au programme géostratégique de la région. La déclaration commune de la Russie, de la Chine, du Pakistan et de l’Iran sur l’Afghanistan et sur la manière de promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité dans le pays est révélatrice de leur intention de jouer un rôle actif sur les plans politique et économique.

La crise dans ce pays a mis en évidence l’absence de politique étrangère et de défense de l’UE, un point d’achoppement constant dans le discours européen. Tous les participants ont convenu que l’Europe devait s’affirmer davantage sur la scène internationale, être plus active et cesser d’être un «petit joueur».

Petras Auštrevičius, député au Parlement européen et président de la délégation du Parlement européen pour les relations avec l’Afghanistan, a fait observer qu’il n’y avait pas de présence militaire de l’UE dans la région, précisant que l’opération avait été menée dans son intégralité par l’OTAN, laissant à l’Union européenne uniquement les projets de renforcement de l’État et l’aide au développement.

L’UE doit créer une boussole stratégique et devenir un partenaire à part entière sur la scène géopolitique mondiale. Nous avons besoin d’une politique étrangère et de défense cohérente, avec des États membres qui parlent d’une seule voix, et d’efforts accrus pour renforcer les capacités diplomatiques et militaires européennes, ont souligné les participants au débat.

L’avenir démocratique de la Biélorussie n’est pas une cause perdue

En dépit de la situation dramatique qui règne en Biélorussie, caractérisée par un régime autoritaire, une économie en faillite et l’emprisonnement quotidien de dirigeants de l’opposition, de représentants de la société civile et de journalistes, l’avenir démocratique de la Biélorussie n’est pas une cause perdue, comme beaucoup pourraient le penser.

Aleś Alachnovič, représentant de Sviatlana Tsikhanouskaya pour les réformes économiques et membre du groupe économique du Conseil de coordination de Biélorussie, a souligné que les forces démocratiques s’efforçaient de travailler sur un programme positif et qu’elles étaient dès lors prêtes à mettre en œuvre des réformes fondées sur le programme économique élaboré par l’UE et les États-Unis en faveur d’une Biélorussie démocratique.

Evelina Schulz, de la délégation de l’UE auprès de la Biélorussie, a appelé à soutenir la société civile, les médias indépendants et les petites et moyennes entreprises, en soulignant que toute décision sur l’avenir de la Biélorussie doit être prise dans le pays et par le peuple biélorusse.

Comme l’a souligné Hanna Liubakova, journaliste contrainte de fuir le pays: Lukashenko est en train de détruire l’écosystème des médias, et dès que ce sera fait, il sera facile de diffuser dans le pays le discours et la propagande russe. Cela a conduit à la détention de journalistes, la fermeture de médias, le blocage de sites internet et la fuite de journalistes obligés de quitter leur patrie et de travailler de l’étranger.

Mme Liubakova a souligné l’importance de la société civile en ces termes: Un pays sans société civile est beaucoup plus faible. Il est pratiquement impossible de s’auto-organiser en Biélorussie sans risquer l’emprisonnement, mais les gens continuent à travailler au sein de syndicats et d’associations. Ils font preuve de résilience malgré des niveaux de répression sans précédent.

Max Bogretsov, entrepreneur, spécialiste des technologies de l’information et membre du conseil de coordination de Biélorussie, a déclaré que le peuple biélorusse était déterminé à progresser vers un État libre et démocratique, malgré les nombreux obstacles qui se dressent sur sa route. Il a observé qu’au cours des douze derniers mois, le programme de la société civile biélorusse avait évolué, passant d’une tentative de promotion des institutions démocratiques à la défense des droits de l’homme fondamentaux.

L’un des objectifs du CESE en matière de politique étrangère est d’assurer la liaison avec la société civile biélorusse, les associations professionnelles et les syndicats indépendants ainsi que de défendre la liberté des médias.

Un cadre de partenariat oriental prêt pour l’avenir

Dans le contexte de la situation la plus difficile jamais connue dans la région depuis 2009, l’ordre du jour du sommet du partenariat oriental prévu pour le 15 décembre 2021 sera actualisé, dynamisé et aura pour maître mot la «résilience» dans cinq grands domaines: l’économie, le développement démocratique, l’environnement, la transformation numérique et la société.

L’UE reste pleinement engagée avec ses partenaires orientaux, mettant en évidence les réalisations concrètes de la politique du partenariat oriental et la contribution réelle qu’elle a apportée à la population.

Comme l’a expliqué Jeroen Willems, de la DG NEAR de la Commission européenne: La société civile et les jeunes jouent un rôle clé dans le programme “prêts pour l’avenir”. Nous avons compris qu’il était essentiel de visiter les régions et de nouer le dialogue avec les partenaires locaux et les organisations de la société civile.

Andrius Kubilius, député au Parlement européen et coprésident de l’Assemblée parlementaire Euronest, a mis en exergue l’importance géopolitique majeure de la politique du partenariat oriental, étant donné qu’elle couvre les pays du voisinage immédiat de l’Union. Il a également souligné l’instabilité et les défis démocratiques auxquels la région est confrontée.

Dans ses observations, Richard Giragosian, du groupe de réflexion du centre d’études régionales en Arménie, a fait valoir que le cadre du partenariat oriental était non seulement adapté à l’avenir, mais aussi précieux pour le présent.

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  • The EU needs a strategic compass to establish its strong position in the world