European Economic
and Social Committee
Les employeurs de l’Union européenne réclament des mesures visant à stimuler la compétitivité dans l’Union et à réaliser les objectifs du marché unique
6 Septembre 2023 - Le groupe des employeurs du Comité économique et social européen a exhorté les responsables politiques de l’Union européenne à placer la compétitivité au centre des priorités de l’Union et à mettre en œuvre un programme global en matière de compétitivité.
«Dans un monde marqué par une transformation constante [...] la compétitivité de l’Europe doit figurer au premier plan, aujourd’hui et au cours du prochain cycle institutionnel», a déclaré Stefano Mallia, président du groupe des employeurs, lors de la manifestation annuelle phare du groupe, intitulée «Montrer la voie: Un programme de compétitivité pour une Europe plus forte».
Soulignant que les anciennes certitudes n’ont plus cours face au changement climatique et à l’intelligence artificielle, M. Mallia a insisté sur le fait qu’il n’y a pas lieu de verser dans l’autosatisfaction.
«Les entreprises de l’Union sont confrontées à d’importants obstacles administratifs qui entravent leur capacité à investir et à réaliser efficacement la transition écologique et numérique, a-t-il ajouté. Parmi ces obstacles figurent le caractère onéreux, irréaliste et redondant des exigences en matière d’établissement de rapports, la lourdeur des procédures d’autorisation et d’octroi de licences, ainsi que la complexité administrative, le manque de clarté des politiques et des lignes directrices et d’autres freins administratifs».
Valdis Dombrovskis, vice-président exécutif de la Commission, a assuré aux participants que l’exécutif de l’Union européenne avait entendu cet appel et commencé à œuvrer dans cette direction, en particulier dans le sillage de la loi américaine relative à la réduction de l’inflation. Il a évoqué les récentes propositions relatives au plan industriel du pacte vert et au règlement pour une industrie «zéro net», les mesures temporaires d’aide d’État et la simplification administrative ou la stratégie en matière de compétences. «Il s’agit d’une entreprise relativement complexe, mais nous savons que nous devons garder à l’esprit la compétitivité en menant différentes politiques», a-t-il déclaré, ajoutant que l’Europe accuse un retard en matière de productivité et de croissance.
La part de l’Europe dans l’économie mondiale a diminué depuis un certain temps, passant de 25 % en 1990 à 15 % en 2020, et elle devrait être inférieure à 10 % en 2050. L’Europe accuse un retard par rapport à huit technologies transversales sur dix, ce qui désavantage les entreprises européennes.
Parmi les orateurs de la manifestation figuraient également des chefs d’entreprise et des députés au Parlement européen.
«Les performances des entreprises européennes sont inférieures à celles de leurs homologues des autres grandes régions du monde: elles connaissent une croissance plus lente, ce qui génère des rendements moins élevés et elles investissent moins dans la R&D», a rappelé M. Mallia «Nous devons examiner de manière critique les raisons pour lesquelles nous continuons de prendre du retard en matière d’innovation, alors que c’est l’innovation qui déterminera notre survie face à la tempête mondiale qui nous attend.»
Les employeurs ont indiqué aux députés au Parlement européen, qui sont sur le point de s’engager dans la dernière partie de cette législature, que nous pouvons encore inverser la tendance.
«Nous devons surmonter l’égoïsme national de certains États membres», a déclaré Sandra Parthie, membre du groupe des employeurs et présidente de la section «Marché intérieur, production et consommation» du CESE. «Les entreprises sont beaucoup plus en avance, car elles recherchent des avantages comparatifs au-delà des frontières. Elles n’agissent pas au niveau national. Le marché unique est le véritable moyen d’atteindre la compétitivité, mais il n’a pas encore été pleinement mis en œuvre», a-t-elle insisté.
Mme Parthie a invité la prochaine Commission à mettre l’accent sur l’application des règlements déjà en vigueur, avant de commencer à ajouter de nouvelles règles et de nouvelles idées. «Donnez-nous le marché unique, qui est en effet l’instrument clé pour parvenir à une Europe compétitive et capable de se défendre dans le monde», a-t-elle conclu.
Les employeurs ont demandé à plusieurs reprises que l’on se concentre sur trois actions:
- Disposer d’un accès concurrentiel aux ressources: pour organiser un environnement favorable aux entreprises, il importe de garantir la disponibilité de l’énergie, des matières premières, de la main-d’œuvre, du capital et des données dans des conditions compétitives;
- Disposer de marchés ouverts assortis de règles équitables: toutes les entreprises, quels que soient leur taille, leur secteur ou leur localisation géographique, doivent pouvoir accéder aux marchés selon des conditions qui garantissent une concurrence équitable à l’échelle de l’Union européenne comme au niveau international;
- Disposer d’une réglementation et d’une fiscalité favorables aux entreprises: cela signifie que nous avons besoin d’un cadre opérationnel qui soutienne l’entrepreneuriat et l’innovation, les investissements et le commerce, pour que l’Europe soit de nouveau la destination numéro un pour investir.
Michael Hüther, professeur à l’Institut économique allemand (IW), a plaidé en faveur d’un «plan Delors 2.0». L’idée est qu’exiger «plus d’Europe» en réponse aux crises ne suffit pas à produire un véritable changement qui, comme dans l’esprit du plan Delors de 1989, réalise une nouvelle vision de l’Europe. «Avant que les investissements puissent démontrer toute leur influence au niveau européen et qu’une intégration politique plus poussée puisse être envisagée, des exigences doivent être satisfaites afin de rendre l’Europe plus attrayante comme lieu pour investir, et d’encourager les investissements privés et publics», a-t-il déclaré, évoquant le fait que Bruxelles reconnaît qu’il est urgent d’agir. «Toutefois, cela ne garantit aucunement la résilience de l’Union européenne dans le cadre de la compétition mondiale de l’énergie.»
Les employeurs de l’Union ont averti les responsables politiques qu’ils ne baisseraient pas la garde. «En qualité de chefs d’entreprise, il nous appartient de jouer un rôle actif dans l’élaboration de cette voie. Notre rôle est essentiel pour fournir aux entreprises les conditions qui leur permettent de fonctionner comme des moteurs de croissance et de prospérité», a conclu M. Mallia.
Retrouvez le discours complet du président Mallia ici.
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